Un grand marché aux portes de l’Europe

Paru dans La Lettre Diplomatique n°126 2ème trimestre 2019

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Par Mme Véronique PRIOUR
Directeur Pays de Business France en Turquie

Avec un PIB de 766 milliards de dollars en 2018, la Turquie est la 19ème puissance mondiale et affiche l’ambition de se hisser à la 10ème place à horizon 2030. Après une période de forte croissance (6,9 % en moyenne) sur la période 2010-2017, l’année 2018 a été marquée par une dépréciation monétaire, une forte inflation et une chute de la croissance (2,6%) dans un contexte de tensions diplomatiques avec les États-Unis. L’économie turque, qui a déjà montré sa forte capacité de résilience, devrait rebondir dès la fin 2019, portée par les moteurs que sont la taille de son marché, sa capacité industrielle et ses grands projets d’infrastructures.

Taille de la population, industrie exportatrice et grands projets d’infrastructures sont les moteurs de l’économie

Avec une population de 82 millions d’habitants, dont la moitié à moins de 30 ans, la consommation intérieure, également portée par un secteur touristique en plein essor (50 millions de touristes attendus en 2019), est un moteur majeur de la croissance.
Par ailleurs, la Turquie dispose, depuis de nombreuses années, d’un secteur industriel important : automobile (12 constructeurs et près de 5 000 équipementiers), textile (5ème exportateur mondial), pétrochimie-chimie, sidérurgie (8ème producteur mondial) ou
électroménager (1er producteur européen). L’ensemble des filières industrielles offrent de solides opportunités en matière de débouchés, que ce soit pour les matières premières, les biens intermédiaires ou les machines-outils. Outre ces secteurs historiques, des filières sont en forte croissance comme l’industrie aéronautique, ou en création comme le ferroviaire.
À noter également le poids dans l’économie des grands projets d’infrastructures dans un pays grand comme une fois et demie la France (autoroutes, ponts, tunnels, aéroports, réseau ferroviaire) qui représentent également des opportunités pour les entreprises françaises.

© Business France En mai 2018, Business France a organisé une visite des installations industrielles du groupe Turkish Aerospace Industries (TAI) à Ankara pour des petites
et moyennes entreprises (PME) françaises.
Dans ce contexte les opportunités sont nombreuses pour les entreprises françaises en Turquie mais aussi sur pays tiers avec les entreprises turques

La France est un partenaire important avec un commerce bilatéral d’environ 14 milliards d’euros, dominé par l’automobile, l’aéronautique et les machines. En 2018, la Turquie était le 6ème marché de la France hors Union européenne et Suisse, devant l’Inde et la Russie. Environ 500 entreprises françaises y sont implantées.
Dans ce pays où tout peut aller très vite, la mission du bureau Business France est de détecter les opportunités à venir et de mettre en relation les entreprises françaises avec des donneurs d’ordre ou des partenaires commerciaux dans le cadre de missions individuelles ou collectives comme nous l’avons fait récemment dans les secteurs des cosmétiques, de la fintech, du ferroviaire ou de l’aéronautique.
La Turquie représente aussi une plateforme régionale exceptionnelle pour prospecter les marchés de la zone : Caucase, Asie Centrale, et au-delà Afrique compris. Les entreprises turques, très présentes sur ces marchés, peuvent être des têtes de ponts ou des clients pour les entreprises françaises.
Pour leur part, les investissements turcs en France restent modestes avec 80 entreprises implantées employant plus de 1 300 personnes, mais sont en progression.
Business France fait également la promotion de l’attractivité du territoire français auprès des investisseurs turcs et a ainsi accompagné en 2018 sept nouveaux investissements, générateurs d’emplois dans la logistique, l’ingénierie informatique, l’automobile ou l’aéronautique.