De nouvelles perspectives pour renforcer le partenariat bilatéral France-Kazakhstan

Paru dans La Lettre Diplomatique n°126 2ème trimestre 2019

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© DR Dans le cadre de la visite officielle qu’il a accompli au Kazakhstan en juin 2018, M. Pierre Cabaré, Député de Haute-Garonne, Président du Groupe d’amitié France-Kazakhstan à l’Assemblée nationale, a rencontré le Recteur de l’Université Abai, M. Takhir Balykbaev, en présence de S.E.M Philippe Martinet, Ambassadeur de France au Kazakhstan.

Par M. Pierre CABARÉ
Député de Haute-Garonne, Président du Groupe d’amitié France-Kazakhstan à l’Assemblée nationale

Le Kazakhstan est l’une des cinq anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, au carrefour de la Chine, la Russie, le Moyen-Orient et l’Europe. Depuis son indépendance, cet État a toujours présenté une ambition unique, animée par la recherche de la paix et de la stabilité dans une région tourmentée, ainsi qu’une remarquable résilience économique.
L’objectif du Groupe d’amitié est de valoriser les liens entre les États et de renforcer les relations entre les parlements. En tant que Président de ce Groupe, j’ai à cœur de renforcer les relations qui unissent la France et le Kazakhstan dans de nombreux domaines, pour instaurer une nouvelle dynamique de coopération bilatérale. Notre groupe est véritablement animé par la volonté que ce lien s’intensifie et se diversifie, tant sur les plans politique, économique, social que culturel. Un premier déplacement en juin 2018 nous a permis de rencontrer les acteurs locaux, entreprises françaises et représentants de l’État et comprendre au mieux les enjeux d’avenir.
Depuis son indépendance en 1992, le Kazakhstan a œuvré pour son émancipation sur la scène mondiale. À ce titre, nos deux pays ont su créer une coopération économique fructueuse. Une succession de partenariats ont été élaborés dans des domaines traditionnels tels que l’énergie, l’aéronautique ou encore l’agriculture. Je me réjouis que ces liens s’inscrivent plus largement dans une stratégie de rapprochement régional entre l’Asie centrale et l’Union européenne (UE).
En 2007, la première « Stratégie de l’UE pour l’Asie centrale » fut adoptée pour travailler en commun dans des secteurs clé comme l’éducation, la formation, le numérique et la paix mondiale. Dix ans plus tard, 2017 marqua l’histoire des relations franco-kazakhstanaises puisque le Parlement français vota le partenariat de coopération renforcée entre l’UE et le Kazakhstan. Cet accord incarne le début d’une nouvelle dynamique, dans le cadre de laquelle la France œuvrera pour occuper une place à part entière, notamment dans le partage de ses savoir-faire.
Parallèlement, le Kazakhstan a affirmé sur la scène mondiale sa volonté de diversifier son économie. Une ambition symbolisée par la stratégie « Kazakhstan 2050 » souhaitée par le Président Noursoultan Nazarbaïev pour faire du pays l’une des 30 puissances économiques mondiales. Pour ce faire, le pays investit dans les nouvelles technologies, l’énergie verte et s’attèle au financement pour l’innovation. L’Exposition internationale d’Astana de 2017 démontre ce souhait de transition en promouvant les énergies du futur, le développement durable et des modes de transport « propres ». Afin d’accompagner tous ces nouveaux besoins, la France pourra faire valoir son expertise. Cette optique de partage est centrale.
En outre, le Kazakhstan attache une importance particulière à la coopération décentralisée qui permettra de connecter au mieux des acteurs locaux français et kazakhstanais pour répondre à des besoins précis, notamment dans la formation. L’Ambassadeur du Kazakhstan en France, S.E.M. Jean Galiev, rappelle régulièrement les premiers succès de ces partenariats en prenant pour exemple celui entre Rennes et Almaty, ancienne capitale du Kazakhstan. Cette dynamique est également amenée à s’intensifier grâce à des partenariats régionaux qui permettront à la France de transmettre son expérience, notamment dans les politiques d’aménagement du territoire.
De plus, notre coopération bilatérale est basée sur la culture et l’éducation, s’appuyant sur un réseau d’Alliances françaises particulièrement dynamique. L’Institut Sorbonne-Kazakhstan en est le plus bel exemple. Inauguré en 2014 à Almaty, l’Institut a pour ambition d’accompagner et de former un corps professoral d’exception au service des étudiants kazakhstanais et également internationaux. Des étudiants kazakhstanais ont par ailleurs l’opportunité de suivre une partie de leurs études au sein d’universités françaises. Comme le souligne Campus France, notre pays a accueilli en 2017-2018 546 étudiants kazakhstanais dont près de 80% étaient des étudiantes. Cette statistique souligne les efforts fructueux du Kazakhstan pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes pour l’éducation.
Enfin, le Kazakhstan est un État pacificateur qui depuis son indépendance s’attache à devenir un acteur de médiation internationale et qu’il ne faut cesser de soutenir. Les
actions du pays dans ce domaine sont nombreuses, comme l’a démontré
l’accueil répété des pourparlers sur le conflit syrien à Nur-Sultan. Le Kazakhstan joue donc un rôle de stabilisateur à proximité de zones sensibles, où la menace terroriste est vive. Un engagement indéfectible anime ce pays contre toute forme de terrorisme et de radicalisme religieux. Il constitue un essentiel garant de la sécurité internationale.
Ce dynamisme bilatéral grandissant doit être maintenu et renforcé sur le long terme pour encourager le développement des relations entre nos deux pays.
Les acteurs qui œuvrent pour les relations entre nos deux États ainsi que l’important réseau diplomatique français, sont des maillons indispensables pour instaurer des synergies de long terme avec le Kazakhstan.