Mardi 15 Octobre 2019  
 

N°123 - Troisième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Côte d'Ivoire
Suède
  Un partenariat entre la Suède et la France fondé sur des valeurs communes
 
  Un rapprochement porté par des intérêts stratégiques communs
 
  La Suède, un partenaire pionnier dans la lutte contre le changement climatique
 
  L’innovation au cœur des relations entre la France et la Suède
 
  400 ans de coopération militaire entre la Suède et la France
 
  « Nos entreprises pourraient mieux faire en Suède »
 
  Une économie européenne en pointe de la R&D
 
  Un partenariat engagé dans l’approfondissement de la coopération économique
 
  La CCSF : un pont entre les milieux d’affaires franco-suédois
 
  Energie : des proximités plaidant pour une coopération active
 
  L’âge d’or des relations culturelles franco-suédoises
 
  Une culture française très prisée en Suède
 
  Des relations d’amitié marquées par le sceau de l’Histoire
 
  Un soutien engagé à l’UNESCO et au système onusien
 
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     Suède
 

La Suède, un partenaire pionnier dans la lutte contre le changement climatique

Par Mme Angèle PRÉVILLE,
Sénatrice du Lot, Présidente déléguée pour la Suède du Groupe d’amitié France-Europe du Nord au Sénat

À la suite du dernier renouvellement du Sénat en octobre 2017, mes collègues m’ont fait l’honneur de me confier la présidence déléguée du Groupe d’amitié France-Suède. Membre de la Commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable, j’ai assisté à la 22ème Conférence internationale sur le climat (COP 22) et au One Planet Summit, où j’ai pu mesurer le degré d’implication d’une Suède à la pointe sur les grands enjeux de demain.
Si l’innovation implique la réalisation d’avancées majeures, notre voisin peut s’enorgueillir de son projet d’acier sans carbone dont l’impact sera retentissant pour l’industrie. Maillon de la chaîne de la construction, de la simple vis à la superstructure d’un pont, l’acier décarboné est une bonne nouvelle pour la planète et pour nous donc, une réelle chance.
Pionnière en matière de croissance durable dès les années 1990 avec l’instauration d’une taxe carbone incitative et progressive, la Suède est sans conteste un élève modèle et ambitieux de l’économie verte et de l’innovation en matière de politique environnementale. Notre voisin scandinave a été l’un des premiers pays de l’Union européenne à comprendre les enjeux climatiques et à s’engager dans des politiques tournées vers le développement durable. 
À la majorité, nos collègues ont récemment adopté le projet de politique climatique fixant comme objectif la neutralité carbone d’ici à 2045. Le gouvernement suédois devra préciser sa politique climatique et fixer des objectifs chiffrés aux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre. À l’heure de la décarbonation et des nouveaux enjeux posés par la question de la gestion des ressources, la Suède a su tirer son épingle du jeu. 
Les liens qui nous unissent sur ces questions sont forts et je me réjouis de la convergence de nos idées. Au plan bilatéral, la Suède est d’ailleurs un allié de poids : échanges interparlementaires, soutien et engagement de la ministre de l’Environnement Asa Romson à l’occasion de la COP21, signature à Goteborg en 2017 du partenariat franco-suèdois pour l’innovation et les solutions vertes.
La feuille de route de ce partenariat a fixé des thématiques prioritaires qui incluent les solutions vertes pour les transports, les énergies propres, les villes intelligentes ou encore la finance verte.
Dans le cadre de ce partenariat, le volet relatif aux transports a d’ores et déjà vu le jour avec un plan décennal 2018-2029 portant notamment sur le verdissement du fret routier. Le « platooning », un convoi routier automatisé fédérant acteurs du numérique et constructeurs automobiles ainsi que la construction de routes électrifiées sont prévus. Ces deux projets phares sont l’exemple même d’une politique durable et innovante d’un pays qui souhaite dès 2030 généraliser la circulation de véhicules n’utilisant plus de carburants fossiles.
Autre exemple de l’innovation suédoise, le quartier d’Hammarby Sjöstad, dont la construction a débuté dans les années 1990 et qui reste aujourd’hui un modèle de développement urbain autour d’innovations sociales et environnementales. La réflexion sur les villes intelligentes que nous devrons envisager pour faire face aux enjeux qui attendent nos grandes villes pourra s’inspirer de ces actions mises en œuvre autour du transport, de la gestion des déchets et du traitement des eaux usées. 
Enfin, je salue les projets d’investissements de la Suède dans le domaine hautement stratégique de l’énergie. Le projet Gigafactory de l’entreprise Northvolt sur les batteries électriques non polluantes permettrait de répondre à une demande croissante des sources d’énergie embarquée, ce qui, je l’espère, ne manquera pas d’être attractif pour nos constructeurs automobiles français. Ce projet bénéficiera d’un investissement total de 4 milliards d’euros d’ici à 2023. La production des batteries au lithium, dont la fabrication sera alimentée par l’hydroélectricité, avec une chaine de production flexible pour s’adapter à la demande en fera les batteries « les plus vertes » qui existent. Le coût de production pourrait être inférieur de 25 à 35% à celui observé actuellement sur le marché. Le projet inclut également le recyclage de ces batteries lithium, ce qui serait une première mondiale.
Le lien entre nos deux pays se développe. L’innovation sera un vecteur pour exporter des solutions qui répondent aux enjeux énergétiques et de croissance durable d’aujourd’hui et de demain.

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