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  Jeudi 22 Juin 2017  
 

Quatrième trimestre 2016

La lettre diplometque
  Éditorial
Afghanistan
  Un nouvel élan pour l’économie afghane
 
  Que reste t-il de la France en Afghanistan ?
 
  Afghanistan : la quête de stabilité
 
  Une économie en transition
 
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     Afghanistan
 

Une économie en transition

Pétrole, gaz, charbon, cuivre, fer, or… Quelque 1 400 gisements de minerai de toutes sortes ont été identifiés dans le sous-sol afghan. Avec son positionnement au carrefour des échanges économiques de l’Asie centrale, l’Afghanistan dispose d’un potentiel de développement économique immense dont la valorisation est pourtant entravée par les conflits successifs qui s’y déroulent depuis près de quatre décennies.

«Si les investissements du secteur privé sont un critère de crédibilité, alors j’ai de bonnes nouvelles à partager. Au cours des seuls trois derniers mois, nous avons sécurisé des engagements pour des investissements d’un montant de 1,1 milliard de dollars… » Devant les représentants de 75 pays et de 26 organisations internationales réunies à l’occasion de la Conférence de Bruxelles le 5 octobre 2016, le Président Ashraf Ghani a affiché son optimisme en dépit des nombreux défis que doit relever l’Afghanistan. Et pour cause, si l’aide de la communauté internationale reste indispensable quinze ans après la chute des talibans, les autorités afghanes veulent convaincre de la capacité du pays à prendre son destin en main.
Ce d’autant que si l’environnement des affaires est resté très dégradé, l’Afghanistan a vu son économie fleurir. Entre 2002 et 2014, le PIB est ainsi passé de 2,2 milliards de dollars à 21,8 milliards de dollars. Dans la même période, l’Agence afghane de soutien à l’investissement (AISA) a enregistré plus de 10,4 milliards de dollars de capitaux d’investissements. Une manne qui pourrait être, selon elle, multipliée par deux ou trois tant les marges de progression sont vastes.
L’agriculture, la santé ou la construction représentent autant de secteurs d’activité riches d’opportunités. L’énergie est également une cible prioritaire pour le développement du pays. En 2015, la Banque asiatique de Développement a d’ailleurs approuvé des subventions d’un montant global de 1,2 milliard de dollars pour soutenir le renforcement des capacités afghanes. Pour l’institution, la demande d’électricité devrait, en effet, croître deux fois plus vite que la croissance de l’économie nationale. Dans ce domaine, l’Afghanistan a d’ailleurs des arguments. Alors que le Président Ashraf Ghani et le Premier Ministre indien Narendra Modi ont inauguré le 4 juin 2016 le barrage de Salman (rebaptisé barrage de l’amitié afghano-indienne), l’hydroélectricité est une ressource encore insuffisamment exploitée. Pour l’AISA, la production de cette source d’énergie pourrait être portée de 600 millions de watts actuellement à 23 000 MW.
Le sous-sol afghan regorge quant à lui de réserves de minerais estimées à 1 trillion de dollars par le Bureau des études géologiques des états-Unis, mais à plus de 3 trillions de dollars par les autorités afghanes. Celui-ci évalue ses ressources de pétrole brut à 1,6 milliard de barils et celles de gaz naturel à 0,4 trillion de m3. En 2012, la China National Petroleum Company, a commencé la production de pétrole dans le bassin de l’Amu Darya, au nord du pays, marquant une étape décisive pour l’avenir de l’Afghanistan
Autre secteur essentiel de l’économie afghane, autre groupe chinois a s’être imposé : la compagnie chinoise Metallurgical Corporation of China (MCC) s’est vu attribuer en 2007, pour une période de 30 ans, la valorisation de la mine de Mes Aynak (province de Logar).
Considérée comme le deuxième plus vaste gisement de cuivre de la planète, elle s’étend à 40 km au sud-est de Kaboul sur un site également connu pour les vestiges de monastères bouddhistes des Vème et VIème siècles.
Cette affirmation de la présence économique de la Chine est capitale pour le développement actuel du pays. L’Afghanistan joue pleinement la carte de la stratégie chinoise de Route de la Soie du XXIème siècle pour son désenclavement. Avec des résultats puisque les deux pays ont par exemple inauguré en octobre 2016 un premier corridor ferroviaire reliant Nantong et Hairatan. Cette nouvelle voie ouvre en outre les portes de l’Asie centrale au commerce extérieur afghan. En juin 2016, dans le cadre du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le Président afghan Ashraf Ghani n’a pas hésité à affirmer que « notre plus grand projet commun est la renaissance de la Route de la Soie », dont l’Afghanistan serait la porte d’entrée et le trait d’union entre l’Asie du Sud, l’Asie centrale, la Chine et le Moyen-Orient.
Alors que la France est fortement présente dans d’autres pays de la région, ses entreprises ont encore trop peu tenté l’expérience afghane. Parmi elles figurent notamment la filiale du groupe pétrolier français Total spécialisée dans la filière des lubrifiants, entrée sur le marché afghan en 2014 ; Thales qui a signé la même année un contrat avec l’Afghan Civil Aviation Authority (ACAA), prestataire de services de la navigation aérienne en Afghanistan, pour sécuriser l’espace aérien du pays ; ou Alcatel qui a fourni le réseau GSM de la Telecom Development Compagny. Selon les dernières statistiques du commerce franco-afghan, les exportations françaises à destination de l’Afghanistan ont atteint en 2011 43,7 millions d’euros, en recul par rapport à 2009, représentant moins de 2% des exportations françaises en Asie du Sud (même si de nombreuses marchandises françaises sont réexportées depuis le Pakistan ou Dubaï).
Corruption, insécurité, incertitude institutionnelle sont autant d’arguments avancés, peut-être à raison. Toutefois, les engagements du gouvernement afghan lors de la Conférence de Bruxelles, en octobre 2016, visent justement à mettre fin à ces obstacles. Dans ce cadre, l’Afghanistan a pris des mesure concrètes avec l’adoption de plusieurs lois, notamment sur le secteur minier ou pour instituer de nouveaux instruments de contrôle des marchés publics, l’adhésion à l’Initiative internationale pour les Industries extractives (EITI) et à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) le 29 juillet 2016. CH

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