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  Jeudi 22 Juin 2017  
 

Quatrième trimestre 2016

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Vers un nouvel essor économique

Situé au cœur du bouclier guyanais qui s’étend du Venezuela au Brésil, le Suriname est une terre riche en ressources minières. Or, bauxite et, dans une moindre mesure, le pétrole, génèrent les principales sources revenus à l’exportation du pays. Pour réduire sa dépendance aux fluctuations des cours des matières premières, le Président Desire Delano Bouterse cherche à créer de nouveaux relais de croissance en valorisant les autres atouts de l’économie surinamaise comme l’agriculture et le tourisme.

De l’autre côté du fleuve Maroni qui sépare le Suriname de la Guyane française, l’inauguration le 17 novembre 2016 de la mine d’or de Merian est porteuse d’un souffle d’optimisme pour l’économie surinamaise. Durant la cérémonie, le chef de l’État surinamais s’est ainsi réjoui, déclarant « ce projet illustre que les investisseurs étrangers ont encore la foi, pas seulement à l’égard de notre petite économie, mais également en la stabilité politique du Suriname ». 
Pour le rendre opérationnel, le  groupe américain Newmont Mining a investi plus de 900 millions de dollars. Avec des réserves estimées à environ 119 tonnes, la mine de Merian devrait pouvoir générer une production de 8 à 11 tonnes d’or par an, avec des revenus à la clé pour le gouvernement surinamais qui détient une part de 25% dans l’exploitation, outre la création de 1 000 emplois pour des Surinamiens dont 200 membres de la communauté Paramaka.
Alors que l’économie surinamaise se trouve confrontée à la baisse des cours des matières premières, le lancement de l’exploitation de la mine de Merian apparaît comme une véritable aubaine. En 2015, le PIB a atteint 5,2 milliards de dollars, porté par une croissance de seulement 1%. Dans ce contexte récessionniste, le Président Desire Delano Bouterse avait d’ailleurs tenu à se montrer sans ambiguïtés durant la campagne électorale qu’il l’a reconduit pour un second mandat : « Les années à venir ne vont pas être faciles… ».
La conjoncture internationale pèse, en effet, sur les exportations surinamaises. Or, bauxite et, plus récemment pétrole, comptent pour 60% des exportations et génèrent les principales recettes du pays (35%). Un contexte aggravé par la fermeture de la raffinerie d’aluminium du groupe Alcoa et un secteur agricole confronté à diverses difficultés : sécheresse et développement d’une bactérie affectant une grande partie de la production de bananes.
Mais, si la croissance devrait continuer à décélérer en 2016, 2017, devrait être l’année du rebond avec une prévision de croissance estimée à 2,5% par le Fonds monétaire international (FMI). Dynamisée par l’entrée en production de la mine de Merian, l’économie surinamaise devrait en outre récolter les fruits de la stratégie d’ouverture et de diversification des partenaires du pays. En 2014, l’ancien Vice-Président du Suriname, M. Robert Ameerali, expliquait ce changement d’approche : « Traditionnellement, notre attractivité en termes d’investissement ciblait principalement l’Europe, notamment en raison de notre héritage culturel. Maintenant, notre vision est globalement plus large. »* Cette même année était inaugurée la Compagnie du Développement de l’investissement du Suriname (Investment Development Corporation of Suriname (IDCS) qui fonctionne comme un guichet unique et vise à améliorer la visibilité internationale du Suriname.
De fait, la diplomatie économique du Président Desire Delano Bouterse privilégie de plus en plus la coopération Sud-Sud et de nouvelles institutions comme la Banque islamique de Développement (BID). À l’occasion de sa réunion annuelle qui s’est tenue à Djakarta en mai 2016, cette dernière a annoncé qu’elle accordait un prêt bonifié au Suriname. Sur un total de 1,8 milliard de dollars, les deux tiers (1,287 milliard de dollars) seraient investis dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Ce prêt viendra soutenir la réalisation du Programme-cadre 2016-2018 de Stabilisation et de Restauration du gouvernement surinamien, qui a notamment identifié 40 projets de construction et de réhabilitation de routes et de ponts, mais également la création d’un parc industriel dans Para District.
De son côté, la Chine s’affirme comme un autre partenaire du développement surinamais. Illustrant cette coopération croissante, le Président Xi Jinping a reçu à Pékin, en juin 2013, le Président Desire Delano Bouterse. Un temps fort pour marquer le 160ème anniversaire de l’arrivée des Chinois au Suriname. Jouant un rôle clé notamment dans le commerce, ceux-ci constitueraient d’ailleurs la plus importante communauté chinoise des Caraïbes.
Avec la France, pourtant pays limitrophe par le biais de la Collectivité territoriale de Guyane, les échanges économiques demeurent très modestes. Limités par les barrières de la langue et l’absence d’un pont pour relier les deux rives du fleuve Maroni, ils ont néanmoins des marges de progression : en 2015, ils ont été multipliés par cinq. Un « élan inattendu » comme le souligne la Direction générale du Trésor. Celle-ci estime à 26,3 millions d’euros les exportations françaises vers le Suriname, en hausse de 179,5%. Elles témoignent d’ailleurs de l’activité de l’économie surinamaise, puisque un cinquième des ventes françaises concernent les machines pour l’extraction et la construction (4,8 millions d’euros).
L’expansion des capacités de production de la raffinerie nationale Staatsolie achevée début 2016 (portée à 15 000 barils par jour), a pour sa part contribué aux exportations vers la France, le groupe surinamais étant devenu le premier fournisseur de la Collectivité territoriale de Guyane. Preuve des liens qui se créent malgré les obstacles, le pavillon tricolore a bien été présent à la Foire commerciale de Paramaribo qui s’est déroulée du 26 novembre au 2 décembre 2015. Outre la Chambre de Commerce et d’Industrie de Guyane (CCIG), y ont également participé la société guyanaise de parfums Privileges ou celle d’alimentation Guyana Delights qui commercialise les vins en cannette K-Vins.
Le lancement le 27 novembre 2015 d’un programme de coopération par l’Agence française de Développement (AFD) a favorisé cette dynamique. D’un montant de 90 millions d’euros, il s’étale sur quatre ans jusqu’en 2019. Il porte principalement sur l’évolution du Suriname vers un modèle de croissance plus durable et plus résilient, et se concentre sur la région frontalière avec la Guyane. Dans le domaine de l’énergie, le groupe français EDF est d’ailleurs partie prenante d’un projet au sein de groupement de sociétés plus larges, comme dans l’exploration des possibilité d’interconnexion électrique avec d’autre pays sud-américains.     CH


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