Incarner l’excellence française au sein de l’Alliance atlantique

Paru dans La Lettre Diplomatique n°126 2ème trimestre 2019

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© CRR-FR – SCH AMAURY Cérémonie des couleurs à la Citadel de Lille où siège le Quartier général du Corps de réaction rapide-France depuis sa création le 1er juillet 2005.

Entretien avec le Général de corps d’armée Laurent KOLODZIEJ
Commandant le Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr)

Créé en 2005, le Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr) est devenu l’État-major opérationnel de plus haut niveau que l’armée française peut déployer. Aux côtés de la France qui en est la nation cadre, 13 pays y contribuent. Depuis son quartier général situé à Lille, il remplit des missions pour l’armée française, mais aussi pour l’Union européenne et l’OTAN. À la veille de son 15ème anniversaire, le Général Laurent Kolodziej, Commandant le Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr), nous explique ses spécificités, sa place dans le dispositif français de défense et de coopération internationale, ainsi que les enjeux des préparatifs de sa prise d’alerte dans le cadre de la NATO Response Force (NRF) en 2022.

La Lettre Diplomatique : Mon Général, le Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr), célèbrera en 2020 le 15ème anniversaire de sa création. Au regard des missions de prise d’alerte qu’il a déjà assumé pour l’OTAN (Nato Response Force) et des missions qu’il a effectué, notamment en Afrique (Tchad-République Centrafricaine / opération Barkhane) et en Afghanistan, comment qualifieriez-vous l’évolution de son rôle ?

Général Laurent KOLODZIEJ : Ces quinze années très intenses en exercices et en déploiements opérationnels ont fait passer le CRR-Fr d’un statut de débutant à celui d’État-major opérationnel projetable apte à prendre le commandement d’une très grande opération multinationale sous très court préavis. C’est le résultat d’un énorme effort en termes de ressources : équipements, budgets et personnels, mais aussi et avant tout de préparation opérationnelle, individuelle et collective, effort qui se prolonge de manière continue car le statut que j’ai décrit n’est jamais une rente de situation mais bien une quête permanente.
La technicité de ce que nous devons être capables de faire : commander au combat et dans un contexte de haute intensité une force interarmées multinationale de 60 000 hommes et femmes, suppose un entraînement permanent et de la plus haute exigence ; cette dernière se compliquant par ailleurs à l’aune des rôles et des contextes très différents dans lesquels nous pourrions intervenir.
Cette variété est un défi et suppose une plasticité organisationnelle, procédurale, intellectuelle qui ne s’acquiert qu’à force de travail acharné. Je me souviens d’un dicton qui courrait à Saint-Cyr lorsque j’y étais jeune élève officier et qui disait qu’on « n’aiguise pas un couteau dans du coton ». C’est souvent à cette formule que je pense quand nous nous entraînons et qu’au fil des nombreux jours passés en exercice, la fatigue s’accumule sur les quelques centaines de femmes et d’hommes qui composent cet État-major. Amateur de formules j’aime aussi celle qui dit « plus je m’entraîne, plus j’ai de la chance ». Autrement dit, le travail, la compétence, la confrontation contrôlée mais réelle à la difficulté, finissent par réduire la part et l’emprise des aléas et nous préparent mieux à l’imprévu… Jamais certains de vaincre, nous avons le devoir de tout faire pour n’être pas vaincus.

© CRR-FR CCH DANY Le centre opérations mis en place par le Corps de réaction rapide-France lors de ses exercices.

L.L.D. : Après en avoir été le Chef d’État-Major, vous avez été nommé Commandant du CRR-Fr le 1er août 2018. Quel regard portez-vous sur les responsabilités de ce mandat ? Au-delà, en quoi l’ouverture à l’international est-elle un facteur clé de votre parcours personnel au sein de l’Armée française ?

