Mercredi 21 Août 2019  
 

N°91 - Troisième trimestre 2010

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La France en Géorgie : une nouvelle dynamique de coopération

Par M. Joël Bastenaire,
Chef du Service de coopération et d’action culturelle (SCAC)
à l’Ambassade de France en Géorgie

La coopération française en Géorgie, longtemps limitée par l’absence de réel répondant au niveau de l’Etat partenaire, bénéficie depuis 2004 d’une définition plus claire des objectifs de modernisation par des ministères géorgiens profondément réformés. Axée sur les échanges culturels depuis 1998, cette coopération avait connu un fort élan avec l’ouverture début 2002 du centre culturel Alexandre Dumas au cœur du centre politique et culturel de la capitale. Elle est désormais recentrée sur les secteurs dits « techniques » tels que la bonne gouvernance, la politique sanitaire et l’association aux programmes européens proposés dans le cadre de « l’Instrument politique de voisinage ».
Jusqu’en 2007, hormis une relation suivie en matière de sécurité civile et de sécurité intérieure (appui à la lutte contre la criminalité organisée), l’Ambassade de France en Géorgie avait fait le choix de défendre la francophonie par la production de manuels de langue et la diffusion de livres en français. Elle avait su rendre très visible une coopération artistique plutôt satisfaisante en l’absence de concurrents majeurs et une coopération universitaire peu étendue mais efficace.
Dans ces domaines, notre présence était tangible et nos relations semblaient aussi productives que celles qu’entretiennent en Géorgie les États-Unis et
l’Allemagne, principaux partenaires occidentaux. Cette politique a permis de consolider les filières d'enseignement supérieur spécialisées dans l’étude du français et, dans une moindre mesure, des filières de sciences humaines comme l’archéologie, ou de sciences exactes (mathématiques appliquées et informatique). A partir de 2006, la promotion de l’enseignement supérieur français a rencontré un écho accru et le nombre des boursiers a sensiblement augmenté. Le Centre culturel français bénéficie de cet engouement : avec environ 1 200 inscrits, notre centre d’apprentissage du français est le second de la ville derrière l’Institut Goethe.
A l’automne 2006, une école maternelle bilingue franco-géorgienne a été ouverte dans les locaux du Centre culturel, embryon du lycée dont la construction a démarré en février 2008. L’inauguration a eu lieu le 17 juin 2010 et la rentrée du 7 septembre s’est faite dans le nouveau bâtiment.
Cet établissement de grand prestige, nommé Ecole française du Caucase, accueille déjà 115 élèves et devrait en scolariser 350 en vitesse de croisière. Il s’agit d’une école privée financée par le mécénat et les écolages. L’inspecteur régional de l’Éducation nationale a homologué la maternelle en 2008 et le cycle primaire en 2010.
La création de cet établissement modifie considérablement l’image de notre pays dans le milieu éducatif et contribue à stimuler l’intérêt pour les études supérieures en France. Le nombre de candidats aux examens DELF, DALF et TCF qui certifient le niveau de français a plus que triplé en 2009 et 2010, accompagnant la réorientation des Géorgiens vers les formations supérieures en Europe occidentale, aux dépens des offres de formation accessibles dans les pays d’Europe centrale et orientale. Le nombre de jeunes Géorgiens étudiant en France est à ce titre un indicateur de tendance : il s’équilibre autour de 400 alors que le poste délivre moins de 15 bourses chaque année.
Déterminé à surmonter le handicap de la modestie de nos moyens bilatéraux, le poste a placé, en 2006 et 2007, un assistant technique auprès du gouvernement géorgien, dont les fonctions étaient initialement l’aide à la mise en œuvre du rapprochement avec l’Europe. Après la fin de cette mission en décembre 2007, le poste a souhaité la réouverture d’une mission un peu plus ciblée auprès du Conseil national de Sécurité géorgien. Les fonctions de ce nouvel agent élargissent le champ de notre influence dans des domaines tels que la coordination interministérielle sur les questions relatives aux affaires européennes, le développement de plate-formes d’échanges politiques et économiques de haut niveau et l’encouragement à une meilleure compréhension réciproque entre la Géorgie et le leadership européen.
Ce cours plus « institutionnel » de notre coopération s’approfondit depuis septembre 2008 grâce à la contribution d’un nouvel agent, chargé des coopérations multilatérale et décentralisée, qui accompagne la mise en valeur de notre expertise dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la politique carcérale ou de la gouvernance et des droits de l’homme par exemple (renforcement des liens avec les ONG, Instrument EIDHR, programmes de la Banque mondiale pour la Société Civile).
C’est le cas notamment au travers des programmes de jumelage administratif (Twinning) de la Commission, la France ayant notamment co-remporté le premier appel d’offre en Géorgie et se trouvant très bien positionnée pour en remporter deux autres. Son action permet aussi de faire mieux connaître celle de l’Attachée scientifique et universitaire dans le domaine de la santé publique (programmes TAIEX, Sigma et Instrument IEVP) ou de l’éducation (Programmes Tempus, Erasmus Mundus et Jean Monnet).
Avec des moyens désormais plus limités, le Service de coopération poursuit son action sur trois autres axes, en fonction de l’évaluation des besoins par les partenaires géorgiens :
- Les secteurs médicaux et paramédicaux, domaines où l’excellence française ne fait pas de doute. Dans cette entreprise, nous sommes soutenus par le département de l’Yonne, qui a fait de la santé son axe majeur de travail en Kakhétie (région orientale), et entièrement financé, équipé et formé le personnel d’un centre de diagnostic, inauguré en février 2008. Le doublement de la surface de ce centre est envisagé.
- Le rayonnement intellectuel : prenant acte de la disparition prochaine du russe comme langue de savoir, nous avons donné un nouvel élan aux programmes d’aides à l’édition en géorgien. Il s’agit d’asseoir la notoriété déjà forte des écrivains francophones et des publications universitaires françaises, qui servent de supports de cours dans certaines disciplines des sciences humaines. Une quinzaine de traduction sont aidées chaque année par le poste en coopération avec le Centre national du Livre et CulturesFrance.
- La bonne gouvernance à travers quatre chantiers concernant les médias :
•    deux séminaires internationaux sur la transparence des médias ont été organisés en 2010 par l’École Supérieure de Journalisme de Lille ;
•    un cycle de cours de journalisme radiophonique a été proposé par RFI ;
•    la mise en œuvre d’une chaîne parlementaire sur un canal TV public, grâce au concours de Canal France International
•    une aide à la mise en place d’une blogosphère pour stimuler la liberté de parole hors médias traditionnels

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