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  Jeudi 22 Juin 2017  
 

Quatrième trimestre 2016

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Sur la voie de l’émergence

Avec 7% de croissance prévus en 2016, le Bangladesh compte parmi les économies les plus dynamiques du monde. Pour la première fois, en 2015, les flux d’investissements étrangers ont passé le cap des 2 milliards de dollars. La pauvreté continue à diminuer rapidemment, si bien que la Banque Mondiale pourrait classer le Bangladesh dans le groupe des pays à revenu intermédiaire inférieur dès 2018.

2017 marquera une année charnière pour le Bangladesh. Dans sa course au décollage économique, il franchira une nouvelle étape significative avec le lancement de son premier satellite de télécommunications. Portant symboliquement le nom du père de la nation, Bangabandhu, il permettra de réduire la fracture numérique, notamment entre les zones rurales et les villes. « Nous espérons faire coïncider la date du lancement avec le 45ème anniversaire du Victory Day, soit le 16 décembre 2017 » avait expliqué en novembre 2015, M. Golam Razzaque, Directeur du Projet Bangabandhu, lors de la signature du contrat entre la Commission de Réglementation des Télécommunications du Bangladesh (BTRC) et le groupe Thales Alenia Space.
Le spécialiste de l’aérospatial basé à Toulouse et à Cannes a fait une nouvelle percée dans un secteur stratégique de l’économie bangladaise. En 2013, un groupe bangladais, R&R Aviation Limited (Sikder Group), avait acquis deux hélicoptères de la famille des Écureuil, des EC130 B4.
À la veille du 20ème anniversaire de la Chambre de commerce et d’industrie France-Bangladesh (CCIFB), l’Ambassadeur de France au Bangladesh, S.E.Mme Sophie Aubert, pouvait à juste titre se montrer optimiste : « Nous voulons que nos relations commerciales s’étendent ».
Les échanges franco-bangladais restent dominés par l’industie du prêt-à-porter bangladaise, moteur de l’économie du pays totalisant 28 milliards de dollars d’exportations. Celle-ci fournit les plus grandes maisons européennes, notamment françaises, représentant jusqu’à 98% des importations de la France (2,134 milliards d’euros en 2015 l’un de ses plus importants clients, le 5ème au plan mondial et le 4ème au sein de l’Union européenne en 2015).
Mais à l’image des transformations du pays, les échanges commerciaux et les investissements des entreprises françaises tendent à se diversfier y compris dans des secteurs de pointe. Le groupe Oberthur a remporté un contrat d’un montant de 102 millions de dollars pour la conception de cartes d’identité intelligentes destinées à être utilisées par 22 services publics et distribuées auprès de 90 millions de votants depuis juin 2016.
Au pays de Muhammad Yunus, le créateur du micro-crédit (en 1976 avec la Grameen Bank, ce qui lui a valu de se voir attribuer le Prix Nobel de la Paix en 2006), l’innovation est l’un des leviers pour faire décoller une économie confrontée à de nombreux défis : une densité de population parmi les plus élevées du monde, la vulnérabilité aux effets du réchauffement climatique et l’absence de ressources minières.
Les progrès sont là : en vingt ans, le taux de pauvreté a été drastiquement réduit, la croissance surfe autour des 6%, l’économie se modernise. Avec des flux de 2,23 milliards en 2015, le Bangladesh est désormais le deuxième pays récipiendaire d’investissements directs étrangers en Asie du Sud. Certes loin du premier, l’Inde, qui a reçu 44 milliards de dollars. Mais la taille des deux économies n’est pas la même (1,8 trillion de dollars contre 180 milliards de dollars pour le Bangladesh).
Cet écart illustre pour autant les marges de progressions phénoménales dont dispose le Bangladesh fort de ses 165 millions d’habitants et d’un positionnement stratégique au cœur de l’Asie. La banque américaine Goldman Sachs n’hésite d’ailleurs pas à le classer parmi les « Next 11 », ces économies émergentes qui talonnent les BRICS. Tout comme l’agence française dédiée au risque-pays, la COFACE.
Le gouvernement bangladais est actuellement aux commandes de sept mega-projets jugés prioritaires et représentant près de 40 milliards de dollars d’investissements. Parmi eux, la construction du métro de Dacca ou le Pont de Padma qui constitue un projet d’infrastructure clé pour le développement du pays et le plus important de son histoire. Long de plus de 6 km, il permettra de relier le sud-ouest du pays aux régions du nord et du nord-est, moyennant un investissement de quelque 3 milliards de dollars.
Essentiel pour atteindre les objectifs de développement du pays, le secteur de l’énergie est également en plein bouleversement. Tandis qu’un projet de terminal de gaz naturel liquéfié (LNG) a été attribué au groupe américain Excelerate Energy en juillet 2016, la compagnie russe Rosatom a lancé cette même année les travaux de construction d’une centrale nucléaire à Ruppu, à 200 km au nord-ouest de la capitale.
Plus important encore, les marchandises bangladaises, qui devraient dépasser la valeur de 50 milliards de dollars d’ici 2021, vont s’ouvrir, à l’horizon 2018, de nouvelles opportunités d’exportation avec l’achèvement de la construction du port de Payra, au nord-ouest du Golfe du Bengal. Quatrième port du pays, il en sera aussi le premier en eaux profondes.
Nombre d’entreprises françaises sont déjà bien positionnées sur le marché de cette économie émergente. Dans le secteur de la construction, le cimentier Lafarge a réalisé à ce jour le plus important investissement français au Bangladesh (253 millions de dollars) à travers son usine de Surma, à Chhatak. Dans celui des hydrocarbures, le pétrolier français Total a investi dans une usine de production de gaz naturel liquéfié à Chittagong. Technip a signé avec la Bangladesh Petroleum Corporation un ntaccord-cadre pour l’extension de la raffinerie ERL2 portant sur un montant de 1,6 milliard de dollars. L’eau a également représenté un secteur porteur pour le savoir-faire français. L’usine de production d’eau potable de Saidabad, d’une capacité de 450 000 m3 par jour, a été construite par le groupe Suez dans le cadre d’un consortium formé avec le groupe MTH. De son côté, le groupe Veolia a mis en place avec la Grameen Bank une co-entreprise, la Grameen-Veolia Water Ltd, qui a pour vocation de produire une eau potable accessible aux populations rurales défavorisées du Bangladesh. 7 000 personnes sont connectées aujourd’hui au réseau de distribution, dont deux écoles dans les villages de Goalmari Union et de Padua Union.     CH


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