G.L.K. : De ma réponse précédente, vous retiendrez aisément que ma principale responsabilité, celle qui s’impose à toutes les autres, c’est de préparer le mieux possible le CRR-Fr à sa mission : être en France l’État-major projetable de niveau opératif équipé, entraîné et certifié pour répondre aux besoins de notre pays dans le cadre d’un engagement national ou dans celui, plus probable à une telle échelle d’opérations, d’une coalition sous mandat de l’Union européenne (UE) ou de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN).
La multinationalité est alors une donnée incontournable de notre métier au CRR-Fr où 14 nations membres de l’OTAN sont représentées de manière permanente. Mon parcours professionnel qui m’a permis de servir à plusieurs reprises dans ce que nous appelons les relations internationales militaires, m’a donc assez bien préparé à la multinationalité. Au quotidien cela implique d’avoir le bagage suivant : bonne maîtrise de la langue anglaise, connaissance de nos principaux partenaires, pratiques des procédures et des méthodes de l’OTAN, sensibilité aux nuances diplomatiques, culture géopolitique et géostratégique.
Mais ma responsabilité c’est avant tout de commander et ce verbe est fort car il caractérise ce qu’il y a de plus difficile mais aussi de plus exaltant dans le métier d’officier : prendre des décisions opérationnelles claires et raisonnées afin de remplir les missions qui nous sont données. Aussi, sans surprise, aux exigences que j’ai énumérées au supra, s’ajoutent celles qui tiennent à l’exercice de tout commandement : clairvoyance, droiture, compétence, désintéressement, force de caractère sans oublier une grande humanité. Je n’ai pas la prétention d’avoir les qualités qui répondent à ces exigences ; je suis en revanche convaincu de la nécessité d’y travailler tous les jours car elles sont au cœur du métier de chef.

Créer cette cohésion confiante qui, au combat, fera la différence

L.L.D. : Doté d’un État-major multinational composé de pays membres de l’UE et de l’OTAN, le CRR-Fr reste subordonné au commandement des forces terrestres françaises. Comment s’organise la coordination entre les nations étrangères participant à son fonctionnement ? En quoi le CRR-Fr se différencie-t-il de l’Eurocorps ?

G.L.K. : La France est la nation cadre du CRR-Fr. C’est un choix organisationnel à forte portée juridique et administrative qui nécessite une entente préalable avec les nations alliées qui y participent. Cette entente préalable prend la forme d’un arrangement technique, généralement signé au niveau ministériel, qui définit précisément toutes les modalités relatives à la vie courante du CRR-Fr, à sa préparation opérationnelle et à son emploi. Toutes les nations signent le même document car, sauf à chercher à bloquer la machine, il n’est pas imaginable d’avoir des modalités différentes avec chacune des nations participantes ; pour le travail quotidien ce serait un véritable cauchemar.
La France, nation cadre, est responsable du fonctionnement courant et du soutien du CRR-Fr, elle est également responsable du soutien et de la préparation opérationnelle individuelle des Français qui servent au sein du CRR-Fr. Elle reçoit délégation des autres pays et leur contribution financière pour mener l’entrainement collectif nécessaire au maintien des compétences attachées au statut de poste de commandement HRF (High Readiness Forces) que lui reconnaît l’OTAN et pour acquérir et certifier celles liées aux rôles dans les nombreuses et exigeantes alertes de l’OTAN que la France propose de satisfaire avec le CRR-Fr.
Enfin, il faut rappeler que tant qu’un transfert d’autorité n’est pas intervenu entre la France et, ce que dans notre jargon nous nommons un contrôleur opérationnel (l’employeur pour une opération donnée), notre pays reste propriétaire de l’outil et libre de l’engager à sa guise pour des missions proprement françaises. Ce dernier point mis à part, l’Eurocorps fonctionne exactement selon les mêmes principes et dans le même but, à ceci près qu’il affiche très nettement que son offre de compétences opérationnelles s’adresse autant à l’UE qu’à l’OTAN. La différence entre l’Eurocorps et le CRR-Fr appert surtout du fait que le premier a cinq nations cadre : Allemagne, Belgique, Espagne, France et Luxembourg. Le commandant de l’Eurocorps a donc les mêmes missions que celui du CRR-Fr mais dans son travail quotidien et tout ce qui relève de la préparation opérationnelle, il répond à cinq pays au lieu d’un.
Les décisions relèvent donc d’une démarche collective ; elles s’élaborent et s’expriment au travers d’outils spécifiques : comité commun et secrétariat mais visent au même but : maintien des capacités de ce PC HRF et sa préparation opérationnelle en vue des missions que les cinq nations cadres souhaitent lui voir remplir au profit de l’OTAN ou de l’UE.

