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  Mercredi 21 Novembre 2018  
 

Deuxième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Éditorial
Arménie
 
 
  25 ans de relations diplomatiques fondés sur des liens d’amitié historiques et sincères
 
  Une relation dense qui s’appuie sur une histoire ancienne
 
  « La France doit être aux côtés de l’Arménie »
 
  En route pour le Sommet de la Francophonie en Arménie
 
  France-Arménie : un partenariat solide sur la scène internationale
 
  Le Conseil de l’Europe : une organisation clé pour la politique étrangère arménienne
 
  La DFA : un acteur incontournable de l’économie arménienne
 
  Les nouvelles promesses de l’économie arménienne
 
  Un jumelage européen exemplaire entre la France et l’Arménie
 
  25 ans d’appartenance à l’UNESCO
 
  « L’UFAR s’est fixé un projet stratégique ambitieux pour les 10 prochaines années »
 
  La mission archéologique Caucase : œuvrer à une meilleure connaissance de la préhistoire de l’Arménie et de la région
 
  Contribuer à la diffusion de la culture et des valeurs françaises et francophones
 
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     Arménie
 

En route pour le Sommet de la Francophonie en Arménie

Par S.E.M. Christian TER STEPANIAN,
Ambassadeur, Représentant personnel du Président de la République d’Arménie auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

Le 27 novembre 2016, les chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, réunis à Antananarivo (Madagascar), désignaient l’Arménie comme pays hôte du XVIIème sommet de la Francophonie, qui se tiendra en 2018.
C’est la première fois que la plus haute instance de la Francophonie se reunira en Arménie ; il est vrai que son appartenance à la Francophonie est relativement récente. Elle a, en effet, rejoint l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en tant qu’observateur en 2003, avant de devenir membre associé en 2008, puis membre de plein droit en 2012 lors du sommet de Kinshasa. L’ Arménie est devenue aujourd’hui l’un des membres actifs de la Francophonie.

La francophilie, puissant levier du développement de la francophonie arménienne 
Plusieurs raisons viennent expliquer l’appartenance de l’Arménie à la Francophonie, et son engagement résolu au service de ses idéaux. 
Il y a, tout d’abord, le partage des valeurs fondamentales portées par la Francophonie, cet attachement profond de l’Arménie aux valeurs de paix, de démocratie, de respect des libertés et des droits de l’homme, de la diversité culturelle et linguistique, que l’OIF s’emploie à promouvoir dans l’espace francophone. Ces valeurs constituent le socle commun qui réunit les États et gouvernements membres de la Francophonie, par delà leurs différences, et marquent une adhésion à un modèle de société démocratique.
L’attractivité qu’exerce la Francophonie en tant qu’espace de dialogue, de coopération et d’échanges a certainement constitué un autre facteur important. 
L’élargissement de la famille francophone à un nombre toujours croissant de pays appartenant aux cinq continents et à des cultures si différentes démontre bien la force d’attraction de la Francophonie ; il atteste également de la place essentielle qu’elle occupe sur la scène internationale et le crédit dont elle dispose en tant qu’organisation attachée au multilatéralisme et à la coopération internationale.
La Francophonie incarne, en outre, cet espace de solidarité et de tolérance, riche de ses diversités culturelles et linguistiques, qui a su placer l’éducation, la lutte contre les inégalités et les changements climatiques au rang de ses priorités. 
L’ Arménie, située à un carrefour de civilisations, attache aussi de l’importance au rôle joué par la Francophonie dans la promotion du dialogue entre les cultures, sa capacité à s’engager au service du vivre ensemble. Son appartenance à la Francophonie a été d’emblée considérée comme une opportunité d’ouverture sur le monde, une chance de nouer de nouvelles coopérations avec des pays avec lesquels elle entretenait peu ou pas de relations.
Enfin, l’existence d’une francophilie largement répandue dans la société arménienne a joué un rôle déterminant dans le rapprochement de l’Arménie avec la Francophonie ; cette francophilie a été un puissant levier à partir duquel s’est développée la Francophonie en Arménie.
Les sentiments de proximité avec la France, ce fort attachement pour la culture et la civilisation française, s’expliquent par l’existence de relations franco-arméniennes fortes, tissées tout au long de l’histoire.
La francophonie dans la République d’Arménie se nourrit aussi du haut niveau de relations existant entre notre pays et la France ; la qualité du dialogue politique, des échanges dans les domaines économique, culturel et scientifique, aussi bien que la richesse de la coopération décentralisée et parlementaire, ont favorisé l’établissement de liens étroits entre les deux pays.
Il est vrai que la présence au sein de la Francophonie de pays, tels que la Belgique, le Canada, Chypre, la Grèce, le Liban, l’Egypte, pour ne citer que ceux-ci, avec lesquels l’Arménie entretient des relations d’amitié et de coopération anciennes n’a fait que conforter cet environnement favorable pour l’essor de la Francophonie en Arménie.

