Jeudi 19 Septembre 2019  
 

N°124 - Quatrième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Entretien exclusif
Coopération
Diplomatie & Défense
Innovation
Culture
  Les échanges culturels franco-allemands à travers les âges
 
  « L’amitié franco-allemande peut et doit donc redevenir le moteur de l’Union européenne »
 
  « Culture et jeunesse doivent aujourd’hui faire entendre leurs voix »
 
  L’histoire en héritage : l’exemple franco-allemand de regards croisés au service de la paix
 
  Au cœur de la CICFA, noyau de la coopération franco-allemande (1989-1993)
 
  L’OFAJ : un trait d’union entre les sociétés allemandes et françaises
 
  « Encourager les jeunes à vivre des expériences très enrichissantes »
 
  « Les jeunes ne veulent pas laisser les générations plus âgées décider à leur place »
 
  Les Beruflichen Schulen Kehl acteur de la formation et du transfrontalier
 
  La France et l’Allemagne : un modèle de coopération universitaire
 
  Le Goethe-Institut : acteur incontournable de la promotion de la langue allemande en France
 
  Un creuset d’échanges intellectuels et culturels ouvert sur le monde
 
  « L’Allemagne est une destination très populaire auprès des Français »
 
 
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L’OFAJ : un trait d’union entre les sociétés allemandes et françaises

Par Mme Béatrice ANGRAND,
Secrétaire général de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ)

Créé en 1963 par le traité de l’Élysée, l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) a touché plus de 9 millions de participants en 55 ans. Le pari était osé mais résolument nécessaire ! Moins de 20 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’OFAJ a œuvré à la réconciliation et au rapprochement des deux sociétés en commençant par le soutien à la mise en place de jumelages et de séjours de vacances l’été, autour du sport notamment. Il a ainsi contribué à ce que des liens profonds et durables se tissent entre les sociétés civiles. 
Cette mission a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? La question est fondée à la veille du renouvellement du traité de l’Elysée. Donner la possibilité à des enfants, jeunes, jeunes adultes ou aux responsables de la jeunesse de France et d’Allemagne en impliquant d’autres pays d’Europe et parfois du monde, de se rencontrer, de partager des expériences est toujours aussi essentiel. Grâce aux 8 000 programmes d’échanges et de rencontres qu’il soutient chaque année, en s’appuyant sur de nombreux partenaires, l’OFAJ permet à près de 200 000 jeunes d’effectuer une mobilité. Il contribue ainsi à faire vivre la relation franco-allemande dans la société civile et à rendre cette coopération si importante pour l’Europe, concrète pour les citoyens.
De plus, grâce à la mobilité, les jeunes acquièrent de nouvelles compétences (linguistiques, interculturelles, personnelles) ; ils exercent leur capacité d’adaptation et leur esprit de tolérance. Nos sociétés diverses et multiculturelles n’en ont-elles pas besoin ? On le voit : la vraie question ne porte pas sur l’actualité de la mission mais bien plutôt sur la manière d’en faire bénéficier le plus grand monde. Dans cet esprit, l’OFAJ s’emploie à s’adresser en priorité à celles et ceux qui, pour des raisons géographiques, sociologiques ou culturelles se sentent écartés des dispositifs européens ou internationaux. Une belle ambition pour le nouveau traité de l’Élysée serait de prévoir que chaque jeune de France ou d’Allemagne ait la possibilité au moins une fois dans son parcours, à l’école ou en formation professionnelle, dans ses activités sportives ou culturelles, de rencontrer l’autre.
Au-delà, il faut s’attacher à faire partager notre expérience et notre savoir-faire en matière d’apprentissage interculturel et de pédagogie de la paix à d’autres pays. Ainsi, l’OFAJ a contribué à la création en 2016 de l’Office régional de coopération pour la jeunesse des Balkans occidentaux (RYCO). Dans un autre domaine, l’intense coopération transfrontalière franco-allemande existant dans la région GrandEst ne pourrait-elle pas inspirer le Maroc et l’Algérie ? C’est une idée stimulante que j’ai entendue récemment. La relation bilatérale doit s’enrichir d’initiatives extérieures et sortir du tête-à-tête. 
À la veille de la signature d’un nouveau traité de l’Élysée, que peut-on souhaiter ? Davantage d’incitations à apprendre la langue du pays voisin (comment comprendre ses codes et développer une vraie complicité sans cela ?), une législation commune pour les associations, une plus forte implication des villes et des collectivités territoriales dans les jumelages, le développement d’outils communs en matière d’éducation citoyenne, des incitations pour les jeunes décideurs ou pour ces nouvelles élites du numérique se tournent prioritairement vers le monde anglo-saxon et/ou anglophone. Si l’OFAJ continue à innover continuellement en s’adaptant aux évolutions de la société, aux attentes et aux besoins des jeunes, pour que chacun trouve le programme qui lui correspond, il a de beaux jours devant lui.

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