Mardi 15 Octobre 2019  
 

N°118 - Deuxième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Éditorial
Arménie
 
 
  25 ans de relations diplomatiques fondés sur des liens d’amitié historiques et sincères
 
  Une relation dense qui s’appuie sur une histoire ancienne
 
  « La France doit être aux côtés de l’Arménie »
 
  En route pour le Sommet de la Francophonie en Arménie
 
  France-Arménie : un partenariat solide sur la scène internationale
 
  Le Conseil de l’Europe : une organisation clé pour la politique étrangère arménienne
 
  La DFA : un acteur incontournable de l’économie arménienne
 
  Les nouvelles promesses de l’économie arménienne
 
  Un jumelage européen exemplaire entre la France et l’Arménie
 
  25 ans d’appartenance à l’UNESCO
 
  « L’UFAR s’est fixé un projet stratégique ambitieux pour les 10 prochaines années »
 
  La mission archéologique Caucase : œuvrer à une meilleure connaissance de la préhistoire de l’Arménie et de la région
 
  Contribuer à la diffusion de la culture et des valeurs françaises et francophones
 
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La mission archéologique Caucase : œuvrer à une meilleure connaissance de la préhistoire de l’Arménie et de la région

Par Mme Bérengère PERELLO*,
Responsable de la Mission Caucase du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères,
Co-Directrice du LIA NHASA France-Arménie

La Mission archéologique « Caucase » du Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a pour objectif l’étude des cultures qui se sont développées sur le territoire arménien du Néolithique à la fin de l’Âge du Bronze (VIIème-IIème millénaires avant notre ère). Alors que ce programme fête cette année ses 20 ans d’existence, nous réalisons le chemin parcouru et l’apport majeur des travaux de la mission pour la connaissance de la Préhistoire du Petit Caucase. 
Nos recherches ont permis de découvrir plusieurs sites témoignant de cultures inconnues jusqu’alors : le Néolithique récent d’Aratashen et d’Aknashen (plaine de l’Ararat), les variantes Chalcolithiques de Tsaghkahovit (nord de l’Aragats), Getahovit (vallée de l’Aghstev) et Godedzor (sud-est du Petit Caucase), le Bronze Moyen d’Arteni (ouest de l’Aragats). L’originalité et la richesse de notre démarche repose sur une approche diachronique et synchronique, en travaillant sur des sites établis en différentes parties du territoire du Petit Caucase et présentant des périodes d’occupations distinctes. 
L’Arménie étant une zone de convergence et d’échanges pour des influences venues du nord (bassin de la Kura et rives de la mer Noire), de l’est (rives de la mer Caspienne et monde iranien), du sud (bassin du Tigre et Mésopotamie) et de l’ouest (hautes terres d’Anatolie orientale), la mission vise également à mieux comprendre les interactions qui ont pu exister au cours de la Préhistoire entre le territoire arménien et les régions qui l’entourent. Ces régions partagent de nombreuses caractéristiques dans les domaines de la géologie, du climat et de l’environnement, mais aussi dans la relative abondance de certaines matières premières (cuivre, obsidienne, etc). L’étude de la circulation de l’obsidienne a ainsi permis de mettre en évidence les relations, qui ont existé entre le Caucase et les mondes Anatolien et Iranien, et de mieux comprendre leurs interactions sur les plans économiques et culturels. Cette approche transfrontalière souligne l’importance du rôle de l’archéologie française à l’étranger, véritable « trait d’union » entre les pays sur les plans scientifique et humain.
Enfin, nos travaux cherchent également à reconstituer l’évolution de l’environnement tout au long de l’Holocène et l’étude de ses conséquences sur l’occupation humaine. En 2015, reconnaissant l’importance des relations scientifiques établies entre la mission « Caucase » et les partenaires arméniens, le CNRS a créé un Laboratoire International Associé France-Arménie appelé NHASA – Natural Hazards and Adaptation Strategies in Armenia, from 10 000 BC onwards (En français, Risques environnementaux et stratégies d’adaptation en Arménie, de 10 000 BC à aujourd’hui, avec pour responsables C. Chataigner, P.  Lombard et moi-même, côté français et A. Karakhanyan et R. Badalyan, coté arménien). Les recherches menées dans le cadre du LIA, bénéficient d’un financement équivalent de la part des organismes de tutelle, le CNRS pour la France et le State Committee of Science pour l’Arménie. Le LIA NHASA permet d’approfondir le volet paléoenvironnemental de nos travaux. Grâce à une approche interdisciplinaire, l’équipe cherche à évaluer les influences respectives du climat, des perturbations naturelles et de l’activité humaine sur l’évolution des paysages et de la biodiversité. Cette reconstitution du passé pourra servir de base pour appréhender l’évolution actuelle de l’environnement dans le cadre des changements climatiques globaux.
Enfin, la mission s’attache également à contribuer à la sauvegarde du patrimoine arménien et au développement de la recherche archéologique dans ce pays, notamment par la formation des jeunes chercheurs arméniens aux disciplines les plus pointues (archéozoologie, palynologie, géomatique, etc). 
Les travaux de la Mission archéologique « Caucase » et du LIA « NHASA » reposent sur une collaboration étroite avec les Instituts d’archéologie et de géologie d’Erevan, et regroupent une équipe internationale et interdisciplinaire (archéologue, géographe, géoarchéologue, anthropologue, archéozoologue, palynologie, archéobotaniste, géologue, sismologue, géomorphologue, etc.). En 2016, l’équipe était constituée de 32 chercheurs statutaires (12 français, 12 arméniens, 4 géorgiens, 4 de pays tiers), 11 post-doctorants et doctorants (6 français, 5 arméniens) et 11 étudiants (5 français, 6 arméniens).
Pour diffuser les résultats de ses recherches, la Mission Caucase mène une politique très active de publication avec des articles co-signés par des membres français et arméniens de la mission. Certains de ces articles sont destinés à la communauté scientifique, d’autres à un plus large public. Les membres de la mission participent également à de nombreux colloques et tables rondes, en France et à l’étranger, destinés à valoriser les résultats inédits de nos travaux.  

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