« Un soutien fort appréciable de l’UE à la politique de développement de la Côte d’Ivoire »

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Le Président ivoirien Alassane Ouattara accueillant à Abidjan, le 29 novembre 2017, le Président du Conseil de l’Union européenne Donald Tusk, à l’occasion du 5ème sommet Union Africaine-UE, organisé pour la première fois en Afrique.
Le Président ivoirien Alassane Ouattara accueillant à Abidjan, le 29 novembre 2017, le Président du Conseil de l’Union européenne Donald Tusk, à l’occasion du 5ème sommet Union Africaine-UE, organisé pour la première fois en Afrique.

M. Abou DOSSOPar S.E.M. Abou DOSSO,
Ambassadeur de la Côte d’Ivoire auprès de l’Union européenne

Les relations entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne (UE) sont excellentes et évoluent positivement. En témoigne l’ouverture en 2017 d’une mission diplomatique à Bruxelles, l’entrée en vigueur de l’accord de partenariat économique (APE) entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne, la signature d’un nouvel accord de pêche le 1er août 2018 et la poursuite de la mise en œuvre du Programme indicatif national (PIN) du 11ème Fonds Européen pour le Développement (FED).

Cependant, dans un contexte d’insécurité sous-régionale grandissante due à des menaces terroristes et à l’accroissement des flux migratoires de la Côte d’Ivoire vers l’Europe, il est nécessaire de renforcer le dialogue politique sur ces deux questions.
S’agissant de la question de la sécurité, un instrument spécifique adapté devrait être mobilisé par l’UE pour aider la Côte d’Ivoire à faire face aux menaces terroristes.

Quant à la migration, outre les nombreuses initiatives, des efforts restent encore à faire pour mieux impliquer la Côte d’Ivoire dans l’identification des solutions et leur mise en œuvre. Une approche holistique et équilibrée de la problématique, prenant en compte les points de départ et d’arrivée des migrants ainsi que les filières de trafics, devrait être mise en place, au même titre que les questions de retour/réadmission des migrants.

Le soutien de l’UE à la politique de développement socio-économique de la Côte d’Ivoire, peut être analysé au triple plan politique et sécuritaire, économique et commercial ainsi que de la coopération au développement, conformément au cadre de coopération actuel défini par l’accord de Cotonou, dont les négociations pour un renouvellement en 2020 viennent de commencer. Au plan politique et sécuritaire, les questions de migration et de sécurité sont traitées dans le cadre du Fonds fiduciaire d’urgence (FFU) en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrants (OIM) pour la réadmission des migrants ivoiriens et avec l’Agence française de Développement (AFD) pour un appui à l’état civil ivoirien.

En marge du 5ème sommet Union Africaine-Union européenne des 29 et 30 novembre 2017, le Commissaire européen chargé du Marché unique numérique Andrus Ansip (à gauche) a participé au 6ème EU-Africa Business Forum 2017.
En marge du 5ème sommet Union Africaine-Union européenne des 29 et 30 novembre 2017, le Commissaire européen chargé du Marché unique numérique Andrus Ansip (à gauche) a participé au 6ème EU-Africa Business Forum 2017.

La coopération au plan économique et commercial se caractérise par la signature et l’entrée en vigueur de l’APE Côte d’Ivoire-UE et la signature du protocole relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche pour la période 2018-2024.
Quant à la coopération au développement, elle concerne essentiellement les programmes du PIN 11ème FED d’un montant de 273 millions d’euros qui ont connu un taux d’engagement de 100% à la fin décembre 2016.

Tenant compte du dynamisme de l’économie ivoirienne caractérisée par un taux de croissance moyen d’environ 8% depuis plus de 5 ans, le soutien fort appréciable de l’UE à la politique de développement de la Côte d’Ivoire, devrait être renforcé, notamment par :
– une plus grande implication des parties ivoiriennes dans la conception et la mise en œuvre des projets de lutte contre la migration irrégulière ;
– un soutien financier à la mise en œuvre de l’APE Côte d’Ivoire-UE et l’activation, suite à la baisse importante des cours du cacao, du dispositif de l’accord de Cotonou relatif à l’octroi d’un soutien financier additionnel en cas de chocs exogènes ;
– un accompagnement à la transformation de notre économie (industrialisation et mise en œuvre de l’accord de Paris COP 21) à travers le Fonds européen de développement durable, notamment ;
– Le renforcement de l’aide au développement, par l’allocation de ressources additionnelles suite à l’épuisement de l’enveloppe du 11ème FED à fin décembre 2016.