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  Mardi 11 Décembre 2018  
 

Deuxième trimestre 2018

La lettre diplometque
  Éditorial
Émirats Arabes Unis
  Un partenariat stratégique privilégié dans la région du Golfe
 
  Les Émirats Arabes Unis : un enjeu prioritaire pour la diplomatie parlementaire
 
  Une coopération franco-émirienne essentielle
 
  « Le lien entre nos deux pays se développe dans toutes les dimensions »
 
  Les FFEAU : acteur majeur de la coopération militaire franco-émirienne
 
  L’espace : un domaine clé du partage d’expérience
 
  Union européenne-Émirats Arabes Unis : une coopération dynamique
 
  La diplomatie émirienne à l’épreuve de la crise du Qatar
 
  Un partenariat porté par une ambition culturelle commune
 
  Un partenariat gagnant-gagnant entre Sharjah et la France
 
  Une alliance internationale pour faire triompher la culture contre la barbarie
 
  Sorbonne Université : une chance pour la PSUAD
 
  L’Alliance Française, pilier historique de la francophonie aux Émirats
 
  Expo 2020 Dubai - « Connecter les Esprits, Construire le Futur »
 
  Expo 2020 Dubai : une participation française novatrice
 
  La France est de retour : l’exemple des Émirats Arabes Unis
 
  Une économie émirienne toujours aussi attractive
 
  BPIfrance : un acteur clé de la présence française aux Émirats
 
  Masdar et la France : 12 ans de collaboration
 
  Dubaï : hub incontournable pour les investisseurs français
 
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     Émirats Arabes Unis
 

Une alliance internationale pour faire triompher la culture contre la barbarie

Par Mme Bariza KHIARI,

Ancienne Vice-Présidente du Sénat français, Représentante de la France au sein du Conseil de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH) et Vice-Présidente de l’ALIPH

Créée en mars 2017, à l’initiative de la France et des Émirats Arabes Unis, dans le prolongement de la Conférence d’Abou Dhabi, l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH), a pour ambition de réparer les nombreux dommages occasionnés au patrimoine de l’humanité par Daesh. Cela devrait permettre aux populations de retrouver l’accès à la richesse de leur culture, à laquelle nous devons tant. Malheureusement, l’Histoire se répète, l’ampleur des pillages et exactions culturelles rappelle les autodafés sur le Vieux Continent.
Nous ne pouvons accepter, en quelque lieu que ce soit, l’idée de nier l’histoire collective et d’empêcher l’exercice personnel de la mémoire – sommet du totalitarisme – ce point culminant où le passé et les origines n’existent plus. Face à ce vandalisme culturel certains États ont décidé, à l’initiative de la France et des Émirats Arabes Unis, d’agir et de mettre leurs efforts en commun pour préserver, réhabiliter et former en créant l’ALIPH.
L’ ALIPH dispose d’ores et déjà d’un fonds bien doté, de statuts (fondation internationale de droit suisse), d’instances dirigeantes, d’un conseil scientifique et de locaux situés à Genève. Le Conseil de fondation est composé des États membres dont la France, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Luxembourg, le Maroc ; la Chine vient de rejoindre l’ALIPH et aussi des représentants des contributeurs privés comme M. Thomas Kaplan qui préside le Conseil de fondation d’ALIPH, Mme Mariët Westermann (États Unis) et M. Jean-Claude Gandur (Suisse).
Le Conseil scientifique de l’ALIPH est présidé par M. Jean-Luc Martinez, Président-Directeur général du Louvre entouré de sommités internationales en matière de patrimoine.
Grâce à sa structure agile, l’ALIPH entends choisir avant l’été ses premiers projets ambitieux suivant une large palette d’actions.
Tout d’abord réhabiliter. Dans ce cadre, il s’agit d’œuvrer à un projet anté-islamique : la réhabilitation du musée de Mossoul et à la mise en place d’une task-force composée de plusieurs musées (Metropolitan, Smithsonian, Musée du Louvre, Musée de Berlin, le Louvre Abou Dhabi…) serait formée en partenariat avec l’UNESCO. Ce projet aurait pour but de mener les actions urgentes et de définir dans un temps bref les étapes et les livrables de la réhabilitation du musée, ainsi que d’identifier précisément les financements nécessaires. La restauration par l’ALIPH du Musée de Mossoul se ferait en complémentarité du projet de reconstruction de la Mosquée El Nouri et de son minaret pour faire revivre« L’esprit de Mossoul ».
L’ ALIPH envisage également un projet commun aux différentes communautés : elle pourrait ainsi s’engager dans la réhabilitation d’un monastère en Irak fréquenté aussi bien par les chrétiens, les yézidis et les musulmans. Ce monastère est symbolique du patrimoine de cette région du monde qui est par essence multiculturel et pluri-religieux.
Enfin, un projet islamique : la reconstruction d’un mausolée détruit au Mali pourrait également être prévue. Ce mausolée, détruit parce qu’il témoignait d’un Islam spirituel ouvert aux autres, est un lieu de pèlerinage important pour les populations locales.
L’action de l’ALIPH viserait ensuite à préserver. À moyen terme, un mécanisme innovant sera mis en œuvre qui s’appuiera sur le principe d’universalité culturelle et sur la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954. Il sera adossé à un réseau de musées ou de villes refuges qui donneront « un droit d’asile » aux œuvres en péril. La Ville de Paris a déjà pris l’initiative en mettant à la disposition du patrimoine en danger un espace sécurisé.
En outre, l’ALIPH entend agir pour former. En lien avec les projets, une formation portant sur le patrimoine sera déjà proposée dès 2018. Toutes les formations liées à la digitalisation des œuvres, à l’inventaire, à la préservation, à l’archivage auront vocation à être programmées. L’ ALIPH va nouer des partenariats avec les structures qui auront pour but « la culture de paix ». Le processus de préservation et de réhabilitation du patrimoine peut concourir en tant qu’outil pédagogique, notamment à travers les technologies numériques, à former à la transmission aux générations futures, ce bien commun.
Retrouver, en les réhabilitant, les trésors de l’humanité détruits dans les zones de conflits : telle est la vocation d’ALIPH afin de permettre à nouveau la réappropriation collective de cet irremplaçable patrimoine à travers lequel l’humanité se donne à voir et à partager.

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