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Troisième trimestre 2018

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Des relations d’amitié marquées par le sceau de l’Histoire

Par M. Franck FAVIER,
Professeur en classes préparatoires au Lycée Janson de Sailly (Paris) Docteur en histoire, spécialiste de l’histoire de Suède

Le 5 février 1818, Charles XIII de Suède s’éteignait au château royal de Stockholm. Immédiatement comme le voulait la tradition, son fils adoptif, Charles-Jean était proclamé roi sous le nom de Charles XIV Jean, mettant ainsi fin à huit années d’une transition dynastique. En effet, le nouveau souverain n’était autre que Jean-Baptiste Bernadotte, fils de la Révolution française, maréchal d’Empire, seul survivant des souverains napoléonides lors de la Restauration. 
Ce dernier dut son élévation à un concours de circonstances. La défaite suédoise face à la Russie en 1809 avait entraîné pour le pays, la perte de sa province finlandaise mais aussi le renversement du roi Gustave IV Adolphe, remplacé par son oncle, Charles de Sudermanie (Charles XIII), sans héritier direct. La mort d’un premier fils adoptif en mai 1810 avait laissé dans des débats sur un nouvel héritier. Profitant à la fois du désir de revanche suédois sur la Finlande, mais aussi des hésitations de Napoléon consulté sur le choix d’un nouveau prince royal, Bernadotte sut jouer sa carte s’appuyant sur un petit groupe de soutiens. 
Après une campagne électorale éclaire menée par un ancien consul de France à Göteborg (Fournier), Bernadotte était élu par la diète suédoise (le Riksdag) le 21 août 1810, Prince royal de Suède. 
Pourtant tout n’était pas joué. Il fallait au nouveau prince royal consolider sa place. Commença alors un jeu de dupes entre Bernadotte et Napoléon. Ce dernier souhaitait que la Suède appliquât strictement le système continental contre le Royaume-Uni. Nommé régent à partir de mars 1811, le nouveau prince comprit vite l’impossibilité de cette politique (le Royaume-Uni était le premier client de la Suède) ainsi que de la difficulté de reprendre la Finlande aux Russes, autre objet de son élection. 
Devant le refus napoléonien de lui accorder l’annexion de la Norvège, alors possession danoise alliée de la France, Charles-Jean retourna progressivement les alliances suédoises vers le Royaume-Uni et la Russie, rentrant dans la sixième coalition en 1813, participant à la campagne d’Allemagne contre les armées françaises, contribuant ainsi à leur défaite finale. 
Si Charles-Jean (devenu suédois) ne suivit pas Napoléon dans ses volontés hégémoniques, il fut néanmoins le fils de la Révolution française en Suède pendant tout son règne. Imprégné des idées des Lumières, s’appuyant sur la constitution suédoise de 1809, il signa un véritable contrat avec la Nation suédoise dont les piliers furent la liberté, le respect des lois et l’équilibre des pouvoirs autour d’un exécutif fort, créant ainsi une monarchie parlementaire apaisée. 
Il renforça l’identité nationale par la mise en place dès 1812 de la conscription pour tous les hommes de 20 à 25 ans, réitérant ainsi la loi Jourdan de 1794, mais aussi dans le domaine du droit, en lançant des projets de codes civils pendant tout son règne. De même, il importa de la France impériale, son souci d’approvisionnement des populations, reprenant le projet de construction du canal de Göta (1810-1832) et celui de la création d’une académie d’agriculture en 1813. 
Avec Bernadotte, les principes de la Révolution française pénétrèrent en Suède. Pragmatique, le nouveau prince sut très bien les adapter à son pays d’adoption. De fait, « monarque républicain » comme il aimait à se désigner, il réussit à fonder une dynastie solide et stable, devenant le précurseur d’un modèle politique basé sur le dialogue, le compromis dont s’enorgueillit encore la Suède.

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