Mercredi 26 Juin 2019  
 

N°94 - Deuxième trimestre 2011

La lettre diplometque
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  L’amitié franco-israélienne : un atout pour le processus de paix
 
  Mieux faire connaître Israël en France
 
  « Continuer à œuvrer ensemble pour accomplir l’idéal européen »
 
  France-Israël : « porter la relation économique bilatérale au niveau de la relation diplomatique »
 
  Le défi israélien des entreprises françaises : rattraper le peloton européen
 
  Israël affiche son dynamisme au 49ème Salon de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget 2011
 
  IAI, un partenaire majeur de la France et de l’UE dans les technologies aérospatiales
 
  Israël : partenaire privilégié de la France pour l’innovation et la croissance des entreprises
 
  Le Technion : vecteur de la coopération scientifique franco-israélienne
 
  Le Conseil Pasteur-Weizman, fleuron de la collaboration scientifique entre la France et Israël
 
  Soixante années de coopération franco-israélienne dans le domaine des sciences humaines et sociales
 
  La Fondation France Israël : mieux se comprendre pour mieux entreprendre
 
  Marseille - Haïfa : plus de 50 ans de coopération
 
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Le Technion : vecteur de la coopération scientifique franco-israélienne

Par Mme Muriel Touaty
Directrice générale
de l’Association Technion France

 

L’Association Technion France, que je dirige depuis huit ans maintenant, a une mission claire et bien précise : promouvoir le Technion, l’Institut israélien de technologie (Israel Institute of Technology), dans les milieux scientifiques, industriels et économiques, et faire connaître les réalisations et ses projets dans les domaines de la recherche scientifique et technologique.
De plus, elle entend favoriser l’établissement de rapports étroits entre ces milieux et l’ensemble des scientifiques, enseignants et étudiants du Technion, en vue de développer la coopération sur des projets d’intérêt commun.
Elle a également pour but de multiplier les évènements et les conférences en France en invitant des professeurs spécialistes d’Israël. J’ai souhaité décentraliser l’Association Technion France en développant des antennes dans les régions stratégiques de France, telles que Marseille, Strasbourg, Toulouse, Lyon et Nancy.
Le Technion est la première université scientifique et technologique israélienne, fondée en 1924, soit 24 ans avant la création officielle de l’Etat d’Israël. Un des pères fondateurs de cette grande institution du savoir est Albert Einstein.
Le Technion est l’un des plus grands centres de recherche appliquée dans le monde. Son niveau d’excellence est comparé à celui du MIT (Massachusetts Institue of Technology). Il accueille aujourd’hui 13 000 étudiants originaires du monde entier qui peuvent choisir parmi 19 facultés couvrant les champs les plus pointus de la recherche et de l’innovation scientifique et technologique : des nanotechnologies aux biotechnologies, des sciences informatiques aux mathématiques, du génie chimique à la physique théorique, de la recherche médicale, puisque nous avons une faculté de médecine très performante, à l’environnement et au génie civil. Le Technion couvre ainsi tous les champs les plus pointus de la recherche. De plus, la relation entre l’université et les centres de recherche est très étroite.
Les étudiants du Technion sont très tôt associés au travail des chercheurs au travers de stages ou des projets. L’institut compte plus de 40 centres de recherches dans les domaines de la physique théorique, l’aérospatiale, la chimie et les sciences de la vie, ou encore de l’eau, au sein desquels est favorisée la recherche interdisciplinaire et multidisciplinaire et qui figurent au nombre des ressources nationales.
La force incontestable du Technion réside dans l’excellence de sa recherche scientifique et de son innovation technologique. En témoigne le premier prix Nobel scientifique à avoir été attribué en 2004 à Israël, et plus précisément à deux chercheurs de la Faculté de médecine Rappaport, MM. Avram Hershko et Aaron Ciechanover aux côtés de l’Américain Irwin Rose, pour la découverte de l’ubiquitine par la dégradation protéinique, considérée comme une avancée majeure dans la guérison des cancers.
Sa force, c’est également ses 70 000 anciens élèves qui sont une des ressources les plus précieuses du pays. Ils représentent 80% des ingénieurs agréés en Israël. Ce sont eux qui ont créé l’infrastructure industrielle du pays, contribué à renforcer ses capacités de défense et qui ont fait œuvre de pionnier en matière d’entreprise technologique. Ils sont aux commandes des industries hi-tech en Israël et dans le monde, dont une grande partie est cotée au NASDAQ (2ème marché d’actions des Etats-Unis).
Les entreprises internationales telles que Intel, Motorola, HP, Google et bien d’autres ont été attirées par la qualité des diplômés du Technion et ont choisi Israël pour y établir leur centre de recherche et de développement.
Un des axes et préoccupations majeurs au sein du Technion est l’innovation : comment valoriser la recherche, comment identifier les pépites de la recherche en tant que facteurs de la croissance économique, comment faire converger les différentes filières scientifiques et industrielles vers les innovations de demain, ou comment mener à bien le processus des dépôts de brevets ? L’institut redouble d’efforts pour amener la recherche fondamentale vers la recherche appliquée afin d’en cueillir les dividendes par des dépôts de brevets. Il n’est plus question de mener des recherches révolutionnaires sans aboutir à des brevets.
Le Technion a mis au point, entre autres, un cursus spécifique afin de préparer et former très tôt les étudiants et chercheurs à évoluer sereinement dans le monde de l’entreprise. Ce cursus développe un programme de neuf cours allant des dépôts de brevets à la gestion de la croissance d’une société.
La thématique de l’accompagnement de l’innovation demeure un thème central pour le développement des entreprises et de l’activité économique. Israël est classé parmi les pays les plus innovants au monde grâce à une approche pragmatique de la recherche et l’interaction de celle-ci avec le monde économique.
Toutes les grandes universités israéliennes possèdent un pôle de valorisation qui nécessite un environnement propice au sein duquel les divers acteurs s’impliquent dans le processus permettant de transformer un résultat de recherche en une opportunité de créer une entreprise. D’où ce processus interactif, limpide et harmonieux qui existe en Israël entre l’université, les chercheurs et l’industrie ; ces univers n’étant pas antagonistes mais au contraire complémentaires pour générer de la croissance et donc des emplois.

