Mardi 16 Juillet 2019  
 

N°95 - Troisième trimestre 2011

La lettre diplometque
  Éditorial
El Salvador
Kosovo
  Trois étapes clé de l’histoire contemporaine du Kosovo
 
  Le Kosovo en marche
 
  Des liens privilégiés entre le Kosovo et la France
 
  La route vers le Camp Nou passe par l’intégration européenne du Kosovo
 
  « Nous devons inciter à voter la reconnaissance du Kosovo »
 
  Un marché à conquérir
 
  L’aéroport de Pristina, exemple d’une coopération réussie
 
  Vers un tournant pour le Kosovo
 
Tanzanie
Sri Lanka
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Enjeux Économiques
 
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     Kosovo
 

Un marché à conquérir

La toute jeune République du Kosovo s’apprête à célébrer le 4 février 2012 le 4ème anniversaire de son indépendance. Mise à genoux par une décennie de guerre, l’économie kosovare montre pourtant des signes de redressement avec une croissance estimée à 5% en 2011 par le Fonds monétaire international (FMI). Une dynamique portée par de profondes réformes et la volonté d’attirer les investisseurs étrangers.

Situé au cœur des Balkans, le Kosovo aspire à devenir la plateforme des échanges régionaux. Un rêve qui pourrait en partie se réaliser grâce à l’autoroute reliant Pristina à la côte adriatique. Estimé à 1 milliard de dollars, ce projet colossal devrait donner une bouffée d’air à ses échanges commerciaux, en attendant que se concrétise la lente normalisation de ses relations avec la Serbie. Une nécessité pour ce pays dont la jeunesse est confrontée à un chômage massif et dont l’économie reste pour une grande part encore informelle.
Pourtant, le Kosovo est loin d’être dépourvu d’atouts économiques. Son sous-sol renferme de nombreuses ressources minières, au premier rang desquelles le lignite (5ème réserves du monde), le plomb et le zinc (48 millions de tonnes), le chrome (89 millions de tonnes), le nickel (16 millions de tonnes) et la bauxite (13,2 millions de tonnes).
Avec la baisse des cours des matières premières, la crise financière internationale a achevé de mettre à mal un appareil industriel en sous-investissement chronique. Le gouvernement kosovar a dès lors fait le pari de la libéralisation économique en accélérant le processus de privatisation comprenant notamment ses grandes entreprises minières. En mars 2011, l’Agence de privatisation du Kosovo (PAK) a ainsi initié la vente du géant de la métallurgie Trepça. Parallèlement, la Commission pour les mines et minéraux (ICMM) a attribué 21 licences pour l’exploration de gisements miniers. Celle-ci estime que leur valorisation pourraient à moyen terme générer plus de 7,6 milliards d’euros et contribuer à la création de 20 000 emplois.
Dans le cadre du processus de privatisation, le capital d’autres entreprises publiques a déjà été ouvert comme celui de la compagnie des Postes et télécommunications du Kosovo (PTK) ou de Kosovatex, spécialisé dans la confection de produits textiles.
L’autre front sur lequel se battent les autorités est l’amélioration du cadre des affaires. Une série de mesures a commencé à être mise en œuvre en novembre 2011 pour simplifier les procédures de création d’entreprise, avec l’ouverture de guichet unique d’enregistrement dans plusieurs municipalités et l’abaissement des délais à 3 jours au lieu de 23 actuellement. Visant à placer le Kosovo parmi les 40 meilleurs pays pour l’investissement, le plan du Premier Ministre Hashim Thaçi table pour la période 2011-2014 sur une croissance comprise entre 7 et 8% et un abaissement du taux de chômage à hauteur de 10%.
Selon l’Agence de promotion des investissements du Kosovo (IPAK), les flux d’investissements étrangers directs ont atteints une moyenne de 100 millions d’euros par an au cours de la période 2001–2006 et ont plus que triplé en 2008 pour s’élever à 357 millions d’euros.
Pour l’heure, les investisseurs français se montrent frileux en dépit de l’intérêt suscité par la conférence organisée au MEDEF le 4 juin 2010 à Paris, en présence du Ministre du Commerce et de l’Industrie Lutfi Zharku. Représentant le premier grand projet de partenariat public-privé au Kosovo, l’attribution d’une concession de 20 ans au consortium franco-turc Limak-Aéroports de Lyon pourrait néanmoins inciter d’autres entrepreneurs de l’Hexagone à se lancer sur ce marché où tout reste encore à faire.
CH               

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