Mardi 19 Novembre 2019  
 

N°124 - Quatrième trimestre 2018

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  « La France et l’Allemagne doivent se rapprocher encore pour être plus forts et affronter les défis de l’avenir »
 
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« La France et l’Allemagne doivent se rapprocher encore pour être plus forts et affronter les défis de l’avenir »

Par M. Didier BOULOGNE,
Directeur de Business France en Allemagne

La France et l’Allemagne ont échangé en 2017 154,5 milliards d’euros dans le cadre du commerce bilatéral. Toutefois, cette relation qui a longtemps été cardinale pour les deux pays tend à faiblir légèrement et à se déséquilibrer. Le déficit commercial de la France envers l’Allemagne croît d’année en année et a atteint 17,2 milliards d’euros en 2017. Si l’Allemagne reste de très loin le premier partenaire commercial de la France, l’inverse n’est plus vrai depuis 2015. En 2017, la France n’était que le quatrième partenaire commercial de l’Allemagne derrière la Chine, les Pays-Bas et les États-Unis. 
Ces échanges entre la France et l’Allemagne sont marqués par la prédominance des matériels de transport avec aux premiers chefs les secteurs automobiles et aéronautiques. Naturellement, ces chiffres ne disent pas tout et minorent largement les échanges de services et d’économie immatérielle ; mais ils n’en restent pas moins un marqueur de tendance précieux et nous indiquent, en l’occurrence, que les liens commerciaux si étroits entre la France et l’Allemagne se distendent quelques peu.
Au-delà des échanges commerciaux, la relation franco-allemande est également marquée par la densité des investissements croisés. Bien qu’il soit toujours délicat d’obtenir avec précision le nombre d’entreprises implantées, force est de constater que les volumes sont conséquents. Nous recensons plus de 4 500 filiales allemandes en France qui emploient environ 310 000 personnes et près de 4 000 filiales françaises en Allemagne qui emploient autour de 400 000 personnes. 
Ces données, somme toute assez comparables, montrent clairement une relation très équilibrée. Le mode d’investissement est en revanche sensiblement différent. Alors que les entreprises allemandes sont franchement orientées vers une croissance organique, les entreprises françaises préfèrent souvent la croissance externe. Ainsi, en 2017, les entreprises allemandes ont réalisé 197 projets d’investissement en création ou en extension et 25 opérations d’acquisition ; dans le même temps, les entreprises françaises ont engagé 95 projets de croissance organique et réalisé 93 opérations de croissance externe. Là encore, les flux sont plutôt équilibrés au total.
Mais s’il y a lieu de se féliciter de ces échanges économiques nourris, un regard plus large sur le monde nous donne à voir un panorama qui change à grande vitesse : les États-Unis sont de plus en plus réticents à une logique de commerce mondial apaisé ; la Chine reprend progressivement le contrôle de son marché et ambitionne désormais de conquérir les nôtres ; l’unité européenne est fragilisée par des réflexes de repli dont le Brexit est l’un des symptômes les plus éclatants. 
Dans ce contexte, la France et l’Allemagne doivent se rapprocher encore pour être plus forts et affronter les défis de l’avenir. 
Parmi les thèmes les plus évidents, nous devons collaborer pour développer ensemble des solutions de mobilité, notamment sur la production de batteries nouvelles générations. Nous devons également progresser ensemble sur l’intelligence artificielle (IA) et toutes ses implications dans la vie quotidienne. 
Au-delà de ces projets qui doivent être portés par les États, Business France, dont la mission est de favoriser l’internationalisation de l’économie française, est également engagée dans l’intensification de ses actions et de ses partenariats. Plus précisément, nous souhaitons augmenter sensiblement le nombre d’entreprises françaises qui exportent en Allemagne. Une action de démarchage et de « coaching » plus large et plus adaptée sera conduite dans les territoires français par des équipes mixtes de Business France et des chambres de commerce sous la bannière « Team France Export ». 
Nous souhaitons également approfondir notre partenariat avec la AHK (Außenhandelskammer) en France pour porter ensemble au sein des IHK (Industrie und Handelskammern) en Allemagne un message de soutien et d’offre de services aux entreprises allemandes qui souhaitent investir en France. Enfin, nous souhaitons, en partenariat avec BPI France, rencontrer des institutions financières allemandes telles que les fonds d’investissements, les Venture Capitalist et les Family Offices, pour leur proposer d’entrer au capital d’entreprises françaises. Mais l’effort doit être plus conséquent et ces quelques initiatives ne sont qu’une fraction de ce qu’il faut entreprendre pour que nos deux pays continuent d’être le moteur puissant dont l’Europe a besoin.

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