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  Jeudi 22 Juin 2017  
 

Quatrième trimestre 2016

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Trouver la bonne gouvernance sur les migrations

Par Sheikh HASINA,
Premier Ministre du Bangladesh

Lors du Sommet de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’est tenu en 2015, les chefs d’États et de gouvernement ont promis de coopérer pour organiser des flux migratoires dans la sécurité, l’ordre, la légalité et la responsabilité. En 2017, force est de constater que nous devons en faire davantage pour que cet engagement se concrétise.
Les membres des Nations unies ont conscience des multiples bénéfices qu’entrainent les migrations, que ce soit pour la stabilisation des marchés globaux du travail, la dissémination de la connaissance et des idées, la création de diasporas qui génèrent des flux commerciaux et d’investissements accrus; que par le soutien que les migrations apportent aux économies de nombreux pays à travers le monde à travers les transferts de fonds, contribuant à payer les frais de santé, d’éducation et de logement des familles restées à la maison.
Mais ces bénéfices sont inutilisés si, comme nous l’avons vu avec les récentes crises dans la mer Méditerranée, la mer d’Andaman et le corridor centre-américain, le Sahel et la Corne de l’Afrique, les migrations ne sont pas contrôlées de manière responsable et coopérative.
Plus de 4 300 migrants sont morts en 2016 en essayant d’atteindre leurs destinations. Dans la seule mer Méditerranée, les victimes ont été au nombre de 3 200, tandis que dans la mer d’Andaman, juste à l’est du golfe du Bengale, des milliers de migrants ont dérivé avec aucune terre où accoster, ou ont été pris en otage par leurs trafiquants. 
Dans ce contexte, les gouvernements des pays membres des Nations unies devraient reconnaître le fossé existant entre les idéaux qu’ils ont proclamés en 2015 et les dures réalités auxquelles beaucoup de migrants et de réfugiés continuent de faire face aujourd’hui. Les dirigeants du monde ont eu l’opportunité de corriger cette situation lors de l’Assemblée générale des Nations unies et, plus précisément, du sommet sans précédent qui s’est tenu à cette occasion sur les migrations et les réfugiés, le 19 septembre 2016.
Les chefs d’État et de gouvernement devraient encore renouveler leur engagement en faveur d’une gouvernance globale plus solide des migrations et se mettre d’accord pour tenir la première conférence intergouvernementale exclusivement centrée sur une nouvelle initiative sur les migrations, comme l’avait proposé plus tôt en 2016 l’ancien Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon.
La simple perspective que les États membres des Nations unies puissent se mettre d’accord sur une nouvelle initiative constituerait un développement significatif. Depuis trop longtemps la communauté internationale s’est battue pour mieux réguler les flux migratoires. Faute d’institutions internationales de gouvernance et de cadres légaux pour encadrer la coopération internationale sur ce sujet, la plupart des pays doivent, en effet, se contenter d’une gestion unilatérale de leurs propres flux migratoires.
Lorsque les États ne parviennent pas à mieux réguler les flux migratoires, ils créent un vide rempli par des acteurs sans scrupules : les passeurs, les trafiquants et le crime organisé. Dans ces conditions, les pays émetteurs de migrants, les migrants eux-mêmes et les pays d’accueil sont tous perdants puisqu’ils supportent le coût des migrations sans en faire fructifier leurs bénéfices.
À l’heure actuelle, les Nations unies ne parviennent pas à apporter un soutien adéquat aux États membres, aux migrants et aux sociétés qui les accueillent. Les gouvernements de ces pays membres ont besoin de se mettre d’accord sur des principes universels en vue de mettre en place un cadre international dédié à la gestion des migrations. Les Nations unies devraient, elles-mêmes, faire de la gouvernance des migrations l’une de leurs principales missions, au lieu d’en disperser la gestion à travers différentes agences.
Fort heureusement, l’Organisation internationale des Migrations (OMI) a rejoint le 19 septembre 2016 le système des Nations unies. L’OMI devrait jouer un rôle central en vue de renforcer la cohérence et l’efficacité de la gouvernance des migrations.
Mon propre pays, le Bangladesh, a initié l’idée d’un pacte global pour améliorer la gouvernance des migrations. Assumant la présidence du Forum global sur les Migrations et le Développement, le Bangladesh s’est engagé à faire en sorte que les leçons apprises nourrissent la réflexion sur ce pacte global. Mais, pour éviter d’entrer dans de nouveaux accords qui ne font que réaffirmer ou renégocier des engagements existants, les dirigeants du monde doivent agir maintenant pour mettre en place les bases institutionnelles et juridiques visant à mettre en œuvre des propositions antérieures et à accomplir de nouveaux progrès.
La coopération internationale sur les migrations devrait être fondée sur des accords intergouvernementaux existants, comme l’Agenda 2030 pour le Développement durable, le Plan d’action d’Addis Abeba de 2015, le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe de 2015 et la Déclaration sur le Dialogue de haut niveau sur les Migrations internationales et le Développement de 2013. Les migrations forment un enjeu multidimensionnel requérant une approche globale qui respecte également les lois et les régulations nationales. Les décisionnaires politiques devraient maximiser les bénéfices économiques des migrations ; faciliter les voies juridiques pour permettre aux migrants de ne pas choisir des alternatives illégales ; réduire les barrières à l’emploi et aux transferts de fonds ; gérer les flux migratoires illégaux ; et protéger la sécurité des migrants, en particulier dans les zones de guerre ou quand les flux migratoires atteignent des niveaux critiques, comme cette année.
Les pays et les organisations non-gouvernementales doivent rester vigilantes contre l’exploitation des migrants, tandis que les gouvernements doivent partager les responsabilités de l’accueil des réfugiés. Et, pour tenir la cadence qu’imposent des conditions géopolitiques en constant changement, la communauté internationale devrait envisager de nouveaux partenariats pour faire face aux migrations et aux larges mouvements de population.

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