Dimanche 21 Avril 2019  
 

N°95 - Troisième trimestre 2011

La lettre diplometque
  Éditorial
El Salvador
Kosovo
  Trois étapes clé de l’histoire contemporaine du Kosovo
 
  Le Kosovo en marche
 
  Des liens privilégiés entre le Kosovo et la France
 
  La route vers le Camp Nou passe par l’intégration européenne du Kosovo
 
  « Nous devons inciter à voter la reconnaissance du Kosovo »
 
  Un marché à conquérir
 
  L’aéroport de Pristina, exemple d’une coopération réussie
 
  Vers un tournant pour le Kosovo
 
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     Kosovo
 

« Nous devons inciter à voter la reconnaissance du Kosovo »

Par M. Christian Ménard,
Député du Finistère, Président du groupe d’études
à vocation internationale France-Kosovo de l'Assemblée nationale

Cela fait maintenant presque 10 ans que je me suis rendu pour la première fois au Kosovo au titre d’une mission de la Commission de la Défense. A l’époque, le pays m’était inconnu et je n’en avais qu’une vue limitée au travers des événements qui l’avaient cruellement marqués et que les médias
nous relayaient.
Ma première impression fut celle d’un pays en guerre dont on percevait mal le devenir. Une quinzaine de déplacements dans le cadre de nouvelles missions tant militaires que parlementaires me permirent de mieux appréhender sa forte identité, sa diversité culturelle mais aussi son potentiel économique à peine naissant.
Cette découverte ne me fut possible qu’au travers de relations progressivement tissées au fil du temps. Et si, en cette occasion, un élément mérite d’être rappelé, c’est le rôle essentiel joué par l’Assemblée nationale française et le Ministère des Affaires étrangères dans le cadre du soutien apporté à la mise en place du Parlement kosovar.
Aussi, est-ce avec une grande joie que la France, l’un des premiers pays à soutenir le Kosovo, a-t-elle accueilli, en février 2008, la nouvelle de son indépendance et son aspiration, après bien des années de guerres et de conflits, à trouver sa place au sein de la famille européenne.
A l’heure où sont écrites ces lignes, 85 pays ont déjà reconnu son existence officielle. Seuls, quelques rares, pour des raisons qui leur sont totalement propres, hésitent encore à franchir le pas. Aussi, de toutes nos forces, devons-nous les inciter à voter cette reconnaissance, factrice de paix dans une région qui a connu bien des soubresauts. Et c’est au travers des échanges entre nos deux pays que nous pourrons y contribuer.
C’est ainsi qu’en juin 2010, sur l’invitation du groupe d’amitié Kosovo-France présidé par M. Sabri Hamiti, j’ai eu le plaisir de conduire la délégation parlementaire de l’Assemblée nationale à Pristina et de rencontrer différents interlocuteurs tels que M. Fatmir Sejdiu, à l’époque Président de la République, M. Hashim Thaçi, Premier Ministre, ou encore M. Skender Hyseni, alors Ministre des Affaires étrangères. Au terme de notre séjour, nous nous sommes félicités de l’évolution démocratique connue par ce pays qui souhaite ardemment intégrer l’Union européenne. Il serait injuste, en cette occasion, de ne pas rappeler ici l’œuvre accomplie par les troupes françaises de la KFOR (Force de maintien de la paix au Kosovo de l’OTAN) et sa contribution à la paix, à la stabilité ainsi qu’à la sécurité du Kosovo, sans oublier l’engagement et le soutien apporté par nos institutionnels aux aspirations du peuple kosovar dans sa lutte pour la liberté et l’indépendance.
En novembre 2011, une délégation parlementaire du groupe d’amitié Kosovo-France, conduite par M. Jakup Krasniqi, Président de l’Assemblée kosovare, accompagné de M. Sabri Hamiti, nous a rendu visite, d’abord à Paris dans le cadre d’échanges institutionnels, puis en Bretagne où elle a pu découvrir notre tissu économique, culturel, mais aussi les hommes qui peuplent ce territoire et où l’identité compte. Il s’agit là d’une richesse que nous saurons partager, car nous possédons beaucoup de similitudes.
Le Kosovo compte en effet une multitude de « facettes » culturelles, bien souvent inconnues (ethnologiques, archéologiques, religieuses, patrimoniales...).
Mais l’un des défis majeurs de ce jeune pays résidera dans sa capacité à atteindre son indépendance économique et, en premier lieu, son autosuffisance alimentaire. Il en a les possibilités : des terres riches pouvant absorber une agriculture ainsi qu’une industrie agroalimentaire propice à subvenir aux besoins des populations, voire d’exporter, en certains domaines.
Si l’existence d’un sous-sol riche, en matière minière, permet de fonder beaucoup d’espoirs, l’autonomie énergétique sera certainement l’un des enjeux majeurs de ces prochaines années. Ceci ne sera possible qu’avec l’assentiment et le concours de cette population jeune, dynamique, qui croit en son avenir, un avenir qui passe par la stabilisation totale du pays, le respect des diverses entités qui le peuplent mais aussi le retour de relations normales avec la Serbie, condition sine qua non d’intégration européenne pour les deux pays.
Qu’il me soit permis, à l’issue de cet article, de souligner les liens qui nous lient désormais à nos collègues parlementaires kosovars, mais aussi à S.E.M. Muhamedin Kullashi, Ambassadeur du Kosovo en France, ainsi qu’à son équipe qui, inlassablement, œuvrent à l’amitié entre nos deux pays. Ces relations ont depuis longtemps dépassé le niveau diplomatique.                            

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