La découverte de deux arts de vivre

Paru dans La Lettre Diplomatique n°127 3ème trimestre 2019

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© CNTO La gastronomie, vecteur du rapprochement entre les peuples français et chinois.

Avec près de 1,4 milliard d’habitants en 2019, le marché chinois dans le domaine viticole est particulièrement attractif pour les producteurs français. Malgré une baisse du volume des exportations françaises en 2018 en raison des tensions sino-américaines, la consommation de vin en Chine continue de croître grâce à l’émergence d’une classe moyenne. Ce rayonnement est complété par la récente ouverture chinoise aux produits français avec les autorisations d’exportation pour les viandes bovines et les volailles, accordée respectivement en juin 2018 et lors de la visite d’État en France du Président XI Jinping du 24 au 26 mars 2019. Le marché des produits de la mer connaît lui aussi une forte croissance, ouvrant de nouvelles perspectives pour les producteurs français qui bénéficient d’une bonne image en termes de sécurité alimentaire.
De fait, la gastronomie est un des vecteurs du rapprochement sino-français, comme le montre la cuisine métissée et innovante du chef français Adelhak Bourenane, qui combine des produits du terroir des deux pays pour proposer du foie gras à l’huile du Sichuan ou encore des moules au tofu. Après plusieurs années d’expérience professionnelle en Chine, cet alsacien a choisi de se faire l’ambassadeur de la communion entre les peuples par la cuisine. Un choix qu’a également fait Adeline Grattard qui, après plusieurs années à Hong Kong, a décroché une étoile au guide Michelin 2019 pour son restaurant Yam’tcha à Paris. Implanté à Shanghai depuis 2005, Paul Pairet y possède trois établissements dont le trois étoiles « Ultraviolet », 2ème restaurant à être honoré par le guide Michelin en Chine. D’autres chefs ont depuis suivi ses traces, tel le chef triplement étoilé Guillaume Galliot basé à Hong Kong ou encore le Manoir de Lan Kerellec qui depuis trois ans déploie son chef, son second et son chef pâtissier à Wenzhou pour trois diners ainsi qu’une masterclass.
La cuisine chinoise peut également compter sur ses chefs pour la représenter dans l’Hexagone, où elle séduit de plus en plus au fil des années. Un long chemin a été parcouru depuis 1999, année où le restaurant du chef CHEN Fung Qin, « Soleil d’est », est devenu le premier établissement chinois à obtenir une étoile au célèbre Guide Michelin. Le chef CHAN Yantak fait lui aussi figure de pionnier, obtenant trois étoiles pour son restaurant Lung King Heen à Hong Kong, ce qui fait de lui le premier chef chinois à obtenir cette récompense. D’autres ont depuis suivi ses traces, à l’image du chef étoilé hongkongais Samuel Lee Sum qui fait découvrir depuis 2015 les saveurs de la gastronomie chinoise aux clients du restaurant Shang Palace à Paris.