Mardi 21 Mai 2019  
 

N°123 - Troisième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Côte d'Ivoire
Suède
  Un partenariat entre la Suède et la France fondé sur des valeurs communes
 
  Un rapprochement porté par des intérêts stratégiques communs
 
  La Suède, un partenaire pionnier dans la lutte contre le changement climatique
 
  L’innovation au cœur des relations entre la France et la Suède
 
  400 ans de coopération militaire entre la Suède et la France
 
  « Nos entreprises pourraient mieux faire en Suède »
 
  Une économie européenne en pointe de la R&D
 
  Un partenariat engagé dans l’approfondissement de la coopération économique
 
  La CCSF : un pont entre les milieux d’affaires franco-suédois
 
  Energie : des proximités plaidant pour une coopération active
 
  L’âge d’or des relations culturelles franco-suédoises
 
  Une culture française très prisée en Suède
 
  Des relations d’amitié marquées par le sceau de l’Histoire
 
  Un soutien engagé à l’UNESCO et au système onusien
 
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L’âge d’or des relations culturelles franco-suédoises

Par Mme Ewa Kumlin,
Directrice de l’Institut suédois

En 2018, Ingmar Bergman aurait eu 100 ans. Il est célébré dans le monde entier et une véritable Bergman-fever s’est emparée de la France. Aux quatre coins du pays, on retrouve des rétrospectives de ses films ; à la Cinémathèque française, ce sont des projections quotidiennes qui ont lieu tout l’automne. On veut montrer toutes ses productions et ses films, qui ont influencé aussi bien Godard que Truffaut, et qui continuent de fasciner les nouvelles générations. La Comédie-Française met en scène la pièce de Bergman Fanny et Alexandre qui sera jouée dès février 2019, tandis qu’à l’Institut suédois, nous inaugurons une saison culturelle Ingmar Bergman : la suite en ce mois d’octobre. Nous nous y concentrons sur l’héritage de Bergman et son influence, au-delà du cinéma, dans des domaines comme la musique, le théâtre, les arts et la mode. Nos expositions et notre programmation ont lieu jusqu’en janvier 2019.
Les anniversaires sont des occasions uniques pour renforcer les liens interculturels et revenir sur une histoire commune. Un autre anniversaire franco-suédois d’envergure est commémoré cette année : le bicentenaire de l’accession au trône de Suède de la famille Bernadotte. Les célébrations ont débuté le 8 octobre à Pau, village d’origine de Jean-Baptiste Bernadotte, où la maison d’enfance du futur roi de Suède a été transformée en musée. Le Roi Carl Gustav et la Reine Silvia, accompagnés du couple de la princesse héritière, ont été accueillis avec les honneurs, par le maire, M. François Bayrou, en tête. Un chêne a été planté en symbole de la continuité des relations franco-suédoises. 
L’Institut suédois à Paris est abrité par l’Hôtel de Marle, un hôtel particulier du 16ème siècle, au cœur du quartier bouillonnant du Marais. L’État suédois en a fait l’acquisition en 1965 et il a ouvert ses portes au public en 1971 après de gros travaux de rénovation. Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’accueillir chaque année dans ce lieu historique unique plus de 100 000 visiteurs. 
La salle d’exposition permanente présente une partie de la collection de l’Institut Tessin, regroupant notamment les portraits de personnalités clés des relations franco-suédoises. Comme celui de Marie-Suzanne Giroust, peintre du 18ème siècle, réalisé par son époux Alexandre Roslin. Il y côtoie celui du philosophe français René Descartes qui fut invité en Suède par la reine Christine pour éveiller la pensée des Suédois à la philosophie. Ce dernier y décédera d’une pneumonie peu de temps après.
Plusieurs œuvres des nombreux artistes suédois s’installant à Paris et à Grez-sur-Loing à la fin du 19ème siècle y sont aussi exposées. La vague suivante viendra dans les années 1920 pendant lesquelles Paris devient un lieu de rendez-vous pour l’élite culturelle suédoise. Deux des plus grands artistes suédois de l’époque, Carl Larsson et Anders Zorn, ont d’ailleurs récemment fait l’objet de deux expositions à succès au Petit Palais.
Les activités culturelles et les expositions temporaires de l’Institut suédois se tournent vers un contenu plus contemporain. Les industries créatives y tiennent une place de choix. L’intérêt est grandissant en France pour la mode suédoise, le design, le cirque contemporain, la littérature – surtout le polar – et le cinéma suédois. Il y a quelques années, c’était la pop musique suédoise qui tenait le haut du pavé quand aujourd’hui ce sont de nouvelles formes de musiques électroniques. Le domaine de la digitalisation dans ses différentes composantes est également un de ceux où la Suède se démarque, ce qui tombe à point nommé dans le cadre du partenariat bilatéral France-Suède pour l’innovation. 
Mais tout ne se passe pas qu’à Paris, la Suède est aussi présente dans de nombreux festivals à travers la France. Le festival des cultures nordiques Les Boréales, à Caen, est le plus grand festival nordique en Europe hors des pays nordiques – peut-être pas un hasard avec les racines vikings de la Normandie ! Cette année également, la grande exposition Nous les appellons Vikings est présentée à Nantes, une des villes où les Vikings ont aussi laissé des traces de leur passage. 
Au niveau international, Paris est la seule ville où la Suède possède un centre culturel, ce qui traduit l’importance que nous accordons à nos relations avec la France. L’Institut suédois fait partie de l’agence publique suédoise du même nom, dont la mission est de faire connaître la Suède à l’international. À Paris, nous travaillons principalement dans le domaine culturel mais aussi autour des questions de société que nous avons en commun avec la France et les autres pays européens.
Personnellement, je viens de prendre mon poste en tant que Directrice de l’Institut suédois et de Conseillère culturelle près l’Ambassade de Suède en France. Cela me réjouit de constater que la Suède est toujours d’actualité dans le débat social francais : le livre qui vient d’être publié Macron, le Suédois (PUF, 2018, 272 pages] d’Alain Lefebvre, parle justement du modèle social suédois et nordique qu’il n’est pas toujours évident d’adopter en France. 
C’est un privilège de pouvoir participer au renforcement des relations culturelles franco-suédoises pendant les années qui viennent. Je vous souhaite à tous chaleureusement la bienvenue à l’Institut suédois dans le Marais !

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