Un engagement francophone qui a valeur d’exemple
L’ Arménie compte parmi les jeunes membres de la Francophonie – elle célébrera les 10 ans de son adhésion à l’OIF en 2018 – ; pourtant, son engagement francophone a certainement valeur d’exemple pour le développement de la Francophonie dans des régions du monde ou celle-ci doit ambitionner de s’affirmer plus fortement encore.
Les autorités arméniennes ont su démontrer leur volonté d’inscrire durablement la francophonie dans le pays.
De fait, d’importantes initiatives ont été prises ces dernières années, au premier rang desquelles la signature en 2012 d’un Pacte linguistique entre l’Arménie et la Francophonie, renouvelé pour une nouvelle période de trois ans en 2016.
Un premier bilan effectué a mis en relief les progrès enregistrés dans les domaines de l’apprentissage du français dans le système scolaire et du développement d’un environnement culturel francophone dans le pays.
La promotion de la diversité linguistique a servi de fondement à la politique linguistique éducative du Ministère de l’Éducation et de la Science d’Arménie. Cela s’est traduit par l’introduction de la troisième langue étrangère optionnelle dans les établissements scolaires arméniens, qui, dans le contexte de l’enseignement des langues étrangères en Arménie, a bénéficié à l’enseignement du français ; entre 2012 et 2015, l’introduction du français a concerné 8 villes et 18 établissements scolaires ; par cette mesure, le nombre des apprenants de français dans les écoles publiques a connu une forte augmentation durant cette période (+ 14,3%). Il a été, par ailleurs, mis en place un réseau d’établissements promouvant un programme de français renforcé, avec pour objectif de disposer, à terme, de pôles de référence spécialisés dans l’enseignement du français.
Tous ces efforts déployés en faveur de la diffusion de l’enseignement du français se sont accompagnés d’actions pour la formation des enseignants arméniens de français, en étroite coopération avec l’OIF. Pour la seule période de 2012 à 2015, plus de 350 professeurs arméniens ont pu participer à des formations nationales ou régionales.
Il en est, de même, des activités menées conjointement par le Ministère des Affaires étrangères d’Arménie et l’OIF visant au renforcement des capacités d’expression en français des fonctionnaires et diplomates arméniens ; depuis 2009, environ 70 fonctionnaires arméniens bénéficient, chaque année, de formations au français.
La coopération universitaire francophone s’est également trouvée renforcée grâce aux relations étroites établies entre les universités arméniennes et l’Agence universitaire de la Francophonie qui, à travers la Campus numérique francophone, dispose d’une représentation officielle en Arménie. Le développement de la coopération entre le Ministère de l’Éducation et de la Science d’Arménie et l’Agence universitaire de la Francophonie a abouti à la signature, au mois de juillet 2016, d’un mémorandum d’entente pour la mise en place de projets scientifiques et universitaires conjoints.
La présence de l’Université française en Arménie (UFAR), qui compte plus de 1 000 étudiants, contribue au rayonnement de la Francophonie en Arménie et dans toute la région ; unie par un partenariat avec l’Université Jean Moulin Lyon 3, elle délivre des doubles diplômes nationaux conformes aux normes européennes. Spécialisée dans le droit, le commerce et la gestion, l’UFAR contribue à la formation d’élites francophones et fournit un bon nombre de cadres spécialisés francophones aux entreprises et institutions arméniennes. 
Au plan de l’environnement francophone, la célébration de la Journée internationale de la Francophonie en Arménie donne lieu, depuis maintenant une dizaine d’années, à l’organisation de la « Saison de la Francophonie » ; il s’agit là d’un évènement exceptionnel, s’étalant sur une période de deux mois, qui voit, chaque année, se dérouler des centaines de manifestations culturelles et éducatives francophones.
La vision de la réalité de la Francophonie en Arménie serait incomplète si n’était pas mentionnée la place tenue par l’Assemblée nationale et les collectivités locales arméniennes, qui se sont fortement impliquées pour intégrer la dimension francophone dans leurs activités et approfondir leurs relations avec leur partenaire institutionnel.