L.L.D. : Le dernier exercice annuel Citadel Guibert du CRR-Fr s’est déroulé à Mourmelon (Marne) du 14 au 29 mars 2019. Comment percevez-vous les capacités des participants à surmonter les différences de culture nationale et militaire ? Plus largement, quel bilan pouvez-vous dresser de cet exercice, notamment en termes d’efficacité dans le déploiement des infrastructures logistiques ?

G.L.K. : Cet exercice ambitieux a été un grand succès. Outre la poursuite de l’entraînement du CRR-Fr son objectif principal était la certification du poste de commandement de la 3ème division (Marseille) dans sa capacité à planifier et à conduire une opération complexe dans un contexte otanien et donc avec des alliés comme subordonnés et comme voisins, sans compter ceux qui sont intégrés dans le poste de commandement du CRR-Fr.
Surmonter les différences s’impose donc à tous et l’OTAN nous aide beaucoup pour y parvenir. L’Alliance est, en effet, entre autres choses, un formidable vecteur d’interopérabilité et de standardisation. La pratique généralisée de l’anglais, hélas exclusive car le français, seconde langue officielle de l’OTAN, n’est pas pratiqué de manière systématique, aide beaucoup à opérer ensemble et à gommer les différences. Ces dernières ne disparaissent pas totalement mais ne gênent pas les opérations car chacun s’attache à rester efficace et à ne pas s’arrêter sur ce qui relève plutôt de pratiques culturelles, voire de coutumes parfois folkloriques qui n’ont rien à faire dans la conduite des opérations.
Au-delà des nationalités et de leurs particularités, comme dans toute communauté c’est plutôt les différences des individualités qui créent le contraste : tel chef sera peu chaleureux et exigeant alors que l’autre sera plus consensuel et collégial dans sa manière de commander. Enfin, ces jours et ces nuits passés à nous entraîner ensemble et entre alliés, comme nous le faisons au CRR-Fr contribuent à estomper ces différences et à créer cette cohésion confiante qui, au combat, fera la différence.
Comme vous le soulignez, cet exercice a aussi été l’occasion de déployer sur le terrain des postes de commandement complexes dont l’empreinte logistique, technique et humaine est importante. Déployer et mettre en œuvre tous les moyens nécessaires à l’armement de tels postes de commandements : brigades, divisions, corps d’armée est une opération dans l’opération et nécessite une planification et une conduite dédiées tout comme la possession d’une ressource particulière : abris, tentes, réseau, moyens informatiques, antennes et relais, etc. Ces sont les ressources et les missions du commandement des systèmes d’information et de communication et du Service du Commissariat des armées qui sont alors sollicitées. Dimensionnées à l’aune de nos ambitions opérationnelles, elles nous permettent de tels déploiements et Citadel Guibert l’a très clairement démontré.

L.L.D. : Privilégié pour l’Armée de Terre depuis 2015, le modèle « Au contact » est éprouvé dans le cadre des exercices du CRR-Fr. Comment se manifeste sa mise en oeuvre concrète ? Considérant la vocation du CRR-Fr à être mobilisé dans le cadre de l’opération Sentinelle, comment appréhendez-vous les défis de la lutte contre le terrorisme ?

