Vendredi 19 Juillet 2019  
 

N°94 - Deuxième trimestre 2011

La lettre diplometque
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République tchèque
  La République tchèque et l’OCDE : un bon exemple de coopération économique internationale
 
  Le rebond de l’économie tchèque se confirme
 
  « Notre relation commerciale est marquée par un fort dynamisme »
 
  La République tchèque en pointe dans l’aérospatial
 
  Faire vivre le patrimoine tchèque dans le Sud de la France
 
  La culture au cœur des relations franco-tchèques
 
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     République tchèque
 

Le rebond de l’économie tchèque se confirme

Pays le plus industrialisé de l’Union européenne, la République tchèque a surmonté sans trop de heurts le tsunami financier de l’automne 2008. Après une sévère contraction de son PIB en 2009, la progression est redevenue positive, maintenant le marché tchèque parmi les destinations privilégiées des investisseurs étrangers.

 

Portée par une croissance de 0,8% au premier trimestre 2011, la République tchèque confirme sa reprise économique. En 2010, la hausse du PIB avait atteint 2,3%. L’un des facteurs de cette dynamique réside dans l’attractivité du marché tchèque auprès des entreprises étrangères. 
Celles-ci ont investi 5,12 milliards d’euros, soit plus du double qu’en 2009, selon les chiffres du Vienna Institute for International Economic Studies (WIIW). Pour continuer à séduire les investisseurs, l’économie tchèque affiche la plus forte progression des retours sur investissement en Europe centrale et orientale. L’environnement des affaires est constamment amélioré avec un impôt sur les sociétés abaissé à 19% contre 21% en 2008. Dans le rapport Doing Business 2011, la République tchèque prend en outre la première place mondiale pour ce qui est de l’amélioration des conditions de fermeture des entreprises, grâce à une réforme facilitant la réaffectation rapide des actifs. Des efforts qui lui ont permis d’être répertoriée par la Banque Mondiale dans le « Groupe des pays à revenus élevés de l’OCDE ».
Les investissements étrangers jouent, en effet, un rôle stratégique pour l’économie tchèque. Les multinationales réalisent plus de la moitié de la production nationale. Et, selon une étude de l’agence de promotion des investissements Czech Invest, elles seraient à l’origine de près de 60% des projets réalisés au cours des vingt dernières années dans le secteur industriel ou dans les centres de technologie.
Or, l’impact de la crise financière s’est fait durement ressentir. Le rapport sur l’investissement dans le monde 2009, de la CNUCED, relève ainsi une chute de 42% des investissements étrangers entre 2008 et 2009. Un chiffre à relativiser néanmoins avec la tendance internationale qui atteint -37% dans le même temps.
A l’instar des Fromageries Bel, certaines entreprises ont dû réduire leurs activités sur le marché tchèque. Mais, même au plus fort de la crise, la République tchèque a conservé toute son attractivité. La prise de contrôle du laboratoire tchèque Zentiva par le géant pharmaceutique français Sanofi-Aventis représente ainsi l’une des plus importantes acquisitions réalisées dans le monde en 2009, d’un montant de 2 milliards de dollars. Objectif pour Sanofi-Aventis : « en faire une plateforme de croissance sur les marchés d’Europe centrale et de l’Est, ainsi qu’en Turquie et en Russie. »
La position de l’économie tchèque, au cœur du continent européen demeure l’un de ses principaux atouts. Après la chute du régime communiste et la partition de l’Etat tchécoslovaque, sa stratégie de développement a été conçue sur une forte ouverture à l’exportation adossée à ses puissantes capacités industrielles. La République tchèque est ainsi devenue le cinquième producteur automobile européen.
Derrière le secteur électronique, c’est la filière qui a connu la 2ème plus forte croissance (+202%) entre 2000 et 2009. Avec son associé japonais Toyota, le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën a investi 1,3 milliard d’euros. Inaugurée en 2005, leur usine commune TPCA produit chaque année à Kolin, petite ville tchèque située à 60 km de Prague, près de 330 000 voitures citadines, dont 230 000 Peugeot 107 et Citroën C1, soit 35% de la production automobile du pays.
Cette spécialisation a également drainé de nombreux équipementiers comme le groupe Faurecia qui a initié une nouvelle phase de développement en République tchèque au cours de ces dernières années. Le n°2 de l’équipement automobile européen a en effet décidé de fermer ses usines de coiffes de sièges de Tabor et Pocatky pour se concentrer sur les trois métiers (la structure des sièges, l’échappement et l’habitacle) qu’il privilégie désormais sur le site de Pisek, en Bohême du Sud. Faurecia a également consacré 20 millions d’euros à la construction d’une nouvelle usine dédiée à la production de systèmes d’échappement à Karviná (Moravie-Silésie).
En 2009, la République tchèque représentait 28% du stock d’investissements directs français en Europe centrale. Près de 500 entreprises françaises sont implantées dans le pays, employant environ 100 000 salariés, principalement dans le secteur industriel. Selon la Banque de France, le stock d’investissements directs français s’élevait à 7,1 milliards d’euros fin 2009, au 4ème rang des pays étrangers investisseurs.
En dépit de l’arrivée de quelques nouvelles entreprises sur le marché tchèque comme l’enseigne sportive française Décathlon qui a ouvert son premier magasin fin 2010, à Liberec, l’Année économique franco-tchèque (AEFT) de juillet 2008 à juillet 2009 n’aura sans doute pas eu tous les effets escomptés. Pourtant, la coopération économique franco-tchèque est bien concrète et figure au cœur du partenariat stratégique signé entre les gouvernements des deux pays en juin 2008, et renouvelé à l’occasion de la visite du Premier Ministre tchèque Petr Necas à Paris en février 2011.
De nouveaux secteurs comme l’éco-construction pourraient peser davantage à l’avenir dans les relations économiques franco-tchèques. Avec la construction de l’Institut de technologie de l’Europe Centrale (CEITEC) à Brno, les secteurs davantage liés à la recherche & développement devraient occuper une part accrue. L’énergie demeure également l’un des secteurs les  plus prometteurs. En mai 2010, la filiale Dalkia du groupe français Veolia a conclu un partenariat industriel avec le géant tchèque de l’électricité CEZ, se matérialisant par la reprise de NWR Energy, société basée à Ostrava qui distribue de l’électricité et produit de la chaleur, de l’eau chaude et de l’air comprimé pour les industriels des mines de la région de Moravie-Silésie.
Mais c’est surtout dans le secteur du nucléaire que les attentes sont les plus fortes. Le spécialiste français du secteur, Areva, s’est porté candidat à l’appel d’offres lancé en 2009 pour la construction des 3ème et 4ème tranches de la centrale nucléaire tchèque de Temelin. Une commande qui pourrait porter sur 20 milliards d’euros. Face à ses concurrents, l’américain Westinghouse et un consortium russo-tchèque, Areva met en avant son réacteur de troisième génération EPR. Les résultats de l’appel d’offres ne seront pas connus avant 2013. En attendant, le Ministre français de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, Eric Besson, a signé le 18 mai 2011 avec son homologue tchèque, Martin Kocourek, une feuille de route sur la coopération en matière d’énergie nucléaire. Celle-ci couvre un programme conjoint de formation des étudiants et des projets de recherche et de développement, ainsi que les questions liées à la sûreté nucléaire.      CH

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