Jeudi 27 Juin 2019  
 

N°120 - Quatrième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Préfaces
Entretien exclusif
Diplomatie
Coopération Décentralisée
Innovation Scientifique
Économie
Culture
  Le meilleur de la culture japonaise pour célébrer 160 ans de relations diplomatiques
 
  « L’UNESCO est un élément clé de la coopération franco-japonaise »
 
  La culture au cœur de l’action de la France au Japon
 
  À Paris, une présence culturelle dynamique du Japon
 
  À Grez-sur-Loing, une tradition de rencontre des cultures françaises et japonaises
 
  Des légumes d’exception pour transmettre la créativité japonaise
 
  « Pour le bien-être et le bonheur de tous les hommes », un principe cher à la Fondation Ishibashi
 
  La Maison franco-japonaise : vecteur de la coopération culturelle et scientifique entre la France et le Japon
 
  Orienter la diplomatie culturelle franco-japonaise vers des échanges intellectuels fructueux
 
  Le japonais, une langue qui séduit de plus en plus les Français
 
  À Sapporo, la langue et la culture françaises attirent toujours davantage le public japonais
 
  Vers de nouveaux records pour les touristes français au Japon
 
 
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Le japonais, une langue qui séduit de plus en plus les Français

Par M. Christian GALAN,

Professeur des universités à l’Université de Toulouse Jean Jaurès,
Chargé d’une mission d’inspection générale pour l’enseignement de la langue japonaise

2017 a vu se tenir le premier concours du CAPES externe de japonais, et le deuxième aura lieu en 2018, 160 ans après le premier traité franco-japonais. Il était temps ! Près de 30 ans après la création de l’agrégation, l’ouverture de ce concours s’imposait afin de permettre de mieux répondre à la demande d’enseignants qualifiés pour cette langue. 
Depuis le milieu des années 1990, en effet, le japonais connaît un fort engouement chez les élèves des collèges et des lycées qui sont toujours plus nombreux à l’étudier et plus encore à vouloir l’étudier (sans toujours en trouver la possibilité). Il en va de même au niveau des universités, dans lesquelles la plupart des départements de japonais ont dû imposer ces dernières années des numerus clausus, faute de moyens suffisants pour accueillir l’ensemble des candidats apprenants. 
Conséquence évidente de la mondialisation et d’un intérêt grandissant du public pour les langues non-européennes, ce phénomène se double, dans le cas du Japon, d’un véritable attrait pour le pays lui-même, sa culture, son mode de vie – réels ou fantasmés. La langue japonaise est devenue aux yeux de beaucoup de jeunes Français – comme d’ailleurs de jeunes Européens en général – une langue « normale », c’est-à-dire une langue accessible et facilement utilisable à des fins diverses. 
D’après les chiffres les plus récents de la Fondation du Japon, la France comptait en 2015 20 875 apprenants ce qui place notre pays au premier rang des pays européens et au 15ème rang mondial. Le japonais est enseigné dans 222 institutions par 723 enseignants, tous types d’établissements et d’enseignants confondus. Rapporté à l’ensemble de la population, la France compte 32 apprenants de japonais pour 100 000 habitants, ce qui la place au 32ème rang mondial. Ces apprenants se répartissent de la manière suivante : 70 élèves de primaires, 4 924 collégiens et lycéens (3 940 en 2006), 10 719 étudiants dans le supérieur (8 451 en 2006) et 5 162 « autres » (associations, etc.). À chaque niveau, par ailleurs, de nombreux jeunes  qui souhaiteraient étudier cette langue ne le peuvent par manque de places ou absence d’offre locale.
Le décalage entre ce désir d’étudier le japonais et la faiblesse de l’offre explique l’afflux massif de ces élèves « frustrés de japonais » dans les cursus de licence de l’université, des cursus saturés, notamment en 1ère année. Le profil des étudiants dans le supérieur s’est ainsi considérablement diversifié tout au long des deux dernières décennies. Le poids des motivations à visée professionnelle est aujourd’hui moins important que celui des motivations liées à la connaissance de langue et de la culture japonaises elles-mêmes voire au simple désir d’« aller vivre au Japon ».
Devenue une « langue normale », le japonais n’en demeure pas moins une langue exigeante sur le plan de l’apprentissage, lequel demande un investissement et des efforts beaucoup plus importants et soutenus que les langues auxquelles ces étudiants ont été jusqu’ici habitués, notamment en termes d’heures d’étude et de travail personnel. Beaucoup d’entre eux sont donc surpris en arrivant à l’université et décrochent parfois très rapidement. S’ils avaient eu la possibilité d’étudier cette langue dans le secondaire à un rythme plus lent et dans le confort de classes moins chargées, nul doute qu’ils auraient pu en cerner avec plus de précision les exigences et les plaisirs. Leur choix de poursuivre ou non leur apprentissage dans le supérieur aurait alors été fait, comme pour les autres langues étudiées dans le secondaire, en connaissance de cause.
Continuer de développer cette langue dans le secondaire – en ouvrant son enseignement dans davantage d’établissements et en ayant plus d’enseignants recrutés sur concours – reste donc une priorité et une nécessité. Non pas, bien sûr, pour désengorger les universités, mais pour permettre à tous les collégiens et lycéens que cette langue attire de débuter son apprentissage dans le meilleur cadre possible et avec le plus de chances de réussite. L’expérience du terrain montre que ce sont eux qui, souvent, par leurs demandes, sont à l’origine de l’ouverture de cet enseignement dans leur établissement. Plusieurs lycées qui, à la demande des élèves, ont ces dernières années ouvert des cours de japonais sous forme d’atelier proposent aujourd’hui des offres complètes de LV3 ou LV2 menant au baccalauréat. Comme nous l’a dit un jour un proviseur : « il est assez rare que nos élèves manifestent leur désir d’apprendre quelque chose, aussi, quand c’est le cas, il ne faut pas hésiter ». 
Rendez-vous est donc pris pour le 170ème anniversaire de l’établissement des relations franco-japonaises !  

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