Dimanche 26 Mai 2019  
 

N°94 - Deuxième trimestre 2011

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  Le Conseil de l’Europe : une enceinte essentielle pour la Slovénie
 
  La Slovénie, un membre jeune et déjà très actif de l’OCDE
 
  Le marché slovène surmonte la crise
 
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Le Conseil de l’Europe : une enceinte essentielle pour la Slovénie

Par S.E.M. Damjan Bergant
Ambassadeur, Représentant permanent de la Slovénie
auprès du Conseil de l’Europe

 

La République de Slovénie célèbre en 2011 le 20ème anniversaire de son indépendance et de son intégration dans la scène internationale. Avant même 1991, les représentants slovènes avaient préparé, le terrain à l’adhésion de ce nouvel État aux organisations internationales, y compris au Conseil de l’Europe. L’ex-Yougoslavie n’a jamais été membre de cette dernière ; la Slovénie, néanmoins, alors qu’elle n’était qu’une des républiques de l’ancien État fédéral, s’est toujours employée à ce qu’elle adhère aux processus d’intégration européens.
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a recommandé, en septembre 1991,  aux États membres d’examiner la possibilité de reconnaître la République de Slovénie. En 1992, la Slovénie a ouvert une représentation à Strasbourg, initialement sous la forme d’un Consulat général, et a nommé son premier représentant permanent auprès du Conseil de l’Europe. Dès 1991, ce dernier, l’Ambassadeur Andrej Novak, s’est appliqué sans relâche, dans le cadre de sa mission, à s’adjoindre la présence d’experts slovènes à Strasbourg dans l’espoir que la République de Slovénie soit reconnue par la plupart des États membres du Conseil de l’Europe d’alors.
Une délégation de parlementaires slovènes a participé, en février 1992, à une audition devant la Commission des questions politiques de l’Assemblée parlementaire à Paris et, suite à la décision du Bureau élargi, la Slovénie a obtenu le statut d’invité spécial lors de la réunion de l’Assemblée du mois de janvier. En mars 1992, le Comité des délégués des ministres a examiné la demande d’adhésion à part entière au Conseil de l’Europe  de la République de Slovénie ; sur cette base, l’Assemblée parlementaire a entamé des procédures de vérification pour l’adhésion de la Slovénie au Conseil de l’Europe. Le 14 mai 1993, la procédure s’est achevée par l’adoption de la décision sur l’adhésion à part entière de la République de Slovénie au Conseil de l’Europe.
Depuis lors, la Slovénie est un État membre actif de cette organisation internationale qui siège à Strasbourg, où elle tâche de contribuer au développement des idées de la démocratie, de l’Etat de droit et des droits de l’homme en Europe et au-delà.
L’année 2009 a certainement été l’une des plus actives pour la Slovénie depuis son adhésion au Conseil de l’Europe. Après avoir été membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations unies dans les années 1998-1999, sa présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2005 et la présidence du Conseil de l’Union européenne en 2008, la présidence de la Slovénie au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe est venue couronner l’engagement international de cet État relativement jeune au sein du concert des nations.
Nous sommes fiers de notre activité au sein de toutes les organisations, et plus particulièrement de notre action au sein du Conseil de l’Europe, cette organisation paneuropéenne œuvrant pour les droits et libertés fondamentales. La démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’homme constituent, en effet, les fondements de son action depuis désormais plus de 60 ans et l’importance de son rôle est considérable pour l’Europe.
Actuellement, l’organisation se trouve à un carrefour puisque les nouveaux défis et les évolutions au sein de la communauté internationale, conjointement à la crise économique et financière, soulignent la nécessité de la réformer au plus vite et d’orienter son activité en vue de garantir la permanence des valeurs qu’elle défend.
Le rôle du Secrétaire général du Conseil de l’Europe, M. Thorbjorn Jagland, est particulièrement important, les États membres, dont la Slovénie, devant œuvrer conjointement pour impérativement trouver les moyens d’agir pour l’avenir. La France, évidemment, en tant que pays hôte du siège de cette organisation internationale, joue un rôle essentiel et doit davantage contribuer à la réforme du Conseil de l’Europe tant en ce qui concerne la nature de son action que dans celui de l’organisation.
L’expérience acquise par la Slovénie à la tête de diverses organisations internationales se révèle être très utile pour son développement et son action à l’avenir, conférant, en même temps, à son histoire une empreinte particulière. La Slovénie est, notamment au sein du Conseil de l’Europe, un État qui peut mettre en exergue des valeurs positives. Elle a en effet trouvé une réponse à la situation de ses deux minorités nationales et de la communauté rom qui peut servir d’exemple.
Les États doivent accomplir les tâches qu’ils se sont assignées au sein du Conseil de l’Europe dans tous les domaines. C’est le seul moyen pour cette organisation internationale de se distinguer et de garantir une existence meilleure et, surtout, plus sûre aux États et à leurs ressortissants. Le Conseil de l’Europe est une institution importante qui a pour vocation d’élaborer des recommandations à l’attention des États sur la nécessité de réglementer les questions relevant des droits de l’homme.
Nous n’estimons pas à sa juste mesure l’importance de cette organisation qui, du fait de son histoire, commence à perdre quelque peu de son poids auprès de certains États et, en particulier, au niveau de l’Union européenne. La Slovénie reconnaît l’importance de cette organisation et continuera, de ce fait, à plaider en faveur du caractère impérieux de ses décisions en tenant compte des nouveaux défis de la communauté internationale auxquels elle devra, cependant, s’adapter.
La Représentation permanente de la République de Slovénie auprès du Conseil de l’Europe est une mission modeste, ne comptant que deux diplomates, à la mesure de l’État qu’elle représente. Il ne s’agit pas de juger quantitativement l’envergure de l’action de cette organisation internationale, mais de souligner les aspects qualitatifs que nous nous appliquons à assurer en y représentant les intérêts de la Slovénie.
Je puis affirmer que l’année qui s’est écoulée à Strasbourg a été fructueuse et satisfaisante en ce qui concerne notre coopération avec le Conseil de l’Europe. Nous souhaiterions, toutefois, voir s’améliorer la coopération avec les autorités locales qui ont le privilège de pouvoir accueillir dans leur ville une organisation internationale d’une telle envergure. Ensemble, nous pouvons rendre cette organisation encore meilleure et plus concrète.    

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