Mardi 15 Octobre 2019  
 

N°123 - Troisième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Côte d'Ivoire
Suède
  Un partenariat entre la Suède et la France fondé sur des valeurs communes
 
  Un rapprochement porté par des intérêts stratégiques communs
 
  La Suède, un partenaire pionnier dans la lutte contre le changement climatique
 
  L’innovation au cœur des relations entre la France et la Suède
 
  400 ans de coopération militaire entre la Suède et la France
 
  « Nos entreprises pourraient mieux faire en Suède »
 
  Une économie européenne en pointe de la R&D
 
  Un partenariat engagé dans l’approfondissement de la coopération économique
 
  La CCSF : un pont entre les milieux d’affaires franco-suédois
 
  Energie : des proximités plaidant pour une coopération active
 
  L’âge d’or des relations culturelles franco-suédoises
 
  Une culture française très prisée en Suède
 
  Des relations d’amitié marquées par le sceau de l’Histoire
 
  Un soutien engagé à l’UNESCO et au système onusien
 
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     Suède
 

« Nos entreprises pourraient mieux faire en Suède »

Par M. Eric DUEDAL,
Ministre-Conseiller pour les Affaires économiques à l’Ambassade de France en Suède, Chef du Service économique régional pour la zone « Pays nordiques »

Surfant sur ses immenses succès tels que Mojang, Klarna, Skype ou encore Spotify, la Suède est considérée comme étant à l’avant-garde pour le dynamisme de ses start-ups et, plus généralement, de son écosystème de l’innovation. Les autorités capitalisent sur cette image positive pour appuyer une communication bien huilée qui vise à attirer toujours plus d’investisseurs et de talents en Suède, en présentant Stockholm comme la « Silicon Valley » et/ou la « Unicorn Factory » de l’Europe.
D’où viennent les clés de ce succès ? Probablement de mutations en profondeur engagées depuis plus de 15 ans.
La Suède parvient, depuis des années, à concilier un niveau de croissance élevé, 2,4 % en 2018, le maintien d’une forte cohésion sociale avec des inégalités contenues, et des fondamentaux macroéconomiques sains (en dépit d’un endettement privé très élevé) : budget en excédent et dette publique contenue à quelque 40% du PIB, inflation maîtrisée... La Suède a su moderniser l’État en accomplissant de nombreuses réformes structurelles, en même temps qu’elle a modernisé les bases de son économie, ce dont elle bénéficie encore aujourd’hui. Les pouvoirs publics et les partenaires sociaux ont joué un rôle décisif dans cette mutation, en définissant ensemble et de façon consensuelle ces grandes orientations, et en les mettant en œuvre avec détermination, avec pour seul souci le renforcement de la compétitivité des entreprises suédoises. 
En Suède, on ne protège pas l’entreprise mais le salarié. Les partenaires sociaux sont collectivement d’accord sur la nécessaire adaptation de l’outil de travail. Tous estiment aujourd’hui que, dans un monde global, il ne sert à rien de mettre sous perfusion, dans l’espoir d’en prolonger la vie, une entreprise condamnée à disparaître par obsolescence ou par manque de compétitivité. 
Aujourd’hui, l’économie suédoise dispose d’atouts solides, avec un marché du travail presqu’entièrement tourné vers l’emploi qualifié, le maintien d’une base industrielle solide nationale, qui s’explique par le rôle majeur des « grandes familles » suédoises, comme les Wallenberg ou les Lundberg qui, grâce au système de fondations notamment, conservent depuis des générations, la haute main sur le capital et la stratégie de la grande majorité des grandes entreprises suédoises, mais aussi un investissement massif dans la recherche et développement, et un écosystème efficace de l’innovation.
C’est en raison de ces caractéristiques que nous parions sur un développement important de nos relations économiques bilatérales, dans le contexte d’un regain d’intérêt marqué, en France, pour la Suède. Nos entreprises sont bien représentées en Suède mais elles pourraient mieux faire. Cela fait des années, que les relations bilatérales entre la France et la Suède restent en-dessous de leur potentiel. Le montant total des échanges, de l’ordre de 16 milliards d’euros en 2017 fait de la France et de la Suède des partenaires de rang intermédiaire. Ceci peut s’expliquer, en large partie, par des facteurs historiques et structurels – pour de nombreuses entreprises françaises, l’espace nordique est perçu comme lointain, froid, fragmenté, anglo-saxon, avec des langues compliquées… Les pays nordiques sont sans doute « trop loin pour être dans la zone de confort, et trop près pour être dans la zone d’effort ».
Il est temps de changer ces perceptions. Les pays nordiques, et la Suède, méritent que l’on s’y attarde : la zone nordique constitue un marché de 26 millions d’habitants, avec un pouvoir d’achat par habitant 30% en moyenne supérieur à celui de la France, et qui représente le produit intérieur brut (PIB) d’une demi-Allemagne, ou encore de l’Espagne et du Portugal réunis. Et les opportunités sont énormes, pour des entreprises innovantes qui voudraient tenter l’aventure, et qui ont des produits ou des services de qualité à proposer.

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