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  Samedi 27 Mai 2017  
 

troisième trimestre 2014

La lettre diplometque
  Éditorial
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Grèce
  « La Grèce et la France sont unies de longue date par des liens traditionnels d’amitié et de coopération »
 
  Aujourd’hui comme hier, nos relations sont étroites et fécondes
 
  Le Groupe d’amitié, un observatoire des relations franco-helléniques
 
  « Mieux appréhender les réalités économiques, sociales et culturelles de la Grèce »
 
  Les priorités du redressement de l’économie grecque
 
  Grèce-OCDE : un partenariat étroit pour surmonter la crise
 
  La Grèce, un acteur-clé de la sécurité énergétique européenne
 
  Des entreprises françaises plus que jamais confiantes en l’avenir de la Grèce
 
  « Les entreprises grecques n’ont cessé d’afficher un dynamisme en décalage avec la réalité économique du pays »
 
  Thales en Grèce
 
  Alstom, un acteur engagé dans le secteur grec de l’énergie
 
  « Un environnement des affaires difficile mais porteur d’opportunités »
 
  Participer au rayonnement culturel de la Grèce
 
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     Grèce
 

Des entreprises françaises plus que jamais confiantes en l’avenir de la Grèce

Par M. Philippe Boin,
Chef du Service économique de l’Ambassade de France en Grèce

