Jeudi 27 Juin 2019  
 

N°120 - Quatrième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Préfaces
Entretien exclusif
Diplomatie
Coopération Décentralisée
Innovation Scientifique
Économie
Culture
  Le meilleur de la culture japonaise pour célébrer 160 ans de relations diplomatiques
 
  « L’UNESCO est un élément clé de la coopération franco-japonaise »
 
  La culture au cœur de l’action de la France au Japon
 
  À Paris, une présence culturelle dynamique du Japon
 
  À Grez-sur-Loing, une tradition de rencontre des cultures françaises et japonaises
 
  Des légumes d’exception pour transmettre la créativité japonaise
 
  « Pour le bien-être et le bonheur de tous les hommes », un principe cher à la Fondation Ishibashi
 
  La Maison franco-japonaise : vecteur de la coopération culturelle et scientifique entre la France et le Japon
 
  Orienter la diplomatie culturelle franco-japonaise vers des échanges intellectuels fructueux
 
  Le japonais, une langue qui séduit de plus en plus les Français
 
  À Sapporo, la langue et la culture françaises attirent toujours davantage le public japonais
 
  Vers de nouveaux records pour les touristes français au Japon
 
 
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La Maison franco-japonaise : vecteur de la coopération culturelle et scientifique entre la France et le Japon

Par Mme Cécile SAKAI,
Directrice de l’Institut français de recherche sur le Japon (UMIFRE 19 MEAE-CNRS) à la Maison franco-japonaise, 
Professeure détachée de l’Université Paris Diderot

La Maison franco-japonaise (MFJ), ou Nichifutsu kaikan en japonais, est une structure historique de coopération franco-japonaise, fondée en 1924 par Paul Claudel, alors Ambassadeur de France au Japon, et Eiichi Shibusawa, figure majeure du monde industriel, francophile convaincu. La partie française est devenue en 1978 un Institut français de Recherche à l’Étranger (IFRE) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), et le dispositif de coopération fêtera en 2024 son centenaire. 
Ayant survécu aux épreuves du siècle passé, et évolué au gré des décisions politiques et des réformes administratives, la structure est aujourd’hui bipartite : d’un côté, la Fondation Maison franco-japonaise, fondation privée reconnue d’intérêt public par la nouvelle loi japonaise de 2010, dont le Président du Conseil d’administration est M. Norihiko Fukui, historien, ancien Président de l’Université Gakushûin. De l’autre côté, l’Institut français de recherche sur le Japon, devenu depuis 2007 UMIFRE (Unité mixte d’IFRE) sous la double tutelle du MEAE et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cette petite unité multidisciplinaire regroupe quatre à cinq spécialistes du Japon et de l’Asie, en sciences humaines et sociales, détachés de leurs universités. Les deux parties, japonaise et française, co-organisent un certain nombre de manifestations, conférences et colloques internationaux ; elles contribuent au Prix Shibusawa-Claudel, destiné à récompenser les meilleurs travaux japonais sur la France, et les meilleurs travaux français sur le Japon, dans une parfaite réciprocité qui illustre les idéaux de cette coopération qui a fêté sa 34ème édition en 2017 (avec les soutiens complémentaires de la Fondation Shibusawa, du journal Yomiuri et de l’Université Teikyo).
Le nouveau bâtiment, ouvert en 1995 à Ebisu, quartier de prestige, comprend un grand auditorium, une galerie d’exposition, une bibliothèque de plus de 50 000 ouvrages en sciences humaines et sociales, des bureaux et salles de séminaire dans les étages supérieurs. Les activités y sont fort nombreuses. Du côté français, l’on recense quelque 80 manifestations par an, la plupart en coopération avec des universités japonaises, ou avec l’Institut français, le Service culturel de l’Ambassade de France et des partenaires comme l’École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS) ou le CNRS. 
L’Institut français de recherche sur le Japon a d’abord pour mission la production et la transmission de connaissances toujours plus amples et précises du Japon, développant les réseaux scientifiques et encadrant un séminaire mensuel pour les doctorants francophones. Depuis 1993 est éditée une revue devenue  annuelle et numérique : Ebisu. Études japonaises. Le numéro 54 paru en décembre 2017 : « L’après-guerre des intellectuels japonais » sera suivi d’un numéro sur « La fabrique des villes japonaises contemporaines » (https://ebisu.revues.org/). L’Institut s’implique également dans la coopération intellectuelle entre la France et le Japon, contribuant aux débats d’idée. Ainsi,  au cours de l’année 2017, ont été accueillies des personnalités de premier plan, telles Hervé Le Bras, Gérard Noiriel, Antoine Compagnon, Mireille Delmas-Marty, Benoît Peeters, Gisèle Sapiro, mais aussi des spécialistes du Japon comme Pierre-François Souyri, François Lachaud ou Nicolas Fiévé. Les conférences attirent un public important, cultivé et francophile, souvent informé par les nombreuses traductions publiées en japonais.
La MFJ est un dispositif historique et original de coopération scientifique et culturelle au Japon, aux côtés des cinq antennes de l’Institut français, des quatre Alliances, de la Villa Kujoyama à Kyoto ; aux côtés aussi des 27 sociétés savantes franco-japonaises et de nombreuses associations régionales rattachées à la Fondation Maison franco-japonaise. Dans un monde bouleversé par la révolution numérique, la globalisation, les basculements géopolitiques, la MFJ œuvre pour la pluralité culturelle, pour la défense des langues et cultures locales – françaises comme japonaises.  En ce sens, elle répond aux défis des temps présents, pour une humanité dont la diversité est source de richesse.

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