G.L.K. : Ma réponse précédente illustre comment fonctionne le modèle au contact avec la participation de piliers particuliers ou spécialisés (COM SIC1, COM LOG2, COM RENS3, COM FORCES SPECIALES, etc.) à un engagement où l’action se structure par les échelons de la verticale du commandement opérationnel : groupements tactiques, brigades, divisions, corps d’armée.
Les piliers développent et entretiennent une expertise fonctionnelle et la mettent ensuite à la disposition de l’engagement opérationnel dans une logique de menant-concourant. Cette organisation, où chacun se concentre au quotidien sur ce qu’il doit produire en terme d’expertise, nécessite de se retrouver lors de synthèses que sont ces grands exercices. La meilleure métaphore pour illustrer cette méthode est certainement celle de l’orchestre où chacune des familles d’instruments a sa place, son rôle et sa partition qu’elle répète d’abord à part avant de se joindre au groupe et de s’y fondre pour un résultat qui dépasse la somme des familles.
S’agissant de la participation du CRR-Fr à la mission Sentinelle c’est une mission à laquelle nous tenons car elle constitue notre juste contribution à l’effort de nos armées sur le territoire national.
S’agissant des défis de la lutte contre le terrorisme ils sont nombreux mais je crois qu’on peut utilement les résumer à la formule suivante : comment s’en protéger et comment le vaincre ? Pour s’en protéger nous développons des méthodes passives et actives dans le cadre de ce que nous appelons la « Force Protection » pour déjouer et réagir individuellement et collectivement, à des attaques terroristes en garnison, en exercice et en opérations : en ce domaine la vigilance doit être permanente.
Pour vaincre le terrorisme, il s’agit à notre niveau d’intégrer le fait terroriste dans nos raisonnements opérationnels afin d’en comprendre la logique, la grammaire, les méthodes, les acteurs et leur articulation avec d’autres moyens, plus classiques, de mener un combat pour en inclure les résultats dans nos choix et nos options opérationnels. Le terrorisme est l’un des visages de la guerre contemporaine ; il n’est pas le seul et l’isoler serait une grave erreur. L’intégrer dans la conflictualité potentielle est en revanche un impératif qui ne nous échappe pas.

© CRR-FR CCH DANY Sous commandement français, le Quartier général du Corps de réaction rapide-France comprend environ 430 militaires provenant de 14 nations différentes.

L.L.D. : L’exercice Citadel Guibert 2019 du CRR-Fr était chargé de valider l’entrainement de la 3ème division basée à Marseille qui venait d’être déployée dans le cadre de l’opération Barkhane. Quels ont été les résultats de cette préparation ? Au regard de votre propre expérience de Commandant de brigade au Mali (opération Serval), comment décririez-vous l’évolution des risques d’intervention dans cette zone ?

G.L.K. : L’exercice Citadel Guibert 2019 a été un beau et franc succès pour le poste de commandement de la 3ème division qui rentrait de Barkhane. J’ai rendu compte de manière très détaillée au Général commandant les forces terrestres de ce succès et des raisons qui l’expliquent.
Au bilan, nous disposons aujourd’hui de deux divisions bien organisées, équipées et entraînées pour faire face à tout le spectre des engagements envisagés dans nos contrats opérationnels. La 3ème division l’a ainsi parfaitement illustré, rentrant de Barkhane, opération réelle conduite dans un contexte bien particulier : bande sahélo-saharienne, en appui des forces locales et régionales, contre un adversaire déterminé, mobile, fugace et très habile, elle est passée en très peu de temps à un exercice de haute intensité, dans un cadre multinational, sur un terrain de type européen et urbanisé, le tout dans un contexte sensible et face à un adversaire puissant et jouant de toutes les ressources possibles : désinformation, terrorisme, intimidation, attaques directes, cyberattaques etc.
Un tel changement représente un vrai défi pour le poste de commandement : organisationnel, procédural, intellectuel et s’appuie sur un travail de préparation et d’entrainement énorme où domine un seul maître mot : l’humilité. Autrement écrit, la capacité de se remettre en cause, de considérer que l’opération qui vient sera toujours exigeante et différente de la précédente, que l’adversaire ne doit jamais être sous-estimé et que ce qui a bien fonctionné hier et ailleurs (en l’espèce à Barkhane pour la 3ème division) n’est pas forcément applicable dans d’autres contextes. La capacité à se remettre lucidement en cause est, à mon sens, une vertu cardinale à ce niveau de responsabilité et les postes de commandement de nos deux divisions que j’ai vus au cours de Citadel Guibert 2018 et 2019 possèdent et cultivent cette vertu qui est en très grande partie à l’origine de ces succès.
S’agissant de l’évolution des risques d’intervention dans la zone de l’opération Barkhane, ma propre expérience est bien trop ancienne (2013) pour vous répondre de manière pertinente et informée. Je préfère plutôt parler des enjeux que je peux percevoir depuis ma position. Pour moi, ils s’expriment sans doute de la manière suivante : comment accompagner au mieux les pays de cette zone dans l’éradication de la menace, essentiellement terroriste, tout en les épaulant avec tous les acteurs concernés : Organisation des Nations unies (ONU), UE, Union Africaine (UA) dans une démarche d’autonomisation qui passe par la consolidation institutionnelle et le développement économique ? Ce sont des enjeux d’ensemble et de long terme dans lesquels les questions sécuritaires et militaires ne sont qu’un aspect.

