Samedi 25 Mai 2019  
 

N°118 - Deuxième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Éditorial
Arménie
 
 
  25 ans de relations diplomatiques fondés sur des liens d’amitié historiques et sincères
 
  Une relation dense qui s’appuie sur une histoire ancienne
 
  « La France doit être aux côtés de l’Arménie »
 
  En route pour le Sommet de la Francophonie en Arménie
 
  France-Arménie : un partenariat solide sur la scène internationale
 
  Le Conseil de l’Europe : une organisation clé pour la politique étrangère arménienne
 
  La DFA : un acteur incontournable de l’économie arménienne
 
  Les nouvelles promesses de l’économie arménienne
 
  Un jumelage européen exemplaire entre la France et l’Arménie
 
  25 ans d’appartenance à l’UNESCO
 
  « L’UFAR s’est fixé un projet stratégique ambitieux pour les 10 prochaines années »
 
  La mission archéologique Caucase : œuvrer à une meilleure connaissance de la préhistoire de l’Arménie et de la région
 
  Contribuer à la diffusion de la culture et des valeurs françaises et francophones
 
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Économie
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Défense
Protocole
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     Arménie
 

Les nouvelles promesses de l’économie arménienne

Après la célébration de ses 25 ans d’indépendance en 2016, la République d’Arménie concrétise en 2017 un tournant de son histoire politique, avec la transition vers un régime parlementaire. Un bouleversement qui s’accompagne également d’un nouvel élan d’ouverture économique avec le lancement de réformes dans les domaines fiscal et douanier. Autant de nouvelles perspectives pour les investisseurs cherchant à entrer dans ce marché clé qui cherche à s’affirmer comme une porte d’entrée sur les économies de la région, à commencer par celle de la Russie et de l’Iran.

À l’occasion de la célébration du 25ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques franco-arméniennes, le Président Serge Sargsyan a effectué le 8 mars 2017 une visite officielle en France. Coïncidence, c’était la 25ème d’un chef d’État arménien dans l’Hexagone. Un déplacement marqué par une forte dimension économique avec la tenue d’une rencontre de travail au siège du MEDEF.
« Nous voulons que les capitaux français accroissent leur part dans notre pays et nous sommes prêts à fournir des conditions d’investissement favorables aux entreprises françaises » a alors déclaré le chef de l’État arménien.
Comme pour donner du sens à ce souhait, le groupe Schneider Electric a signé à l’issue de cette réunion, un accord de coopération avec le groupe Tashir Group et la compagnie nationale Electric Network of Armenia (ENA). L’objectif est de mettre en place une unité de production conjointe de boucliers de faible voltage, qui sont appelés à remplacer l’équipement soviétique obsolète datant des années 1950-60. En février 2017, Schneider avait signé avec la NPUA un protocole d’entente afin d’ouvrir un laboratoire et un centre de compétences destiné à la formation du personnel de l’Electric Network of Armenia (ENA). Ce dernier a été inauguré le 5 juin 2017, en partenariat avec le groupe Tashir, à l’Université nationale polytechnique d’Arménie (NPUA). Schneider Electric a contribué à hauteur de 50 000 euros à la création de ce laboratoire. Une douzaine d’étudiants et de jeunes scientifiques auront également l’occasion de développer leurs compétences et d’apprivoiser les dernières technologies en matière d’énergie, d’électricité et d’industrie de l’automatisation.
Enclavé au cœur du Caucase, l’Arménie attire pourtant encore trop peu les investisseurs français. Avec des exportations atteignant 35,6 millions d’euros en 2016, la France est encore un fournisseur secondaire de l’Arménie (2% de part de marché en 2015). Celles-ci sont composées pour l’essentiel de produits industriels et de biens d’équipements. Pour ce qui est des ventes arméniennes à la France, elles concernent moins de 0,5% des exportations du pays. En matière d’investissements directs, l’hexagone figure au deuxième rang des investisseurs étrangers. Mais très loin de la Russie, son principal partenaire économique.
En dépit de la modeste taille du pays, qui ne compte que 3 millions d’habitants, le potentiel des synergies économiques franco-arméniennes ne manque pas. L’un de leur porte-drapeaux reste encore aujourd’hui le groupe Pernod-Ricard qui a acquis en 1998 la Yerevan Brandy Company, vénérable société de 130 ans aujourd’hui productrice de la célèbre marque de cognac arménien ArArat.
D’autres entreprises françaises ont su se forger des positions non négligeables sur le marché arménien. Cinq ans après son implantation en Arménie, via sa filiale Veolia Djur, le groupe Veolia a, par exemple, signé en novembre 2016 un contrat pour gérer l’ensemble des services d’alimentation en eau potable et d’assainissement des eaux usées en Arménie. Un contrat d’envergure remporté à l’issue d’un appel d’offre international. D’un montant de 800 millions d’euros sur quinze ans, il est financé par de multiples organisations internationales dont la Banque européenne pour la Reconstruction et Développement (BERD) ou la Banque européenne d’investissement (BEI). À son terme, 174 millions de m3 d’eau potable seront fournis chaque année à l’ensemble de la population arménienne. Avec ce nouveau contrat, Veolia deviendra l’un des principaux employeurs du pays. Il remplace d’autres acteurs du secteur comme le groupe français Saur.
De nouveaux secteurs d’activités commencent à s’affirmer comme prometteurs pour les investisseurs français sur le marché arménien. Alors que le groupe Orange décidait de céder sa filiale arménienne de téléphonie mobile, le groupe Carrefour faisait la même année, en 2015, le pari de la grande distribution à Erevan en inaugurant un premier magasin. Le Président Serge Sargsyan n’avait pas hésité à venir participer à l’inauguration de cet établissement. Dans la filière pharmaceutique, le laboratoire français Anios a inauguré le 28 mars 2017 une ligne de production en présence du Ministre arménien de la Santé, M. Levon Altunyan. Il collabore dans ce cadre avec le groupe arménien Pharmatech, dans la zone franche d’Erevan. Entreprise lilloise, Anios est spécialisé dans la prodution de nettoyants désinfectants destinés au secteur médical et industriel. La médecine constitue d’ailleurs un domaine de coopération de plus en plus prometteur pour la France et l’Arménie. Alors que les Journées françaises de la Santé se sont tenues à Erevan du 6 au 8 juillet 2017, Sanofi poursuit son partenariat avec le Ministère arménien de la Santé et l’Association mondiale de psychiatrie. Cette nouvelle phase de 3 ans vise à la formation de quelque 600 spécialistes de premier secours et de 180 spécialistes de la santé mentale. 
Si les expériences respectives d’Orange et de Carrefour laissent penser que le marché arménien n’est pas exempt de difficultés, les progrès accomplis par le pays en matière de climat des affaires sont toutefois bien réels. Après une année 2016 plutôt terne de ce point de vue, 2017 s’annonce d’ores et déjà prometteuse. Selon le Ministre arménien du Développement économique et des Investissement, M. Suren Karayan, des investissements d’un montant de 850 millions de dollars sont attendus. L’Arménie joue à cet égard de plus en plus la carte de l’accès qu’elle ouvre sur des marchés autrement plus vastes, à savoir ceux de l’Union économique eurasiatique (UEE) et de l’Iran. Des débouchés qu’envisagent d’ailleurs les groupes Schneider et Anios dans leurs stratégies d’investissement en Arménie. CH

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