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Quatrième trimestre 2016

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La Guyane au cœur de la coopération France-Suriname

Par M. Georges PATIENT,
Sénateur de Guyane, Président-délégué du Groupe d’amitié France-Brésil pour le Suriname au Sénat, Maire de Mana

Assurer la présidence déléguée pour le Suriname au sein du groupe d’amitié France-Brésil allait quasiment de soi. En effet je suis maire d’une commune, Mana, située dans l’ouest guyanais à 50km de la frontière qui a accueilli les populations déplacées du Suriname. Aussi, les rapports franco-surinamais ne me sont pas étrangers, je les pratique au quotidien tout comme les habitants de l’Ouest guyanais, zone qu’on pourrait presque qualifier de petit Suriname !
J’ai toujours œuvré pour un renforcement de la coopération entre la Guyane et le Suriname car au-delà de nombreuses problématiques communes, c’est le territoire voisin qui lui ressemble le plus. Lors d’une mission en 2013 avec la commission des affaires européennes au Sénat, j’ai convaincu son président de l’intérêt à aller au Suriname et démontré l’utilité de cette coopération régionale mais aussi européenne. D’ailleurs, après avoir privilégié le lien avec le Brésil, la diplomatie française a bien compris la nécessité de développer ses échanges avec le Suriname, la Guyane jouant un rôle central dans ce rapprochement.
Depuis la stabilisation du régime politique, la coopération avec le Suriname s’est renforcée, diversifiée et implique plusieurs acteurs comme la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) ou la Chambre de Commerce et d’Industrie de Guyane (CCIG). Dans sa volonté d’accroître son insertion en Amérique du Sud, la coopération régionale entre la Guyane et le Suriname est devenue une des priorités de la CTG. L’ouverture de son antenne à Paramaribo en 2013 est emblématique de cette politique volontariste et réaliste. L’intégration régionale peut apporter des solutions concrètes aux problèmes que nous rencontrons. En 2009 a été mise en place une commission mixte transfrontalière entre la France et le Suriname avec la création d’un conseil du fleuve en charge de traiter les problématiques spécifiques sur les deux berges du fleuve Maroni et de ses affluents.
Aussi, la diversification de cette coopération est le reflet de cette politique pragmatique. Fini le temps où l’on n’évoquait la coopération avec le Suriname qu’à travers l’angle sécuritaire, la lutte contre l’immigration. Aujourd’hui, cette coopération couvre de nombreux domaines en sus de la sécurité, l’économie, la santé, l’éducation, la culture, l’environnement, le sport, le tourisme. Le développement du secteur minier au Suriname est un exemple particulièrement éclairant pour la Guyane. Il démontre qu’il peut y avoir une gestion raisonnée de ressources naturelles résultant de choix politiques clairs. La France pourrait s’en inspirer afin de permettre un réel développement de la Guyane.
Des points restent cependant à améliorer pour renforcer les échanges. La question de la mobilité en est un car il y a un vrai enclavement, maritime et aérien, faute d’accord international de transport. Le renouvellement du bac assurant la liaison internationale entre les rives française et surinamaise du Maroni sera un marqueur fort de coopération à l’instar du Pont de l’Oyapock avec le Brésil. La question des visas aussi. Les procédures doivent être simplifiées pour les Surinamais qui viennent en Guyane, les coûts sont importants. De même après négociations, le Suriname a dû baisser le coût de sa carte touristique. Il en va de l’intérêt du développement touristique.
L’évolution de ces échanges est très encourageante. De plus, j’observe depuis quelques années que la relation France-Suriname à travers la Guyane s’est améliorée, les Guyanais ont une image plus positive du Suriname. Le dynamisme économique du pays l’a rendu plus attractif. Nous n’en sommes cependant encore qu’aux prémices d’une coopération qui j’en suis sûr fera du Suriname le principal partenaire de la Guyane.

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