Mercredi 21 Août 2019  
 

N°118 - Deuxième trimestre 2017

La lettre diplometque
  Éditorial
Arménie
 
 
  25 ans de relations diplomatiques fondés sur des liens d’amitié historiques et sincères
 
  Une relation dense qui s’appuie sur une histoire ancienne
 
  « La France doit être aux côtés de l’Arménie »
 
  En route pour le Sommet de la Francophonie en Arménie
 
  France-Arménie : un partenariat solide sur la scène internationale
 
  Le Conseil de l’Europe : une organisation clé pour la politique étrangère arménienne
 
  La DFA : un acteur incontournable de l’économie arménienne
 
  Les nouvelles promesses de l’économie arménienne
 
  Un jumelage européen exemplaire entre la France et l’Arménie
 
  25 ans d’appartenance à l’UNESCO
 
  « L’UFAR s’est fixé un projet stratégique ambitieux pour les 10 prochaines années »
 
  La mission archéologique Caucase : œuvrer à une meilleure connaissance de la préhistoire de l’Arménie et de la région
 
  Contribuer à la diffusion de la culture et des valeurs françaises et francophones
 
Djibouti
Économie
Francophonie
Europe
Défense
Protocole
Santé
 
La lettre diplometque
La lettre diplomatique Haut
     Arménie
 

Une relation dense qui s’appuie sur une histoire ancienne

Par S.E.M. Jean-François CHARPENTIER,
Ambassadeur de France en Arménie

Nous célébrons cette année le 25ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et l’Arménie. Mais les relations entre les peuples n’ont pas forcément besoin des États, ni du droit international, ni des diplomates pour se développer. Les liens d’amitié profonde et ancienne entre Arméniens et Français en sont la meilleure illustration. Les premiers contacts entre la France et l’Arménie remontent au XIème siècle. C’est dans la foulée du retour chez eux des croisés que des commerçants arméniens se sont installés dans plusieurs villes de la Méditerranée occidentale, notamment Marseille ou Montpellier. Le XIVème siècle voit coïncider l’indépendance de la Grande Cilicie, ou Petite Arménie, gouvernée par des rois français de la famille des Lusignan, et la Papauté en Avignon. Le Pape Jean XXII, français d’origine, lance, dans les années 1320, le premier enseignement de la langue arménienne en Europe occidentale. Un premier dictionnaire arménien/français sera publié en 1635 à la demande de Richelieu.
L’intérêt en Provence pour le commerce avec les Arméniens est confirmé au XVIIème siècle par deux édits, de Richelieu, puis de Colbert en 1669, qui accorderont des libertés de commerce aux Arméniens dans le port de Marseille. Ce seront essentiellement des négociants de soie de la ville perse de Djulfa, près d’Ispahan, qui en profiteront. L’un d’entre eux, un certain Anton, sera le premier arménien à obtenir, en 1670, ce qu’on appelait à l’époque des « lettres de naturalité ». Il francise son nom en « Armény », et fonde une dynastie de commerçants marseillais qui sera prospère jusqu’au XIXème siècle. 
À la fin du XIXème siècle précisément, l’intérêt de la classe politique et intellectuelle française pour ce qu’on appelait « la question arménienne » est vif. Le mouvement des arménophiles prend de l’ampleur après les massacres de 1893-94. Des figures aussi marquantes que Jean Jaurès, Georges Clémenceau, Anatole France dénoncent les exactions du pouvoir ottoman. La revue « pro Armenia » est créée en 1900 à Marseille. C’est aussi dans cette ville que sera installé le siège mondial de l’Union générale arménienne de bienfaisance (UGAB). 
Vous connaissez la suite : l’accueil des rescapés du Génocide des Arméniens, d’abord dans le sud de la France, puis à Lyon et dans la région parisienne ; leur rapide intégration et l’importante contribution qu’ils ont eue dans l’essor de notre pays ; le formidable élan de solidarité au moment du tremblement de terre de Spitak en 1988 …
Ce bref rappel historique montre bien que l’arrivée de notre première ambassadrice, Mme France de Hartingue en avril 1992, ne s’inscrivait pas sur une page blanche. La richesse de notre histoire commune nous a permis d’établir aisément une dynamique bilatérale. Depuis 25 ans, nos chefs d’Etat se sont rencontrés au moins une fois par an, nous avons eu quatre visites présidentielles françaises à Erevan ; nous avons organisé l’année de l’Arménie en France en 2006 ; une Alliance française a été créée, puis, il y a 10 ans, une école française ; nous avons même monté de toute pièce, il y a 15 ans, une Université française, qui est aujourd’hui reconnue comme un établissement d’excellence en Arménie. Une Chambre de commerce s’efforce de dynamiser les échanges économiques. L’Agence française de Développement (AFD) travaille depuis 2014 sur plusieurs projets d’importance. Enfin, l’adhésion en 2012 de l’Arménie à l’OIF, a permis à Erevan d’être choisie comme lieu du prochain sommet, en octobre 2018.
Sur le plan politique, la France a été le premier pays européen à reconnaitre par une loi en 2001 le Génocide des Arméniens. Elle s’est faite l’avocat d’une reprise des négociations d’un nouvel accord-cadre avec l’Union européenne après la décision de l’Arménie d’adhérer à l’Union économique eurasiatique. La France joue également un rôle de premier plan depuis plusieurs années dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh en tant que co-président du Groupe de Minsk de l’OSCE. 
Les échanges parlementaires et la coopération décentralisée sont également très denses. Une trentaine de collectivités territoriales françaises sont impliquées dans des projets de coopération avec l’Arménie dans des domaines variés. 
La qualité et la densité des relations politiques et des liens humains entre nos deux pays font la richesse de notre relation bilatérale. Je me suis attaché depuis trois ans à ce qu’elle s’accompagne d’un renforcement des échanges économiques. Tout en restant un investisseur de premier plan, la France est en effet un partenaire commercial modeste de l’Arménie. Je constate qu’il y a aujourd’hui une volonté des deux pays de développer un partenariat économique plus ambitieux sur les secteurs prometteurs en Arménie, tels que l’agriculture, la santé, l’énergie, le tourisme ou le numérique. Je forme le vœu qu’un pas décisif puisse être très prochainement franchi en la matière.

Retour en haut de page
 
 

 
La lettre diplomatique Bas
  Présentation - Derniers Numéros - Archives - Nos Liens - Contacts - Mentions Légales