Les relations économiques et commerciales entre la France et la Grèce doivent être resituées dans la perspective historique d’une relation forte entre nos deux pays aux plans notamment politique, qu’il s’agisse du soutien de la France au mouvement d’indépendance de la Grèce au début du XIXème siècle ou de son appui pour l’entrée de la Grèce au sein de la Communauté européenne, la culture hellénistique constituant une référence incontournable de nos valeurs. Le regard que les Français, individuellement ou à travers leurs entreprises, portent sur la Grèce, celle du passé mais aussi celle d’aujourd’hui, sera toujours profondément marqué par une histoire et une culture somme toute communes.
Ce constat, peut-être d’évidence mais qu’il faut rappeler, explique sans nul doute la très forte présence des entreprises françaises en Grèce à travers un stock d’investissements directs de 2,7 milliards d’euros à la fin 2012*, ce qui place la France au 3ème rang des investisseurs étrangers, derrière le Luxembourg et l’Allemagne.
Pratiquement tous les secteurs d’activité sont couverts à travers environ une centaine de filiales directes employant environ 11 500 personnes et réalisant un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros dans l’énergie (Edison/EDF, GDF Suez, EDF Energies Nouvelles), les matériaux de construction (Lafarge, Saint-Gobain), l’agro-alimentaire (Danone, Pernod-Ricard), la pharmacie (Sanofi, Servier, Pierre Fabre, Biomérieux, Virbac), les cosmétiques (L’Oréal, Séphora), l’électromécanique (Schneider Electric, Alstom Grid, Nexans), les infrastructures de transports (Alstom, Vinci, Thales, Egis), les services tels que la distribution spécialisée (Leroy-Merlin, Total), le tourisme-hôtellerie (Club Med, Accor), les services aux entreprises (Bureau Veritas, Teleperformance, Newrest, Cofely) ou aux hôpitaux (Air Liquide), ou enfin, les assurances (Axa, Groupama). Certains groupes ont établi depuis longtemps en Grèce leur centre de R&D tels que Bic pour ses rasoirs.
Encore faut-il pour apprécier la réalité de la présence des entreprises et des produits français en Grèce, ajouter un très grand nombre de distributeurs nationaux grecs de marques françaises qu’il s’agisse de groupes de luxe tel que LVMH ou de grande distribution tel que Carrefour franchisé avec le grec Marinopoulos.
La crise a, il est vrai, durement frappé les banques françaises, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, qui étaient présentes en Grèce jusqu’en 2013 et ont dû se retirer du marché, du moins des activités « retail ». En même temps, malgré la crise, nos entreprises ont fait le choix de rester fidèles au marché grec, choisissant de se restructurer dans l’attente de jours meilleurs.  
La stabilisation de l’économie grecque en 2014 et l’espoir d’une reprise en 2015 conduisent nos entreprises à faire le pari de la sortie de crise de ce pays qui représente il faut le souligner, un marché de 185 milliards d’euros. Traditionnellement présents sur les grands contrats et les grands travaux, nos groupes industriels participent activement au programme de privatisation engagé par la Grèce depuis deux ans.
De fait, nos entreprises marquent aujourd’hui leur intérêt pour les procédures d’appel d’offres dans les chemins de fer, qu’il s’agisse de l’opérateur ferroviaire Trainose avec un intérêt de la SNCF, ou qu’il s’agisse de l’entreprise de maintenance du matériel ferroviaire roulant Rosco avec un intérêt d’Alstom Transport. De même, Vinci Concessions s’intéresse aussi à la privatisation de deux groupes d’aéroports régionaux dont le développement sera essentiel pour la promotion du tourisme en Grèce. Rappelons que le groupe Vinci, qui a construit il y a dix ans le magnifique pont de Rion Antirion, participe depuis la fin 2013 au redémarrage du programme autoroutier grec. Dans le domaine des services publics de concession d’eau, Suez Environnement continue de suivre le devenir de la concession des eaux de Thessalonique.
Nos groupes sont présents dans les travaux de modernisation d’infrastructures électriques tels que récemment signée, l’interconnexion électrique devant relier d’ici deux ans les îles des Cyclades au continent, à laquelle participe Alstom Grid. De même Alstom Transport participe aux travaux d’électrification/signalisation du métro d’Athènes, jusqu’au Pirée et Thales vient de signer un contrat d’électrification/signalisation du chemin de fer de Kiato.
Dans le domaine des échanges commerciaux, si la crise a naturellement pesé sur l’activité, de 2008 à 2012, on observe depuis 2013 une quasi-stabilisation avec un volume total de 2,8 milliards d’euros, soit 2,2 milliards d’euros d’exportations françaises et 0,6 milliard d’euros d’importations de produits grecs. Cette situation permet à la France de dégager un excédent important, de 1,6 milliard d’euros, faisant de la Grèce notre 7ème excédent bilatéral dans le monde et notre 1er excédent en zone Euro.
Nos exportations ont légèrement progressé en 2013 (+2,3%), dans un marché grec encore en contraction, ce qui s’est traduit par une augmentation de la part de marché des produits français, qui passe ainsi de 4,3% en 2012 à 4,6% en 2013, faisant de la France le 6ème fournisseur de la Grèce. Nos exportations sont largement dominées par les produits agro-alimentaires, soit 25% du total, suivis des biens d’équipements mécaniques, électriques, pharmaceutiques.
A l’inverse nos achats de produits grecs font de la France le 10ème client de la Grèce, mais ils ne représentent à 0,6 milliard d’euros, que 0,1% des importations françaises (la Grèce étant le 60ème fournisseur de la France), et ils portent principalement sur la filière agro-alimentaire et des demi-produits métallurgiques et métalliques. Cette place marginale de la Grèce, fort compréhensible compte tenu de la disparité importante entre les deux économies, se retrouve aussi dans une faible présence d’investissements directs étrangers (IDE) grecs en France, centrés sur la pharmacie (15 millions d’euros).
Les relations économiques et commerciales englobent aussi les flux de touristes français en Grèce avec en 2013, 1 150 000 touristes français dans ce pays, en augmentation de 18% sur 2012, représentant 6,4% du nombre total de touristes étrangers et classant la France au 4ème rang de la fréquentation touristique en Grèce.
Enfin, nos relations économiques et commerciales s’inscrivent aussi dans le contexte du soutien apporté à la Grèce par la Troïka, soutien financier, via les mécanismes européens, et soutien technique à travers la Task Force. La France qui a toujours plaidé au plus fort de la crise, pour le maintien de la Grèce au sein de la zone euro, apporte une assistance technique importante en vue de moderniser l’administration grecque, notamment en matières fiscale et administrative. L’enjeu est ici de permettre à la Grèce de sortir de la crise, réformée, plus compétitive, plus attractive, afin de retrouver un sentier de croissance plus vertueuse que par le passé mais aussi plus soutenable. Les entreprises françaises qui sont restées fidèles à la Grèce durant les épreuves de la crise, ont plus que jamais confiance dans l’avenir de ce pays.   

*- Dernière année pour laquelle nous disposons de statistiques.

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