Dimanche 18 Août 2019  
 

N°123 - Troisième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Côte d'Ivoire
Suède
  Un partenariat entre la Suède et la France fondé sur des valeurs communes
 
  Un rapprochement porté par des intérêts stratégiques communs
 
  La Suède, un partenaire pionnier dans la lutte contre le changement climatique
 
  L’innovation au cœur des relations entre la France et la Suède
 
  400 ans de coopération militaire entre la Suède et la France
 
  « Nos entreprises pourraient mieux faire en Suède »
 
  Une économie européenne en pointe de la R&D
 
  Un partenariat engagé dans l’approfondissement de la coopération économique
 
  La CCSF : un pont entre les milieux d’affaires franco-suédois
 
  Energie : des proximités plaidant pour une coopération active
 
  L’âge d’or des relations culturelles franco-suédoises
 
  Une culture française très prisée en Suède
 
  Des relations d’amitié marquées par le sceau de l’Histoire
 
  Un soutien engagé à l’UNESCO et au système onusien
 
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     Suède
 

Energie : des proximités plaidant pour une coopération active

Par M. Michel CRUCIANI,
Chargé de Mission au Centre de Géopolitique de l’Energie et des Matières Premières (CGEMP)

Les bilans énergétiques de la France et de la Suède présentent deux singularités qui les distinguent des autres pays européens. En premier lieu, l’électricité occupe une fraction importante des consommations finales : en 2016, elle atteignait 34% en Suède et 26% en France, contre une moyenne de 22% dans l’Union européenne1. En second lieu, l’énergie nucléaire contribue largement à la production électrique : toujours en 2016, sa part dépassait 72% en France et 40% en Suède, des chiffres à nouveau supérieurs à la moyenne européenne (26%)2.D’autres similitudes méritent une mention, telles que la taille du parc hydroélectrique et celle de la ressource forestière, pour lesquelles la France et la Suède font partie des quatre pays les mieux dotés de l’UE, ou encore la présence de très grands acteurs à capitaux publics, tels qu’EDF et Vattenfall.
Les deux États ont poursuivi des politiques énergétiques voisines, marquées d’abord par une volonté identique de réduire leur dépendance aux combustibles importés, puis par un même souci d’atténuer leur impact climatique. Sur ce dernier point, la Suède a réussi de manière spectaculaire, ses émissions de gaz à effet de serre ayant diminué de 72% entre 1990 et 2016 face à 19% pour la France3. Ce résultat remarquable tient en grande partie à la mise en place précoce (dès 1991 !) d’un régime de taxes pénalisant le recours aux énergies fossiles et d’un dispositif de subventions encourageant, d’une part, les travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique chez les consommateurs et, d’autre part, le report vers des énergies « vertes », notamment le bois pour l’usage chaleur. La France a adopté à son tour en 2014 le principe de la « taxe carbone », dont le montant devrait croître rapidement pour se rapprocher du niveau pratiqué en Suède à partir de 2022, mais les subventions prodiguées dans l’Hexagone demeurent modestes. 
Ce parallélisme entre les situations énergétiques milite pour une coopération institutionalisée entre les deux pays. Si l’on prend pour modèle l’Office franco-allemand pour la Transition énergétique (OFATE), on voit bien la richesse des échanges qui pourrait jaillir lors de rencontres franco-suédoises mêlant acteurs publics, industriels, universitaires… Outre la comparaison des outils déjà expérimentés (certificats verts en Suède, certificats d’économie d’énergie et appels d’offres en France par exemple), les deux pays pourraient réfléchir ensemble aux défis identiques qui les attendent. Il s’agit tout particulièrement de réduire l’empreinte carbone du secteur des transports, maîtriser la pénétration des bioénergies dans les ressources nationales, exploiter au mieux les technologies numériques dans les systèmes électriques et gérer les conséquences sociales des changements en cours (prix de l’énergie, fermetures de sites…). Pour chacun de ces axes, les points communs entre les deux pays permettent d’affirmer qu’ils bénéficieraient équitablement d’un partage d’informations sur les expériences en cours.

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