La lettre diplomatique

Article - Gabon
La Lettre Diplomatique N°90 - N°90 - Deuxième trimestre 2010

Un partenariat gagnant-gagnant avec le Gabon

Entretien avec M. Marcel Abéké
Administrateur-Directeur Général de la Comilog

La Lettre Diplomatique : Deuxième producteur mondial d'alliages de manganèse pour la sidérurgie, la Comilog (Compagnie minière de l'Ogooué), filiale du groupe français Eramet, a lancé en avril 2009 la construction du complexe métallurgique de Moanda. Quelle valeur ajoutée ce projet est-il appelé à apporter à la production de la Comilog ?

M. Marcel Abeke :
Ce projet revêt une importance particulière à plus d’un titre. Au niveau de notre production, nous pourrons enfin aller jusqu’au bout de la filière de transformation du minerai en métal. Nous obtiendrons des produits nouveaux à partir de procédés innovants, pyro-métallurgie pour le silico-manganèse destiné à la sidérurgie, et hydro-métallurgie pour le manganèse-métal destiné à la chimie du manganèse.
Sur le plan technologique, on peut parler de réel transfert de technologie, car hormis l’Afrique du Sud, le Gabon sera le seul pays d’Afrique sub-saharienne à bénéficier d’un tel complexe. Enfin sur le plan humain, avec ces procédés nouveaux, ce sont des métiers nouveaux qui vont voir le jour, qui viendront compléter le catalogue existant, et qui vont nécessiter des plans de formation adaptés pour les futurs travailleurs.

L.L.D. : En janvier 2010, la Comilog a signé avec le gouvernement gabonais une série de conventions concernant notamment l'approvisionnement en hydroélectricité du futur complexe de Moanda. Quelles sont vos attentes à l’égard de la mise en place de ces nouvelles infrastructures en termes de calendrier ?

M.A :
Nos attentes sont grandes et légitimes, car avec un investissement de 135 milliards de francs CFA, vous conviendrez avec moi, que notre souhait le plus ardent est de pouvoir disposer d’une infrastructure capable de fournir l’énergie nécessaire à la bonne marche de notre complexe. Ceci étant, en termes de calendrier nous pensons pouvoir bénéficier des premières livraisons en électricité pour fin 2012 afin de procéder aux premiers tests. Nous prévoyons le démarrage effectif des installations dans le courant du premier trimestre 2013.

L.L.D. : Depuis 2005, la Comilog a obtenu la concession du Transgabonais. En quoi celle-ci est-elle stratégique pour la pérennité de ses activités ? Plus largement, quelle évaluation faites-vous de l’effet d’entraînement de la Comilog sur le développement économique du Gabon ?
 
M-A :
Pour Comilog, cette voie est stratégique car elle reste l’unique moyen d’évacuer notre minerai vers le port d’Owendo pour atteindre les grands centres de consommation, c’est-à-dire l’Asie, l’Europe et l’Amérique. Par conséquent, disposer d’une voie fiable, entretenue, et de coûts de transport maitrisés, demeurent essentiel pour notre activité. Outre ce fait, le chemin de fer constitue à ce jour une véritable épine dorsale pour l’économie gabonaise. Il traverse cinq des neuf provinces du Gabon, ce qui permet de désenclaver l’intérieur du pays, d’évacuer d’autres richesses telles que le bois, et de favoriser la circulation des biens et des personnes.
Vous pouvez donc constater qu’il s’agit d’une activité indispensable pour le pays avec un fort impact sur le plans économique, social et industriel.

L.L.D. : Un accord a été annoncé en juin 2010 sur l’entrée de l’Etat gabonais au capital du groupe Eramet. Pourriez-vous nous rappeler les différentes étapes du renforcement des relations de partenariat entre Eramet et l’Etat gabonais ?

M-A :
Depuis l’entrée du groupe Eramet dans le capital de Comilog en 1995, les relations entre l’Etat gabonais et le groupe Eramet ne font que se renforcer. Les gages d’un partenariat gagnant-gagnant sont concrets. Le groupe a réalisé le Complexe industriel de Moanda (CIM) qui a démarré ses activités en 2000. Après cette étape, il y a eu la concession du Transgabonais en 2005. Depuis, Comilog s’est lancé dans un projet d’augmentation des capacités de production. Il s’agit aujourd’hui du Complexe métallurgique de Moanda (CMM). A cela il faut ajouter les projets à plus long terme comme le Niobium. C’est dire, qu’Eramet nourrit une grande confiance en l’avenir du Gabon.

L.L.D. : La Comilog s’investit par ailleurs dans le développement d’infrastructures sociales à Moanda. Pourriez-vous nous décrire ces réalisations ? Quels efforts ont-ils été mis en œuvre sur le plan de la protection de l’environnement ?

M-A : Le caractère citoyen de Comilog s’exprime à travers le financement d’actions à forte tonalité sociale. Nous nous inscrivons dans une réelle politique de développement durable. Au nombre des actions que nous menons, je citerais sans être exhaustif quelques exemples. Dans le domaine de la santé, la mise à la disposition de notre personnel d’une structure hospitalière qui sert aussi à l’ensemble des populations. Pour l’éducation des jeunes, nous finançons le complexe scolaire H. Sylvoz, de la maternelle au lycée. Pour les loisirs, outre la mise à disposition d’équipements sportifs, l’entreprise sponsorise des clubs omnisports qui occupent les premiers rangs au niveau national.
Sur le plan environnemental, là aussi d’importants efforts sont réalisés. A titre d’exemple, nous avons mis en place des plans d’actions pour la récupération des sables de manganèse qui encombrent la Moulili. Aujourd’hui, tous nos projets sont précédés d’études d’impacts environnementales réalisées avec les autorités gabonaises en charge de ces questions.


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