Vendredi 19 Juillet 2019  
 

N°124 - Quatrième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Entretien exclusif
Coopération
Diplomatie & Défense
Innovation
Culture
  Les échanges culturels franco-allemands à travers les âges
 
  « L’amitié franco-allemande peut et doit donc redevenir le moteur de l’Union européenne »
 
  « Culture et jeunesse doivent aujourd’hui faire entendre leurs voix »
 
  L’histoire en héritage : l’exemple franco-allemand de regards croisés au service de la paix
 
  Au cœur de la CICFA, noyau de la coopération franco-allemande (1989-1993)
 
  L’OFAJ : un trait d’union entre les sociétés allemandes et françaises
 
  « Encourager les jeunes à vivre des expériences très enrichissantes »
 
  « Les jeunes ne veulent pas laisser les générations plus âgées décider à leur place »
 
  Les Beruflichen Schulen Kehl acteur de la formation et du transfrontalier
 
  La France et l’Allemagne : un modèle de coopération universitaire
 
  Le Goethe-Institut : acteur incontournable de la promotion de la langue allemande en France
 
  Un creuset d’échanges intellectuels et culturels ouvert sur le monde
 
  « L’Allemagne est une destination très populaire auprès des Français »
 
 
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« Les jeunes ne veulent pas laisser les générations plus âgées décider à leur place »

Originaire d’un village près de Wurtzbourg en Bavière, Pia Wild, 23 ans, achève son stage pratique à Arte dans le cadre de sa licence de communication et médias à l’Université de Leipzig. Elle est Jeune Ambassadrice de l’OFAJ depuis 2017. 

La Lettre Diplomatique : Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la France ?  

Pia Wild : C’est le hasard qui m’a fait découvrir la France. Après mon bac, je voulais partir à l’étranger. J’avais choisi l’Ukraine, mais la crise politique dans ce pays a fait échouer ce projet. J’ai alors découvert le Volontariat franco-
allemand, qui est un programme soutenu par l’OFAJ dans le cadre duquel j’ai fait mon service civique à Grenoble au sein de l’association Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active). 
Ensuite, je suis allée à Lisbonne grâce au programme Erasmus, avant de commencer des études en communication et médias à l’Université de Leipzig. J’effectue à présent mon stage pratique à Strasbourg au sein du groupe audiovisuel Arte.

L.L.D. : Que retenez-vous de cette expérience ? 

P.W. : Lorsque je suis arrivée à Grenoble, je n’avais pas une grande idée de la France et de sa culture bien que le Bade-Wurtemberg soit plutôt proche. Je ne parlais pas non plus un mot de français. Au début, c’était difficile de travailler et de participer à la vie sociale. Mais après 12 mois d’immersion, je pense avoir bien appris la langue. En fait, je pense que ce sont les Français que j’ai rencontrés qui m’ont fait aimer la France et la façon de voir les choses ici. En découvrant la culture française, j’ai compris combien on peut apprendre les uns des autres, comme par exemple, cette célébration pour la nourriture et les repas si caractéristique en France ou ce goût pour la discussion, alors qu’en Allemagne on discute davantage dans l’attente d’un résultat. 

L.L.D. : Quelles étaient vos motivations pour devenir Jeune Ambassadeur de l’OFAJ ? 

P.W. : J’ai voulu transmettre mon expérience de la France et informer les jeunes sur les possibilités que leur ouvre l’OFAJ, quel que soit leur parcours. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de gens dans les deux pays et de parler de ma passion pour la France. 

L.L.D. : Qu’est-ce qui vous marque le plus dans le cadre de ces activités ? 

P.W. : C’est très enrichissant de donner envie de découvrir d’autres cultures, ce qui est, à mon avis, l’objectif de l’OFAJ. En Saxe, où je suis étudiante, je suis allée dans de nombreuses écoles, collèges et lycées. J’ai aussi participé à de grands événements comme le Foire du livre de Leipzig où nous avions un stand, mais j’ai également voulu faire connaître les programmes de l’OFAJ dans les villages qui sont, comme celui dont je suis originaire, peu connectés avec l’internationalité. En France, j’ai participé au Forum franco-allemand qui s’est tenu à Strasbourg en novembre 2018. 

L.L.D. : Que vous évoque le traité de l’Élysée et son projet de renouvellement ? 

P.W. : Il s’agit bien sûr d’un accord important pour l’Allemagne et la France, qui a fondé l’OFAJ et qui m’a permis de devenir Jeune Ambassadrice. Je pense qu’il est très important de montrer que cette institution et les autres qui ont découlé du traité de l’Élysée sont très concrètes et vivantes. 
Le renouvellement de ce traité a mobilisé beaucoup d’énergie au sein de l’OFAJ avec le projet de traité de l’Élysée 2.0.19. À Leipzig, j’ai organisé une table ronde en coopération avec l’Université. J’ai été frappée par l’enthousiasme des propositions que nous avons recueillies sur de nombreux sujets comme la lutte contre réchauffement climatique. Ces propositions sont aujourd’hui entre les mains de nos dirigeants. Il est aussi intéressant de noter que de jeunes étudiants d’autres pays et régions, de Grande-Bretagne ou de Catalogne par exemple, ont activement pris part à ces débats. Ce qui reflète la dimension européenne de la relation franco-allemande. En ce sens, l’OFAJ et le renouvellement du traité de l’Élysée peuvent contribuer fortement à faire face à la montée des populismes.  
A contrario des idées reçues, cette expérience montre que les jeunes veulent s’investir et ne pas laisser les générations plus âgées décider à leur place. Ceci dit, après mon mandat de Jeune ambassadrice à l’OFAJ, je souhaiterai pouvoir continuer à m’investir mais en vue de favoriser davantage les liens intergénérationnels.

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