Jeudi 27 Juin 2019  
 

N°120 - Quatrième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Préfaces
Entretien exclusif
Diplomatie
Coopération Décentralisée
Innovation Scientifique
Économie
Culture
  Le meilleur de la culture japonaise pour célébrer 160 ans de relations diplomatiques
 
  « L’UNESCO est un élément clé de la coopération franco-japonaise »
 
  La culture au cœur de l’action de la France au Japon
 
  À Paris, une présence culturelle dynamique du Japon
 
  À Grez-sur-Loing, une tradition de rencontre des cultures françaises et japonaises
 
  Des légumes d’exception pour transmettre la créativité japonaise
 
  « Pour le bien-être et le bonheur de tous les hommes », un principe cher à la Fondation Ishibashi
 
  La Maison franco-japonaise : vecteur de la coopération culturelle et scientifique entre la France et le Japon
 
  Orienter la diplomatie culturelle franco-japonaise vers des échanges intellectuels fructueux
 
  Le japonais, une langue qui séduit de plus en plus les Français
 
  À Sapporo, la langue et la culture françaises attirent toujours davantage le public japonais
 
  Vers de nouveaux records pour les touristes français au Japon
 
 
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Des légumes d’exception pour transmettre la créativité japonaise

Par M. Asafumi YAMASHITA,
Maraîcher

C’est depuis plus de 20 ans que je cultive des légumes japonais dans une petite ferme en banlieue parisienne.
Tout a commencé lorsque le chef d’un restaurant japonais m’a demandé de lui cultiver quelques légumes japonais, introuvables en France. Aujourd’hui, je livre chaque semaine mes légumes à seulement quatre grands noms de la gastronomie française. Mon choix de fournir des restaurants français plutôt que japonais suscite souvent la curiosité.
Lorsque l’on vit loin de son pays natal, on ressent de la nostalgie. Cultiver des légumes japonais en transmettant ce sentiment, les apporter aux restaurants japonais afin qu’ils puissent participer à la valorisation de la culture gastronomique japonaise est un acte pourvu de sens. Cependant, pour répondre à la bienveillance de la France qui m’a accepté dans son pays, j’ai songé qu’il pouvait y avoir d’autres recours. 
La taille de ma ferme limite la production des légumes. Certes réduite en terme de quantité, mais preuve d’une grande qualité, c’est au travers de mon partenariat avec les grands chefs que je souhaite « contribuer à l’évolution de la cuisine française ». J’ai pensé qu’ainsi il serait possible de toucher un plus grand nombre de personnes.
L’année 2018 est marquée par l’anniversaire des 160 ans d’institution des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Durant ces années d’amitié, le japonisme a frappé la France a plusieurs reprises. L’une des percées culturelles a été amené au travers de l’Ukiyoe influençant les peintures impressionnistes, l’autre étant le Kaiseki Ryori (repas raffiné de la cuisine japonaise) qui a guidé le phénomène de la Nouvelle Cuisine.
Je me dévoue à cultiver mes légumes en honorant « l’esprit de créateur » japonais. J’apprends que ces légumes, déclinés dans de nombreuses recettes raffinées par mes collaborateurs, sont très appréciés par les clients de leurs restaurants. C’est comme si j’écrivais des poèmes avec les messages reçus de la Terre, sur lesquels les chefs composent leur mélodie. Ils présentent ensuite la chanson élaborée à leurs clients venus au restaurant qui, à leur tour, commenceront à chanter l’air d’une voix joyeuse.
La France et le Japon sont tous deux des pays d’une grande richesse culturelle, rayonnant à l’échelle mondiale. Les précédents phénomènes de japonisme en France, l’Ukiyoe et le Kaiseki Ryori, ont été source d’inspiration de par leur caractère tangible. Je soupçonne que le prochain mouvement de japonisme sera plus implicite ; il sera le fruit d’un échange de cœur à cœur entre ces deux pays, l’évolution vers une nouvelle culture, un mélange hybride qui s’amorce lorsque deux cultures, très différentes, tentent réciproquement de se comprendre. 
En tant que Japonais vivant en France, mon objectif à travers la culture des légumes japonais est, d’une part, de contribuer à l’évolution de la cuisine française et de l’autre, d’apporter de la joie aux personnes dans leurs assiettes.
Dans une situation dans laquelle les politiques internationales sont troublées, le chemin que j’emprunte pour apporter du bonheur à beaucoup de personnes en France ne semble, certes, pas le plus direct ni le plus court. Au même moment, il apparaît comme un moyen sûr pour assurer l’évolution de l’amitié franco-nippone et par conséquent, je suppose, garantir la sécurité de mon pays natal.

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