Les réussites concrètes du Technion
A l’instar du T3 (Technion Technology Transfer), les résultats sont flagrants dans le domaine médical et biomédical notamment au travers de l’Institut AMIT au Technion – The Alfred Mann Institute for Biomedical Development. Les produits y sont commercialisés par le T3. L’institut AMIT et ses applications médicales assurent la création d’innovation pour l’avenir de l’humanité en apportant son expertise pour l’application, la commercialisation et le lancement d’un produit du laboratoire à l’industrie (Azilect).
Un autre programme a vu le jour au Technion : le « Technion Entrepreneur in Residence Program » (EIR Program) qui constitue une nouvelle approche alternative à la commercialisation s’intégrant au TRDF. Ce programme externe n’associe que des entrepreneurs, des experts du marché local et global des nouvelles technologies, et des sociétés  de formation aux licences et à la propriété intellectuelles dans des domaines interdisciplinaires, en vue de surpasser les capacités de valorisation. En ce sens, le Technion assure le passage harmonieux entre l’université, l’académie et le monde entrepreneurial.
Au titre des réussites du Technion, il convient de citer quelques illustrations telles que :
- Gabriel Idan, de la société Given Imaging, qui a inventé le système de diagnostique « Given » dans son laboratoire au Technion, proposant une approche révolutionnaire de l’endoscopie. (Cette pilule minuscule dotée d’yeux électroniques est avalée par les patients et permet un contrôle extrêmement précis du comportement digestif. Cette pilule est déjà utilisée par des sociétés d’assurances aux Etats-Unis et par des sociétés européennes.)
- La molécule Rasagiline développée à la Faculté de médecine du Technion par les Pr Youdim et Feinberg, brevetée et mise au point par l’industrie pharmaceutique générique Teva et Lundbek. La Rasagiline  est commercialisée dans le monde sous le nom d’Azilect.
- Amram Mor, de la Faculté de génie alimentaire et de biotechnologie, a vendu ses brevets pour 8 millions de dollars à la société de biotechnologie Bioline sur les pectines (molécules trouvées dans la peau des grenouilles) pour la mise au point des antibiotiques de demain contre les maladies infectieuses.
- Le cas de la société Mazor Surgical Technology est un bel exemple de start-up fondée en 2001 depuis le laboratoire de robotique du Technion par le Pr Moshé Shoham, qui commercialise le  robot miniature « Spine assist » mesurant la taille d’une canette de coca. Ce robot assiste les chirurgiens pendant les opérations de la moelle épinière. Aujourd’hui Mazor Israel emploie plus de 35 salariés et a ouvert une filiale à Atlanta. Elle a levé 30 millions de dollars aux côtés de financiers américains, tels que « Johnson and Johnson » et le fonds « Israel Healthcare ».
La force du Technion, c’est aussi et nécessairement de miser sur l’excellence du recrutement de ses professeurs et chercheurs qu’il identifie en amont et « chasse » dans le monde entier. Elle réside en outre, ce qui n’est pas moins important, dans sa capacité à associer nos excellences dans le contexte de nos différences culturelles et cultuelles, car il s’agit bien ici de valeurs universelles que nous défendons.

