Mardi 24 Septembre 2019  
 

N°114 - Deuxième trimestre 2016

La lettre diplometque
  Éditorial
Inde
Malaisie
Venezuela
  Pour un resserrement des liens parlementaires franco-vénézuéliens
 
  Contribuer à faire perdurer une relation historique privilégiée
 
  La vérité sur le Venezuela
 
  Francisco de Miranda, trait d’union entre le Venezuela et la France
 
  Miranda célébré en France
 
  Les objectifs économiques de la Révolution bolivarienne
 
  « La Gran Mision Vivienda »
 
  Le Venezuela, un pays à aimer…
 
  De solides liens économiques à l’épreuve
 
   Le Venezuela, acteur majeur de l’intégration régionale
 
  La culture, priorité de la Révolution Bolivarienne
 
  Le Système national d’orchestres, de chœurs d’enfants et de jeunes du Venezuela interprète depuis 41 ans l’âme de tout un pays
 
  Les cacaoyers du Venezuela
 
  « L’intérêt des Vénézuéliens pour la langue française a toujours été important »
 
  La Maison de la France à Lechería, «centre d’échange de culture, traditions et coutumes».
 
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De solides liens économiques à l’épreuve

Durement éprouvés par la crise que traverse le Venezuela, les liens franco-venezueliens restent solides. Au plan économique, la France reste d’ailleurs un partenaire clé du pays, au troisième rang des investisseurs étrangers, avec un stock estimé à 5 milliards de dollars. Au travers des projets d’infrastructures emblématiques comme le métro de Caracas ou dans le secteur pétrolier, les entreprises françaises restent actives sur ce marché qui conserve tous ses atouts.

Sans conducteur, composé de six voitures, le Metropolis est le train de transport urbain le plus moderne de l’Amérique latine. Livré par le groupe français Alstom en mars 2015, il a été mis en service en août suivant dans le circuit métropolitain de Los Teques, ville de 140 000 habitants située dans l’agglomération de la capitale vénézuelienne Caracas. Depuis lors, il a permis de fortement accroître la circulation des usagers sur les deux lignes qui le composent, à hauteur de 6,6 millions d’usagers en juin 2016, selon le Président du métro de Los Teques, M. Farith Eduardo Fraija Norwood.
Un an auparavant, en mars 2015, celui-ci avait fait le déplacement à l’usine Alstom de Petite-Forêt, dans le nord de la France, pour assister au départ du premier train vers Caracas. Au total, c’est une commande de 22 rames de six voitures qu’a remporté le groupe Alstom en octobre 2011. Un contrat d’une valeur de 325 millions d’euros pour le spécialiste français du transport ferroviaire qui doit également assurer la coordination globale (ingénierie, intégration et mise en service du système électro-mécanique) du consortium en charge du développement de ce vaste projet. Baptisé Consortium Grupo de Empresas (GDE), et participant en qualité de sous-traitant du groupe d’entreprises, Consortio Linea 2, celui-ci comprend également les entreprises Colas Rail (22%) et Thales (17%).
Avec Alstom, ces trois entreprises sont à l’œuvre depuis plus de trente ans, avec d’autres, dans la réalisation de la majorité des projets de transport urbain du Grand Caracas, comme le développement des quatre lignes du métro de Caracas et la première de celui de Los Teques. Alors qu’une troisième ligne est envisagée à Los Teques, ce réseau d’infrastructure représente tout un symbole des liens économiques étroits qui lient historiquement la France et le Venezuela. C’est d’ailleurs la Banque française BNP-Paribas qui avait remporté en 1978 l’appel d’offres pour le financement de ce projet, permettant, grâce à une solution de financement alors innovante, aux industriels français, Alstom en tête, de remporter le contrat et d’ancrer durablement l’expertise française dans ce domaine. La première ligne du métro de Caracas sera inaugurée en 1983.
Autre secteur d’activité, autre partenariat durable, les hydrocarbures. Le groupe français Total est présent au Venezuela depuis 1980 dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz. En 2014, sa production atteignait 52 000 barils équivalent pétrole (bep) par jour, via ses participations dans Petrocedeno (30,3%) qui produit et convertit en brut léger des bruts extra-lourds de l’Orénoque, et dans le gisement gazier de Yucal Placer (69,5%), situé à environ 140 km au sud de la capitale Caracas, ainsi que dans le bloc 4 d’exploration offshore de la Plataforma Deltana (49%), dans le bassin de Colombus, à la frontière avec Trinidad y Tobago. À l’apogée de la montée en puissance de l’économie vénézuélienne, en 2012, le groupe pétrolier français voulait investir massivement pour atteindre un plateau d’environ 8,4 millions de m3 en vue de répondre à la demande en croissance. Chose faites puisqu’il y a consacré quelque 600 millions de dollars. Et même si la conjoncture pétrolière internationale a mis toute la production vénézuélienne en berne, le groupe français continue d’avoir bon espoir en la capacité de rebond du pays. Dans le secteur parapétrolier, le groupe Schlumberger a lui aussi réaffirmé sa volonté de poursuivre sa coopération avec la compagnie pétrolière nationale PDVSA ; ce bien qu’il ait dû récemment réduire la voilure de ses activités pour limiter les difficultés de trésorerie dans le pays.
De fait, le Venezuela demeure avec un PIB représentant plus de 250 milliards de dollars, la 5ème économie de l’Amérique latine. Détenant les premières réserves mondiales de pétrole (soit plus de 296 milliards de barils de pétrole, devant l’Arabie saoudite), il dispose aussi de nombreuses autres ressources minérales : fer, bauxite, nickel, charbon. Pourtant, alors qu’elle figurait parmi les plus élevées de l’Amérique latine jusqu’en 2012, la croissance du Venezuela s’est totalement essoufflée. En cause, la chute des cours du pétrole qui représentent 96% des entrées de devises et l’aggravation des déséquilibres macroéconomiques. Résultat, le PIB s’est contracté pour la deuxième année consécutive, de 5,7% en 2015.
En dépit de ces difficultés, le Venezuela a payé les échéances de sa dette externe des quatre premiers mois de l’année 2016 (environ 3,5 milliards de dollars), repoussant catégoriquement tout perspective de défaut.     CH

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