Une présence institutionnelle active
Depuis son adhésion à l’OIF, l’Arménie a eu à cœur de s’investir pleinement dans les travaux des instances de la Francophonie, participant activement à ses activités. 
Cette forte implication s’est également traduite dans les activités du Réseau des correspondants nationaux de la Francophonie en Europe centrale et orientale dont elle a assuré durant deux ans la Présidence. 
Animée par la volonté de faire rayonner la Francophonie dans une partie du monde ou celle-ci est peu présente, l’Arménie a organisé avec succès la 31ème session de la Conférence ministérielle de la Francophonie en octobre 2015. 
La présence de la Secrétaire générale de la Francophonie, Mme Michaelle Jean, et d’un grand nombre de délégations des Etats et gouvernements membres de la Francophonie, représentées à un niveau ministériel, ont permis de donner tout son éclat à cette réunion dont la cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Président de la République d’Arménie, M. Serge Sargsyan. 
Ce fut de ce point de vue une expérience réussie qui contribua à accroître la visibilité de la Francophonie dans notre région.
Elle fut également réussie au plan du contenu ; outre l’examen des questions relatives à l’agenda politique de la Francophonie, l’Arménie avait souhaité mettre à l’ordre du jour de la Conférence des thématiques auxquelles elle attache de l’importance, telles que la prévention du génocide,  la Francophonie, espace de paix, de tolérance, de diversité, de dialogue et de compréhension mutuelle, ainsi que les enjeux de la 21ème Conférence des parties sur les changements climatiques ; des résolutions sur ces thèmes furent ainsi adoptées par les ministres.
L’Arménie s’est aussi employée à promouvoir les travaux d’autres institutions de la Francophonie en accueillant notamment à Erevan la 31ème Assemblée générale de l’Association internationale des Maires Francophones en 2011 et la Conférence des présidents de la région Europe de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie en 2015.

Un Sommet tant attendu
La candidature de l’Arménie à l’organisation du XVIIème Sommet de la Francophonie en 2018 s’inscrit dans la continuité de son engagement au service de la Francophonie ; le choix d’Erevan pour l’organisation de ce sommet a constitué la marque d’une reconnaissance de cet engagement et une manifestation de la confiance témoignée envers notre pays ; par cette décision, les chefs d’États et de gouvernement de la Francophonie ont également voulu conforter la présence de la Francophonie dans notre région.
D’ores et déjà, les travaux préparatoires de ce Sommet ont commencé ; une commission interministérielle présidée par le Premier ministre de la République d’Arménie a été instituée par décret présidentiel, en vue de l’organisation du XVIIème sommet ; sa mission principale sera de coordonner les préparatifs du sommet et de réunir toutes les conditions en vue d’en assurer le succès ; elle aura aussi à planifier toutes les manifestations à caractère culturel, économique, éducatif, qui ne manqueront pas d’être organisées en marge du sommet.
En ce qui concerne les thématiques du XVIIe Sommet, l’usage veut que chaque Sommet inscrive sa réflexion dans le prolongement des Sommets qui ont précédé, de façon à maintenir une continuité dans l’action de l’Organisation. Sur ce point, une réflexion a été engagée ; nul doute que les thématiques porteuses de la Francophonie, telles que le développement durable, l’innovation numérique et les nouvelles technologies, la diversité culturelle, la francophonie économique, les questions liées à la jeunesse, figureront en bonne place dans l’ordre du jour du Sommet d’Erevan. La présentation de la thématique principale et des priorités du Sommet d’Erevan sera faite lors de la prochaine Conférence ministérielle de la Francophonie qui aura lieu les 25 et 26 novembre 2017 à Lomé (Togo). 
Nous savons aussi que la période qui va précéder l’organisation du Sommet d’Erevan sera propice pour la consolidation de nos liens de coopération avec l’OIF. Le domaine de l’apprentissage du français sera particulièrement concerné ; un mémorandum sur la coopération éducative concernant notamment la formation des enseignants arméniens de français sera signé prochainement ; l’Arménie organisera également en octobre 2017 la 3ème édition des Olympiades internationales de la langue française. Des initiatives spécifiques seront aussi prises dans les domaines de la culture et de la jeunesse.
Nous croyons que la force de la coopération entre l’Arménie et l’O.I.F. réside dans cette volonté réciproque de porter au plus haut niveau notre partenariat et sommes convaincus que cette phase préparatoire au Sommet, grâce aux projets innovants qui prendront forme, va nous en donner l’occasion.

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