Samedi 25 Mai 2019  
 

N°114 - Deuxième trimestre 2016

La lettre diplometque
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  Contribuer à faire perdurer une relation historique privilégiée
 
  La vérité sur le Venezuela
 
  Francisco de Miranda, trait d’union entre le Venezuela et la France
 
  Miranda célébré en France
 
  Les objectifs économiques de la Révolution bolivarienne
 
  « La Gran Mision Vivienda »
 
  Le Venezuela, un pays à aimer…
 
  De solides liens économiques à l’épreuve
 
   Le Venezuela, acteur majeur de l’intégration régionale
 
  La culture, priorité de la Révolution Bolivarienne
 
  Le Système national d’orchestres, de chœurs d’enfants et de jeunes du Venezuela interprète depuis 41 ans l’âme de tout un pays
 
  Les cacaoyers du Venezuela
 
  « L’intérêt des Vénézuéliens pour la langue française a toujours été important »
 
  La Maison de la France à Lechería, «centre d’échange de culture, traditions et coutumes».
 
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Les cacaoyers du Venezuela

Par Mme Laurence Alemanno,
Agrégée de sciences naturelles, Docteur en biologie du cacaoyer, auteur, conférencière et fondatrice de Chocolatitudes

Longtemps considéré comme un produit courant et relativement simple, le chocolat se révèle depuis quelques années, comme un produit d’exception aux caractéristiques gustatives fort diversifiées. Cette diversité est très claire pour le vin ou encore l’huile d’olive, mais reste encore peu vécue par beaucoup, pour le chocolat. Parmi la cinquantaine de pays producteurs de cacao, le Venezuela occupe une place très particulière. En effet, les fèves de cacao qui y sont produites sont réputées comme étant parmi les meilleures au monde, et ce, depuis fort longtemps. Mythe ou réalité ?
Le cacaoyer est un arbre originaire de la forêt amazonienne où il pousse à l’ombre des géants. Apparu en Haute-Amazonie, il s’est probablement étendu et adapté naturellement dans tout le bassin amazonien, y compris sur les rives de l’Orénoque, le fleuve du Venezuela. Mais c’est en Mésoamérique que le cacaoyer fut domestiqué par toutes les civilisations précolombiennes. Les Olmèques y auraient d’ailleurs introduit le cacao à partir de cacaoyers du Venezuela. Lorsque les Espagnols prirent le pouvoir en Mésoamérique en 1521, alors dominée par les Aztèques, la culture du cacao, traditionnellement réalisée par les Mayas, continua. La découverte et l’appréciation des boissons chocolatées par les colonisateurs et les cours européennes furent telles, que la production ne suffit plus. Les conquistadors étendirent la culture du cacaoyer vers le sud de l’Amérique centrale, les Caraïbes, puis, plus au sud encore : au nord de l’Amérique du sud et, notamment, au Venezuela où le cacao existait déjà. Et, dès 1607, une première cargaison de cacao vénézuélien partit du port de Caracas pour la Nouvelle Espagne ; un cacao déjà fort réputé pour ses qualités aromatiques.
De nos jours, la culture du cacaoyer est principalement localisée dans quatre régions. Et dans chacune d’elles, poussent des cacaoyers génétiquement différents.
C’est dans la zone occidentale Sur del Lago, près du lac de Maracaibo, que poussent les Criollos andins, natifs du Venezuela, restés relativement purs. Le très célèbre Porcelana est certainement le cacao le plus doux de la planète : peu astringent, peu amer, peu acide aux arômes chocolatés, de miel, de caramel, de noix fraîches. Le Guasare est, lui aussi, un cacao extrêmement doux. Dans la région des Andes vénézuéliennes, on distingue également des Criollos andins.
Les Forasteros, cacaos des origines, de l’Amazonie, sont cultivés au sud du pays, dans la partie amazonienne. On en trouve également à l’ouest, autour de la zone Sur del Lago. Ces cacaoyers sont moins réputés car donnant des chocolats bien cacaotés, sans arômes particuliers. Cette mauvaise réputation est, selon moi, abusive.
Au nord, dans la zone centrale, près de la mer des Caraïbes, les crus de cacao les plus connus dont beaucoup portent les noms de petits villages de la région de Puerto Cabello : Chuao, Choroni, Cata, Ocumare, Cuyagua. Considérés comme Criollos modernes, ils auraient été apportés depuis le Nicaragua et le Costa Rica au début de la conquête espagnole, puis hybridés au cours du temps avec des Trinitarios et des Forasteros. Un peu plus à l’est, la région de Barlovento offre le Carenero, lui aussi hybride Criollos Trinitarios. Tous considérés comme cacaos fins, ils sont assez doux, mais aussi légèrement fruités et épicés.
À l’est enfin, la culture du cacaoyer fut développée au XVIIIème siècle dans la région du Río Caribe, Carúpano et Irapa. Ici, poussent essentiellement des Trinitarios, plus fruités.
Vous l’avez compris, au Venezuela pousse une belle diversité de cacaoyers, dont beaucoup sont exceptionnels par leur rareté et leur ancienneté. Je vous invite donc à expérimenter les chocolats réalisés avec ces différents crus de cacaos tellement aromatiques afin de savoir si, pour vous, les cacaos vénézuéliens sont bien les meilleurs du monde. Personnellement, je les adore !   

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