Mardi 16 Juillet 2019  
 

N°114 - Deuxième trimestre 2016

La lettre diplometque
  Éditorial
Inde
Malaisie
Venezuela
  Pour un resserrement des liens parlementaires franco-vénézuéliens
 
  Contribuer à faire perdurer une relation historique privilégiée
 
  La vérité sur le Venezuela
 
  Francisco de Miranda, trait d’union entre le Venezuela et la France
 
  Miranda célébré en France
 
  Les objectifs économiques de la Révolution bolivarienne
 
  « La Gran Mision Vivienda »
 
  Le Venezuela, un pays à aimer…
 
  De solides liens économiques à l’épreuve
 
   Le Venezuela, acteur majeur de l’intégration régionale
 
  La culture, priorité de la Révolution Bolivarienne
 
  Le Système national d’orchestres, de chœurs d’enfants et de jeunes du Venezuela interprète depuis 41 ans l’âme de tout un pays
 
  Les cacaoyers du Venezuela
 
  « L’intérêt des Vénézuéliens pour la langue française a toujours été important »
 
  La Maison de la France à Lechería, «centre d’échange de culture, traditions et coutumes».
 
Organisations Internationales
Sécurité
Coopération Internationale
Enjeux Économiques
Opinion
 
La lettre diplometque
La lettre diplomatique Haut
     Venezuela
 

La culture, priorité de la Révolution Bolivarienne

Par S.E.M. Luis Alberto Crespo,
Ambassadeur, Délégué permanent du Venezuela auprès de l’UNESCO

