Vendredi 19 Juillet 2019  
 

N°124 - Quatrième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Entretien exclusif
Coopération
  À la « vitesse turbo » vers l’Assemblée parlementaire franco-allemande
 
  Franchir un nouveau cap
 
  « Nous avons réussi à faire du couple franco- allemand le cœur d’une Europe unie »
 
  « Apporter une réelle valeur ajoutée aux citoyens et rapprocher nos sociétés »
 
  Un engagement en faveur d’une relance du partenariat franco-allemand
 
  Profiter du nouvel élan pour faire avancer l’intégration des régions frontalières franco-allemandes
 
  « L’Europe s’invente ici, dans nos régions frontalières »
 
  « L’Europe ne se décrète pas, elle se réalise par des réalités tangibles, quotidiennes et inclusives »
 
  Des territoires acteurs des échanges de part et d’autre du Rhin
 
  À Francfort, le Consulat incarne la France au cœur de l’Allemagne
 
  Une présence allemande très active en Auvergne-Rhône-Alpes
 
  Le franco-allemand : terrain permanent d’innovations
 
  Le couple franco-allemand : un moteur toujours indispensable dans une Europe en crise
 
  Assumons l’anachronisme !
 
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À la « vitesse turbo » vers l’Assemblée parlementaire franco-allemande

Par M. Wolfgang SCHÄUBLE,
Président du Bundestag allemand

Beaucoup dépend de la France et de l’Allemagne : pour que nous allions de l’avant dans l’Union européenne. Pour que nous relevions ensemble les défis mondiaux. Et, last but not least, pour que les valeurs européennes soient préservées dans notre monde, qui connaît une mutation fulgurante. 
Avec le traité de l’Élysée, nous disposons d’une base éprouvée pour agir ensemble sur le plan politique. Ce traité de 1963 est le garant de l’amitié franco-allemande, et le symbole de la réconciliation entre nos deux peuples. Après 55 ans, les conditions cadres et mécanismes politiques de la coopération sont aujourd’hui en cours d’ajustement, afin de les rendre conformes à notre temps. Le nouveau Traité de l’Élysée est une affirmation importante de notre responsabilité commune – y compris dans la perspective des prochaines élections au Parlement européen.
L’ Assemblée nationale et le Bundestag allemand apportent leur contribution pour que le « moteur franco-allemand » si souvent invoqué soit entièrement révisé, et nous convenons aussi d’en accélérer la vitesse. Dans l’accord parlementaire franco-allemand, qui doit être adopté à Paris et à Berlin le 22 janvier 2019, à l’occasion du 56ème anniversaire du traité de l’Élysée, les deux parlements prennent l’engagement d’approfondir leur coopération dans le futur. Nous voulons élaborer des positions politiques communes, y compris dans l’intention de faire progresser ainsi l’intégration au sein de l’Union européenne et de renforcer la démocratie.
Une nouvelle Assemblée parlementaire franco-allemande se réunira à intervalles réguliers, alternativement en Allemagne et en France. Le Bundestag allemand et l’Assemblée nationale y enverront chacun 50 de leurs membres. L’objectif est de créer un quotidien parlementaire commun, de faire de la coopération une évidence, avec plus de discussions communes, mais aussi plus de décisions politiques concertées et – si possible – adoptées dans les mêmes termes par nos deux pays. 
En politique extérieure, de sécurité et de défense, notamment, nous voulons avoir une collaboration effective et parvenir au consensus le plus large possible sur les questions politiques importantes. Les orientations politiquement nécessaires à prendre pour la région frontalière montrent à quel point cette concertation commune est pertinente. Les obstacles juridiques qui ont sans cesse entravé la réalisation de projets transfrontaliers doivent être levés plus facilement à l’avenir – sans que les standards en vigueur en pâtissent. 
Les discussions attentives menées autour de l’accord parlementaire ont montré que la coopération transfrontalière entre nos deux États n’est pas uniquement l’affaire des gouvernements. La coopération a besoin de ses propres règles, et elle implique de renoncer à certaines spécificités nationales. Cela ne peut se faire sans les parlements. C’est pourquoi j’attends beaucoup de la dynamique qu’imprimera cette nouvelle Assemblée parlementaire franco-allemande. 
Compte tenu des systèmes de gouvernement différents entre la France et l’Allemagne, une collaboration plus étroite est tout sauf anodine : le centralisme et le fédéralisme, le système présidentiel et la démocratie parlementaire se distinguent sur des traits essentiels. Le rôle des parlements n’est pas le même à Paris et à Berlin. Nos sociétés font face à des défis économiques, sociaux et démographiques similaires, certes, mais non identiques. Tout en reconnaissant ces différences et particularités non négligeables, nous partageons la volonté, en nous appuyant sur un socle de valeurs communes, de renforcer les parlements et de nous accorder sur une convergence politique plus étroite.
« Nous avons enclenché le turbo », a souligné mon homologue français Richard Ferrand lors de la présentation officielle de l’accord parlementaire franco-allemand en novembre 2018. L’image est juste, car les parlements ont défini la direction et sont passés à une vitesse supérieure. Nous en avons la conviction : cette accélération est nécessaire. Pour les femmes et les hommes d’Allemagne et de France, pour une Europe forte, pour notre futur commun. Cent ans après la Première guerre mondiale, l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand montrent combien l’amitié politique de deux nations jadis ennemies peut être marquée par la confiance.

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