Samedi 25 Mai 2019  
 

N°91 - Troisième trimestre 2010

La lettre diplometque
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La diplomatie culturelle : « un enjeu de civilisation pour nos deux pays »

Par M. Antonin Baudry,
Conseiller culturel près l’Ambassade de France aux États-Unis,
Représentant permanent des Universités françaises aux États-Unis

« France is back ! », tel était le titre d’une grande exposition française à New York au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette exposition a permis alors de marquer la renaissance d’une France moderne aux côtés des États-Unis. Soixante ans plus tard, c’est aujourd’hui le désir de mettre en place une diplomatie culturelle au service d’une meilleure compréhension des sociétés et des rapports politiques qui les régissent, qui anime mon action à la tête des Services culturels, auprès de l’Ambassadeur de France.
Aux États-Unis comme ailleurs, l’image de la France est indissociablement liée à la culture : c’est à travers elle que se développent souvent les sympathies et les engagements de grandes voix américaines en faveur de notre pays. C’est ici qu’il convient en premier lieu de faire entendre notre partition au milieu de l’époque que le théoricien Fredric Jameson définit comme « le premier style mondial spécifiquement nord-américain ».
Contrairement aux idées reçues, le gouvernement américain investit des sommes non négligeables dans les sciences sociales et la culture, et les financements publics pour la diversité culturelle existent dans ce pays : par exemple, depuis 1980, 17 000 projets français ont été soutenus par le National Endowment for the Humanities sur le territoire des États-Unis. Il ne faut pas oublier également qu’aux États-Unis, la philanthropie est très importante. Des partenaires comme la Gould Foundation ou la Duke Foundation sont des acteurs essentiels de la relation franco-américaine et nous aident de manière régulière.
Par ailleurs, selon la dernière étude « Survey of Public Participation of the Arts » menée tous les dix ans par le National Endowment for the Arts, 78 millions d’Américains de plus de 18 ans sont allés ou ont assisté au moins une fois dans l’année à un événement culturel en 2008 (musées, opéras, ballets ou autres danses, pièces de théâtre ou musicales, et tous types de musique). Cela représente plus d’un tiers des adultes, soit une proportion similaire à celle des Français. Les pratiques culturelles occupent donc une place déterminante aux États-Unis, et ce pays est un terreau idéal pour faire parler de la France actuelle.
Toutes ces remarques nous ont amenés à repérer trois enjeux majeurs :
- investir le terrain de la culture internationale pour prouver que la France est « contemporaine », crédible dans son ouverture au monde, et qu’elle joue un rôle déterminant dans le développement mondial et la diversité des points de vue ;
- rectifier la vision parcellaire qu’ont les Américains de la culture et de la France actuelles en étant pour eux une véritable source d’information, d’analyse, et d’idées neuves. Il faut pour cela réussir à créer un lien pertinent entre les opérateurs, les publics, et les acteurs influents de nos deux pays ;
- s’adresser à tous les publics, à toute personne de la société civile quel que soit son milieu d’origine ou professionnel, pour prouver que la culture et les sciences sociales peuvent sortir de leurs réseaux
habituels et s’inscrire dans des problématiques de société. Notre action ne doit pas s’adresser qu’à une élite établie, nous devons atteindre ceux qui, demain, inventeront un monde nouveau. Une grande partie de la créativité américaine prend forme dans les campus universitaires. Nous devons y être davantage présents.
A l’immensité du territoire américain, nous répondons par la diversité de nos points de vue et de nos actions : lorsque la jeune scène musicale française se fait connaître en Californie (festival Ooh La La !), le contexte n’est évidemment pas celui des rencontres new-yorkaises entre des écrivains français et leurs homologues américains (Festival of New French Writing), pas plus que ne sont comparables l’organisation d’un colloque sur le design à Atlanta et la promotion d’un spectacle de nouveau cirque à Chicago. Dans le domaine éducatif, les classes d’immersion en français continuent à se développer, notamment à New York, en particulier à destination des publics défavorisés.
Soyons conscients néanmoins des difficultés qui existent : plusieurs universités américaines ont décidé ces derniers mois, faute de moyens, de fermer leur département de français, d’italien ou de russe. Tenter d’inverser cette tendance représente donc pour nous un défi considérable. Mais dans le même temps, en matière de coopération universitaire, plus de 7 000 articles sont cosignés chaque année, plus de 17 000 étudiants américains viennent étudier en France, et le nombre de doubles diplômes augmente. Nous devons aller encore plus loin : mettre en réseau davantage d’universités de part et d’autre de l’Atlantique, jouer un rôle d’incubateur de projets et aider l’amorçage financier de nouvelles coopérations. L’efficacité de notre diplomatie culturelle aux États-Unis est par conséquent au cœur de notre ambition politique. Au-delà, c’est aussi un enjeu de civilisation pour nos deux pays.

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