Vendredi 19 Juillet 2019  
 

N°120 - Quatrième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Préfaces
Entretien exclusif
Diplomatie
Coopération Décentralisée
Innovation Scientifique
Économie
Culture
  Le meilleur de la culture japonaise pour célébrer 160 ans de relations diplomatiques
 
  « L’UNESCO est un élément clé de la coopération franco-japonaise »
 
  La culture au cœur de l’action de la France au Japon
 
  À Paris, une présence culturelle dynamique du Japon
 
  À Grez-sur-Loing, une tradition de rencontre des cultures françaises et japonaises
 
  Des légumes d’exception pour transmettre la créativité japonaise
 
  « Pour le bien-être et le bonheur de tous les hommes », un principe cher à la Fondation Ishibashi
 
  La Maison franco-japonaise : vecteur de la coopération culturelle et scientifique entre la France et le Japon
 
  Orienter la diplomatie culturelle franco-japonaise vers des échanges intellectuels fructueux
 
  Le japonais, une langue qui séduit de plus en plus les Français
 
  À Sapporo, la langue et la culture françaises attirent toujours davantage le public japonais
 
  Vers de nouveaux records pour les touristes français au Japon
 
 
La lettre diplometque
La lettre diplomatique Haut
     Culture
 

À Grez-sur-Loing, une tradition de rencontre des cultures françaises et japonaises

Par Mme Emiko MOINE-MAEDA,
Conférencière

Situé à une heure au sud de Paris, en bordure de la forêt de Fontainebleau, le village de Grez-sur-Loing est connu au Japon comme le lieu où a vécu Seiki Kuroda, précurseur dans son pays de la peinture de style occidental. De juillet 1890 à décembre 1892, c’est sur les bords du Loing qu’il rencontre le calme propice à la création. Il découvre le village avec les étudiants anglais et américains de l’atelier de Raphaël Colin. 
Son tableau le plus emblématique, La Lecture, a pris comme modèle une villageoise installée à la fenêtre de l’hôtel Chevillon où il résidait. Une communauté artistique anglaise, américaine et suédoise y apportait une ambiance festive très appréciée du jeune Kuroda. Aujourd’hui, l’hôtel est la propriété d’une fondation culturelle suédoise qui perpétue la tradition d’accueil des artistes en résidence.
Grez-sur-Loing, village d’artistes étrangers, est moins connu du public français, et pourtant, on assiste récemment à un renouveau de ses activités culturelles. Tout a commencé en 2000 avec une exposition itinérante au Japon dans cinq villes, intitulée The Painters in Grez-sur-Loing, où était illustrée l’histoire de Kuroda, Asaï Chu et Kume Keiichiro, mais aussi de Francis Chadwick et Jelka Rosen, ou encore de Carl Larsson et d’autres peintres anglais, suédois et américains. 
C’est alors qu’est venue l’idée de la création d’une rue dans le village au nom du plus célèbre d’entre eux, du point de vue japonais : Seiki Kuroda. Elle fut inaugurée le 7 octobre 2001, la première et seule à ce jour en France au nom d’un peintre japonais ! L’événement fut repris par les médias diffusant la photo de M. Ogura, alors Ambassadeur du Japon en France et de son épouse, ainsi que de Mme Kuroda, nièce de l’artiste, et de ses deux arrières-petites nièces.
Le rapprochement culturel franco-japonais était relancé à Grez-sur-Loing, et il s’en est suivi une série d’évènements d’envergure qui ont attiré un public aussi bien local que parisien : une exposition d’art et d’artisanat japonais en juin 2010, accompagnée d’une démonstration de tambours Taiko, une exposition de peintres japonais contemporains résidant en France en octobre 2014, en présence de S.E.M. Suzuki, ancien Ambassadeur du Japon en France, un colloque international en novembre 2016 auquel ont participé des intervenants anglais, américains, suédois et, bien sûr, japonais.
Mais l’événement qui s’inscrit le plus dans le temps est la venue chaque année du lauréat du Grand Prix de Paris, boursier de la Préfecture de Kagoshima, dont était originaire Kuroda. Le plus souvent un peintre, mais il peut s’agir d’un sculpteur, se voit attribuer un séjour d’un an à Paris où il s’imprègne de la culture occidentale par des visites d’expositions, de musées, de sites historiques ou encore de cours de peinture. Il vient également séjourner à Grez-sur-Loing, à l’hôtel Chevillon où a vécu Kuroda. 
L’expérience a prouvé que s’opère une véritable transformation pour chacun d’entre eux : dans leur style de peinture, il y a un avant et un après Grez-sur-Loing ! Est-ce la tranquillité des lieux, la limpidité du cours d’eau, ou la lumière apaisante ? Tout comme dans le célèbre paravent d’Ogata Korin, la rivière est le symbole d’un temps à la fois présent et toujours renouvelé.      
Le paysage n’a pratiquement pas changé depuis l’époque de Kuroda, grâce aux efforts de la municipalité. On trouve dans le village les ruines d’un château des rois de France, ainsi que le pont sur le Loing, qui date du 12ème siècle. Grez s’est vu décerné en 2017 le titre de village de caractère. L’accueil des villageois et l’activité des associations culturelles y participent grandement. 
Le pont entre la France et le Japon, c’est celui de Grez ! À l’issue de leur séjour, les artistes laissent à la Mairie, en signe d’amitié, un de leurs tableaux exécuté sur place, si bien qu’au fil des ans, une véritable collection s’est constituée. S’ajoutant à celle de leurs prédécesseurs du siècle passé, elle a maintenant suffisamment de valeur pour faire l’objet d’une prochaine exposition dans le cadre des manifestations Japonismes 2018 patronnées par l’Ambassade du Japon en France. Elle s’intitulera « Peintres japonais du 21ème siècle à Grez-sur-Loing – sur les traces de Kuroda Seiki ».   
Par ailleurs, des lycéens de Kagoshima, élèves de la section des Beaux-Arts du lycée Shoyo Koko, sont venus à Grez en 2011, 2015 et 2017. Ils ont laissé 120 tableaux à la Mairie qui constituent un fonds artistique, avenir des relations culturelles franco-japonaises à Grez-sur-Loing.

Retour en haut de page
 
 

 
La lettre diplomatique Bas
  Présentation - Derniers Numéros - Archives - Nos Liens - Contacts - Mentions Légales