L.L.D. : 2021 marquera pour le CRR-Fr l’amorce d’un nouveau cycle de certification pour pouvoir assurer une prise d’alerte de l’OTAN. Quelles dispositions préconisez-vous dans cette perspective ? Pourriez-vous nous expliquer les enjeux de l’obtention de cette certification pour l’Armée française ? Dans quelle mesure le CRR-Fr constitue-il un vecteur clé de la participation de la France au sein les structures opérationnelles et décisionnelles de l’Alliance atlantique ?

G.L.K. : La prise d’alerte du CRR-Fr en 2022 dans le cadre de la NRF (Nato Response Force) est une affaire très sérieuse qui se prépare dès maintenant. Dans un environnement stratégique de plus en plus incertain et volatil, le CRR-Fr sera durant toute l’année 2022 l’échelon de commandement de la force que l’OTAN peut décider de déployer en urgence. Nous travaillons donc dès maintenant pour nous préparer à cette échéance.
Très concrètement, entre autres choses, nous bâtissons l’organisation adaptée du poste de commandement : compétences, procédures et méthodes ; nous anticipons la mise à poste des personnels compétents et entraînés, qui, dès 2020, débuteront les longues phases de planification qui font partie de l’exercice de certification que le CRR-Fr jouera en 2021 sur un scénario qui sera assez proche des plans d’intervention réels.
Les enjeux pour la France sont forts car, pendant une année pleine, l’OTAN comptera sur elle et sur ses outils militaires pour apporter une première réponse : claire, forte voire décisive, à une crise majeure à laquelle l’Alliance déciderait de répondre. Les armées françaises qui fourniront également l’échelon de commandement de la partie aérienne de cette alerte NRF de l’OTAN, s’engagent donc à préparer et à maintenir pendant une année un ensemble de capacités qui seront les premières à être engagées.
Tout doit donc être prêt, reconnu, rôdé, testé (certifié) : les organisations (hommes, structures, équipements), les méthodes, les plans d’intervention, les zones possibles (les itinéraires, les zones de déploiements, les stocks en place, l’articulation avec les nations hôtes et leurs forces armées, etc…). Or, nos méthodes et nos savoir-faire nationaux en matière de préparation opérationnelle et de prise d’alerte correspondent bien à ces exigences de l’Alliance et nous allons donc tout simplement mettre à son profit des choses que nous travaillons au quotidien dans un contexte et des perspectives nationales.
Dans un tel contexte et face à un tel enjeu, le CRR-Fr qui est l’État-major, au sein des forces terrestres, spécialisé sur le niveau opératif au sein de l’OTAN et qui a largement fait ses preuves en la matière, est la « boîte de transfert » essentielle. Sans lui, la France ne prendrait pas sa place dans ces alertes et ces opérations de l’OTAN, et c’est d’ailleurs pour cette raison principale que le CRR-Fr a été créé il y a 15 ans.
Toutefois, le CRR-Fr seul n’a pas de sens. Ce qui en a, c’est bien l’ensemble ces capacités que la France possède et entretient : un système de forces, incluant des postes de commandement, bien organisées, équipées et entraînées pour répondre aux contrats opérationnels que définissent nos chefs, que ces contrats s’inscrivent dans un contexte national ou dans celui des alliances auxquelles la France appartient.