À l’aube même de son premier jour en tant que Président du Venezuela, Hugo Chavez Frías a fait savoir que, dans son gouvernement, la culture suivrait ses pas et son âme comme sa conscience. En elle-même, la culture, devrait expliquer la révolution socialiste bolivarienne qu’il s’apprêtait à semer dans le cœur du Venezuela et dont il poétisa l’idéologie par le biais de la métaphore de l’arbre à trois racines : sa sève serait le sang de l’héritage de Simon Bolivar, Francisco de Miranda et Ézéquiel Zamora qui sont respectivement le Libérateur de cinq nations, le Précurseur de l’intégrité de l’Amérique du Sud et le Vengeur des hommes sans terre.
Juste après son approbation par l’ensemble du peuple, la Constitution de la nouvelle République a reçu l’apport vital de la méditation et de la sensibilité que désirait le Venezuela durant de longues années, sous les précédents régimes. Sous ces régimes, les politiques publiques en matière de culture (la culture étant liée à l’éducation bien entendu) ne satisfaisaient que partiellement les besoins de la population car, dans le bénéfice limité qu’elles apportaient, elles niaient à la nation les apports de l’écriture et de la lecture en termes de sensibilité et de connaissance, plus de 80% de la population souffrant d’analphabétisme.
Les autres joies de l’esprit ennoblissaient seulement une frange de la classe moyenne et supérieure, tandis que les Vénézuéliens des quartiers urbains, des plaines, des collines, des côtes et des déserts, observaient, comme s’ils étaient derrière l’aquarium proustien, ces spectacles et soirées mondaines.
L’émergence de la révolution chaviste dans la longue et tumultueuse histoire politique, sociale et culturelle du Venezuela, corrigea cette abdication des valeurs profondes de l’être au moment d’engager la guerre pour vaincre l’analphabétisme.
Presque en même temps, la promesse faite publiquement par le premier magistrat national à peine élu, a connu maintes réalisations institutionnelles offrant à la nation le libre accès aux biens culturels : ministères, fondations, centres, cercles et maisons de culture, foires, concours nationaux et internationaux ; à l’enseignement primaire gratuit et universel, à l’enseignement secondaire et supérieur et au bénéfice, sans entraves des technologies éducatives, à tous les niveaux.
La multitude de l’offre et de la diversité des politiques publiques qu’encourage la révolution chaviste étend le gouvernement de l’actuel Président Nicolas Maduro et le renforce d’un riche héritage. La plupart de ces politiques répondent aux nomenclatures que l’UNESCO énumère parmi celles qui légitiment les objectifs qui donnent sa raison d’être à l’Organisation des Nations unies (ONU) : les patrimoines culturels, les textes imprimés et la littérature, la musique, les arts de la scène, le cinéma et la photographie, la communication et l’information ; enfin, la diversité culturelle.
Les nouvelles créations culturelles au service de l’État coexistent avec celles qui avaient fait preuve de créativité durant les administrations précédentes, parmi lesquels se distinguent :  Monte Avila Edition, El Perro y la Rana (Le chien et la grenouille), Bibliothèque Ayacucho, librairies du Sud, Revue Nationale de la Culture ; le système massif de magazines et de journaux, A plena voz y todos Adentro (À pleine voix et tous à l’intérieur), El Correo del Orinoco, (Le courrier de l’Orinoco) Ciudad Caracas y el suplemento cultural Letras  (Ville de Caracas et son supplément culturel Lettres) ; les chaînes de télévision telles que : Venezolana de Television, Direcciones culturales de las Universidades públicas (Répertoire culturel des universités publiques), La Casa Nacional de las Letras Andres Bello (La Maison nationale des Lettres Andres Bello), La imprenta nacional (La presse nationale), Archivo General de la Nación (Archives générales de la Nation), Instituto Autónomo Biblioteca Nacional (Institut autonome de la Bibliothèque nationale), Cenal (Centro Nacional del Libro – Centre national du livre), La Villa del Cine,  (la Ville du Cinéma), Compañía nacionales de teatro y danza, (Compagnies nationales de théâtre et danse), Unearte (Universidad de las Artes – Université des Arts), Movimiento del teatro penitenciario (Mouvement du théâtre de la prison), Complejo Cultural Teresa Carreño (Complexe Culturel Teresa Carreño), Fundarte, Direcciones de Cultura de alcaldías y gobernaciones, (Répertoire culturel des mairies et gouverneurs), Centro de Estudios Latinoamericanos Rómulo Gallegos (Centre d’Études latino-américaines Romulo Gallegos), Centro Cultural La Estancia (Centre Culturel La Estancia), Centro Nacional de Historia (Centre national d’histoire), Premio Internacional de Novela Rómulo Gallegos, (Prix International des Romans  Rómulo Gallegos), Premio Internacional de poesía Víctor Valera Mora (Prix international de poésie Victor Valera Mora), Premio Internacional al Pensamiento Crítico Simón Bolívar (Prix international à la pensée critique Simón Bolívar), La Filven (Feria internacional del libro – Foire international du libre), Semana Internacional del Libro, (Semaine Internationale du livre), La Misión Cultura y su diversidad (la Mission culture et sa diversité) et la Misión Música (la Mission Musique) qui appuie le Système national d’Orchestres des enfants et de la jeunesse, de renommée internationale, etc.
La culture ainsi comprise et subventionnée par l’État a permis de situer le Venezuela au deuxième rang dans la production de livre, dont les Vénézuéliens représentent 50% des lecteurs. La participation massive à des foires du livre (à faible coût et pour certaines gratuitement) explique cette ferveur pour la lecture.
La culture, en bref, occupe une place fidèle dans la construction de l’avenir de notre nation. Déjà, depuis sa création, la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela établit le droit général à la culture. Son préambule, écrit par le grand poète Gustavo Pereira, souligne les droits à la création et à la jouissance culturelle en toute liberté. Ce sont des caractéristiques typiques d’une nation multiculturelle et multiethnique, à la riche diversité culturelle, renforcées par une loi sur la culture.
L’Éducation, comme je l’ai indiqué, est liée à la culture de notre Révolution. En plus des écoles bolivariennes qui couvrent l’ensemble du territoire du Venezuela, le nombre des universités publiques et de leurs diplômés place notre pays est au deuxième rang de la région après Cuba au plan des inscriptions universitaires, et au cinquième rang mondial.
Notre pays a respecté les six objectifs de l’Éducation pour tous (EPT). En effet, grâce à la Mission Robinson, avec le programme Yo si puedo (« Moi je peux ») 1,5 millions de personnes ont appris à lire et à écrire. Avec une telle conquête, le Venezuela a été reconnu par l’UNESCO comme Territoire Libre d’Analphabétisme.
Les projets « Simoncito » pour l’éducation primaire (dès la petite enfance) bénéficient massivement aux enfants vénézueliens depuis leur plus jeune âge jusqu’à six ans et leur entrée à l’enseignement élémentaire. Ces projets font partie des Misiones Educativas (Missions d’enseignement). Deux de ces missions, Ribas et Sucre, permettent aux Vénézuéliens de conclure leurs études secondaires et d’entrer à l’Université.
Son équipement technologique a été primé par l’UNESCO lorsque la Mission Sucre fut présélectionnée comme une initiative permettant l’inclusion de l’enseignement supérieur « avec qualité, équité et pertinence ».
Les enfants, tout comme les élèves du niveau moyen et supérieur, bénéficient d’une éducation informatique gratuite avec des ordinateurs, appelés Canaimitas et les Infocentres. Ces systèmes ont été récompensés par l’UNESCO et considérés comme « bonnes pratiques ».
Le patrimoine matériel et immatériel ainsi que sa sauvegarde ont fait l’objet d’une vigilance obsessionnelle de la Révolution bolivarienne. Nombre d’entre eux ont été inscrits sur la Liste représentative du Patrimoine culturel et immatériel de l’Humanité de l’Organisation des Nations unies: « Les diables dansants » de Corpus Christi de Venezuela en 2012, La Fête de San Pedro de Guarenas y Guatire en 2013, La tradition orale Mapoyo et ses références symboliques dans le Territoire ancestral en 2014, les Connaissances et Techniques Traditionnelles liées à la Culture et au Processus de la Curagua en 2015.
Dans le registre « Mémoire du Monde », Programme du Secteur de la Communication de l’UNESCO, ont été inscrits : Les écrits du Libérateur Simón Bolívar, Colombeia : Archives du Général Francisco de Miranda et la collection des photographies latino-américaines du XIXème siècle.
La pensée et l’imagination organiques, comme une vérité pratique, qui ont dévoilé le « justiciero » Hugo Chavez Frías, continue comme système de vie politique socialiste au sein du gouvernement bolivarien de Nicolas Maduro et, comme la pluie sur la terre assoiffée, ravive l’histoire et l’avenir de toute la nation vénézuélienne et du continent  que Bolivar a imaginé comme un peuple sans frontières et hors du commun.   

Retour en haut de page
 
 

 
La lettre diplomatique Bas
  Présentation - Derniers Numéros - Archives - Nos Liens - Contacts - Mentions Légales