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Quatrième trimestre 2016

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Suriname-Guyane : une coopération vitale

Par Mme Chantal BERTHELOT,
Députée de la Guyane, Présidente du Groupe d’amitié France-Suriname à l’Assemblée nationale

La Guyane est l’unique territoire continental des départements d’outre-mer français et des régions ultrapériphériques européennes. Son intégration régionale sur le plateau des Guyanes, avant d’être une nécessité diplomatique et économique, est surtout une réalité historique, géographique, sociale et culturelle.
Nos frontières fluviales que constituent l’Oyapock à l’est avec le Brésil et le Maroni à l’ouest avec le Suriname, sont avant tout des bassins de vie. Les populations qui y vivent transcendent leurs identités administratives respectives et se considèrent avant tout comme des frères et des sœurs.
La coopération entre le Suriname et la Guyane c’est donc en premier lieu la réalité et le quotidien de femmes et d’hommes. De fratries partagées entre deux rives, de personnes qui viennent se faire soigner de l’autre côté, qui se rendent visite, qui commercent, qui échangent, qui partagent.
Le regard des habitants de l’Ouest guyanais est donc tourné vers le Suriname, et le mien aussi. Cette intégration dont nous parlons, c’est leur quotidien. C’est le quotidien de Saint-Laurent-du-Maroni, 50 000 habitants, qui sera bientôt la ville la plus peuplée de notre région. Et cette coopération qu’elle pratique au quotidien permet d’atténuer en partie les effets d’une situation sociale et économique difficile. Saint-Laurent doit pouvoir tirer pleinement profit de sa position stratégique au cœur des échanges transfrontaliers et devenir la pierre angulaire de la coopération dans l’Ouest guyanais.
Depuis 2009, cette coopération s’est institutionnalisée avec la mise en place du Conseil du fleuve, qui voit les différents représentants administratifs et politiques surinamais et guyanais se réunir deux fois par an pour échanger et avancer conjointement sur des sujets d’intérêt commun. Cet outil pertinent doit trouver sa place dans la mise en œuvre et le suivi des actions et des programmes-cadres de coopération régionale.
La coopération économique entre les deux territoires est un domaine dans lequel la Guyane et le Suriname peuvent trouver des intérêts communs. La Guyane par sa population limitée, est dans l’obligation d’effectuer des économies d’échelle afin de créer un marché rentable permettant le développement économique du territoire. Le plateau des Guyanes regroupant le Guyana, le Suriname, la Guyane et l’Amapa, semble ainsi l’échelon le plus adapté au développement de cette coopération économique.
Il en est de même au niveau environnemental où les deux territoires sont confrontés aux mêmes problématiques en matière de préservation de la biodiversité et de lutte contre l’orpaillage illégal. Ces problématiques, par essence transnationales, doivent devenir des sujets premiers en matière de coopération régionale.
Enfin, partageant une longue histoire, les surinamais et les guyanais ont de nombreux sujets sur lesquels ils peuvent se retrouver et mettre en valeur leur identité culturelle commune.
Pour toutes ces raisons, la Guyane a un intérêt direct à nouer des liens forts avec son voisin surinamais. Pourtant, ces échanges entre la Guyane et le Suriname restent globalement peu développés. Cette relation, pour être efficace, doit se réaliser à chaque échelon de la société, des plus hautes sphères de l’État jusqu’au citoyen lambda et aux associations.
L’expérience de l’Histoire, partout dans le monde, prouve l’interdépendance, pour le meilleur comme pour le pire, des sociétés et pays voisins. L’avenir de la Guyane n’échappe pas à cette réalité et doit nécessairement passer par un renforcement et une extension des outils actuels de coopération en matières sociale, sanitaire, économique, culturelle, sécuritaire et scientifique avec le Suriname.

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