Les enjeux de la coopération bilatérale sur la scène internationale
Le Technion a signé des accords de coopération avec des institutions académiques internationales parmi lesquelles les universités de Melbourne, Sydney, les universités de Berlin et de Tokyo, Call Tech, MIT, Stanford, ainsi qu’avec cinq universités chinoises et bien sûr en France.
L’association Technion France a une mission extrêmement concrète et ciblée en France. Elle consiste à mener à bien des coopérations bilatérales avec le monde industriel, les institutions et les universités sur des sujets d’intérêts communs, incluant des partenaires stratégiques. Et ce, sur le principe « gagnant-gagnant ».
Avec l’industrie, les domaines concernés sont aussi cruciaux que les énergies renouvelables, l’eau, la biomédecine, les véhicules électriques, notamment en matière de batteries de nouvelle génération, les télécommunications et les technologies de l’information (Veolia, Sanofi Aventis…).
Avec les institutions et les universités, il convient de souligner les activités d’un laboratoire mixte de l’Inserm au Technion  Insertech dans le domaine des  « cellules souches et médecine régénératrice » de la Faculté de Médecine Rappaport. Cela permettra d’établir de nouvelles collaborations entre les chercheurs des deux instituts, des échanges de personnels, de renforcer les liens existants et d’organiser des rencontres scientifiques régulières. L’installation du laboratoire est financée en partie par l’Union européenne, dans le cadre d’un projet intégré européen « Epistem ».
Un accord académique vient également d’être signé avec Paris Tech qui regroupe les 12 universités et grandes écoles parisiennes et le Technion  (Agro paristech, ENST, l’Ecole des Ponts, ESPCI, les Mines ; avec les Mines, l’accord date de 1979).
Des liens ont en outre été noués avec l’Ecole supérieure de Chimie de Lyon, le Pôle Minatec du Commissariat à l’Energie atomique de Grenoble et la Fondation Sophia Antipolis.
Cette année, comme la tradition l’exige, l’Association Technion France organise une fois encore son événement annuel à l’UNESCO, sous le haut patronage du Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, sur le thème de la médecine personnalisée. Il fera intervenir les figures phares, françaises et israéliennes, de cette discipline dans les domaines cardio-vasculaire, du système nerveux central, de l’oncologie et des nouvelles technologies en matière de médecine personnalisée.    

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