Mardi 16 Juillet 2019  
 

N°91 - Troisième trimestre 2010

La lettre diplometque
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  France-États-Unis : L’entente stratégique (et cordiale)
 
  L’OCDE, vecteur essentiel de la coopération internationale
 
  Les nouvelles opportunités du marché américain
 
  Que retenir de la crise des « subprimes » et de la réforme des marchés financiers aux États-Unis ?
 
  La diplomatie culturelle : « un enjeu de civilisation pour nos deux pays »
 
  Œuvrer à une meilleure compréhension entre la France et les États-Unis
 
  Deauville : ville de festivals et de culture
 
  Un soutien sans faille à la mission de l’UNESCO
 
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Les nouvelles opportunités du marché américain

Ebranlés par la crise financière, les États-Unis demeurent un marché de prédilection pour les entreprises françaises. Près de 2 600 y sont implantées, employant 480 000 salariés. Après un ralentissement en 2008, les flux d'investissement directs en provenance de l'Hexagone ont vigoureusement repris, réalisant un bond de 66% à hauteur de 23,4 milliards de dollars en 2009 et positionnant la France au troisième rang des pays investisseurs aux États-Unis.

La France a vocation à participer à la relance américaine ». Par cette approche volontariste, la Ministre de l’Economie Christine Lagarde avait ouvert, le 25 juin 2009, une conférence organisée par Ubifrance sur les opportunités pour les entreprises françaises dans le cadre du plan de relance américain (l’American Recovery and Reinvestment Act).

Les infrastructures : une priorité pour l’administration Obama
En septembre 2010, près des deux tiers de l’enveloppe du plan avait été mis en œuvre, soit 551 milliards de dollars, selon les données du 5ème rapport trimestriel du Conseil des conseillers économiques auprès du Président (CEA).
Adopté le 17 février 2009, l’ARRA vise à répondre au risque de dépression économique, en stimulant la création d’emplois, l’activité des entreprises et la consommation des ménages. D’un montant de 787 milliards de dollars, il constitue le programme d’investissement public le plus important lancé aux États-Unis depuis la Deuxième guerre mondiale.
Les projets de grands travaux concernent en priorité l’énergie (56 milliards de dollars de dépenses directes, et 21,5 milliards de dollars de mesures fiscales) et en particulier les énergies renouvelables, les transports (48,3 milliards de dollars, soit 15,5 % de l’ensemble du financement direct) et l’économie numérique (4,7 milliards).
Dans le contexte d’un taux de chômage flirtant toujours avec les 10%, le Président Barack Obama a également annoncé le 6 septembre 2010 un nouveau train de mesures de soutien à l’activité économique. « C'est un plan qui prouve que même après la pire récession de notre vie, l'Amérique continue de maîtriser son destin », avait-il déclaré pour convaincre la population américaine de sa détermination à lutter contre la crise. Qualifié par la presse de nouveau « New Deal », il propose d’allouer 50 milliards de dollars sur une durée de six ans aux infrastructures routières, aériennes et ferroviaires. Le scrutin de mi-mandat a néanmoins compliqué la donne, la mise en œuvre de ce projet devant d’abord être approuvée par le Congrès.
Si elle est encore fragile, la reprise de la croissance n’aurait pas été possible sans l’effet d’entraînement du plan de relance. Selon le rapport du CEA, en date du 18 novembre 2010, l’ARRA aurait contribué à augmenter le PIB de 2,7 points depuis 2009 et permis la création de plus de 3,6 millions d’emplois. Fin novembre, le département américain du Commerce a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour le troisième trimestre 2010. En rythme annualisé, le PIB a progressé de 2,5%, grâce à une consommation des ménages plus vigoureuse, mais aussi à l’impact positif des exportations et des dépenses des Etats fédérés et des collectivités locales.

Le savoir-faire français pour accompagner
la relance de l’économie américaine

Avec la confirmation de la reprise économique, les opportunités d’investissements devraient se multiplier, d'autant qu'elles sont déjà bien présentes dans les secteurs ciblés par le plan de relance américain, à commencer par l'énergie.
A l’arrêt depuis trente ans, le secteur du nucléaire civil connaît une renaissance sous l’impulsion du Président Barack Obama qui veut en faire l’un des axes de la nouvelle politique américaine de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Leader mondial du secteur, le groupe français Areva compte bien être présent sur ce marché où les 104 centrales américaines ne fournissent encore que 20% de l’électricité consommée dans le pays. Ses ambitions sont confortées avec l’obtention du contrat d’ingénierie pour l’achèvement du réacteur 1 de la centrale de Bellefonte, projet interrompu pendant plusieurs années et relancé par  la Tennessee Valley Authority.
Dans le domaine des énergies propres, EnXco, la filiale américiane d’EDF Energies Nouvelles achève fin 2010 la construction du parc de Lakefield qui comprendra 134 turbines de 1,5 mégawatt fournies par le fabricant américain GE Energy dans le cadre d’un contrat de vente d’électricité avec la compagnie électrique américaine Indianapolis Power & Light (IPL). EnXco a également développé le parc éolien d’Hoosier, 106 MW, en construction dans l’Indiana.
Le groupe Alstom mise également sur l’essor des énergies renouvelables aux États-Unis avec la construction d’une unité d’assemblage d’éoliennes à Amarillo, au Texas. Ce projet fait suite à l’inauguration en juin 2010 d’une usine de production de turbines et d'équipements à Chattanooga (Tennessee), représentant un investissement de 300 millions de dollars.
Avec la mise en valeur des gisements de gaz de schiste, l’évolution du secteur énergétique américain bénéficie par ailleurs au producteur français de tubes sans soudure en acier, Vallourec, qui a prévu d’investir 480 millions d’euros pour la construction d’une usine à Youngstown (Ohio) dont le démarrage est prévu pour la fin 2011.
Dans le secteur des infrastructures, le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse devant relier Orlando et Tampa en Floride suscite une grande concurrence entre entreprises françaises. La SNCF, Alstom Transport et Veolia Transport se sont ainsi portées candidates au sein de consortiums distincts pour remporter ce contrat évalué à 2,4 milliards de dollars.
L’offre hexagonale parvient également à s’imposer en matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le ministère américain de l'Agriculture a récemment confié au groupe français de services informatiques Capgemini un contrat sur sept ans de 100 millions de dollars pour fournir des services de vérification et de validation indépendante de ses progiciels de gestion dans le cadre de son plan de modernisation. De son côté la multinationale franco-américaine Alcatel-Lucent a annoncé un accord d’environ 4 milliards de dollars sur quatre ans avec l'opérateur Verizon pour déployer son réseau de communication mobile de nouvelle génération (LTE) et étendre les capacités actuelles de son système 3G.
Les PME françaises ne sont pas non plus absentes des secteurs de pointe. Déjà bien implantée aux États-Unis où elle réalise 30% de son activité, Alphos Mos, spécialisée dans les instruments de mesure sensoriels, a par exemple reçu une commande d’un montant de 500 000 dollars par la Food and Drug Administration (FDA) de plusieurs nez électroniques destinés à contrôler les produits de la mer susceptibles d'avoir été contaminés après la marée noire du Golfe du Mexique.
L’attribution du « contrat du siècle » (35 milliards de dollars) pour le renouvellement de la flotte d’avions-ravitailleurs de l’armée de l’air américaine, pourrait marquer un succès historique pour le savoir-faire technologique français et européen, et plus spécifiquement pour Airbus qui est en concurrence avec le constructeur Boeing. En attendant la décision finale prévue début 2011, celui-ci continue de séduire aux États-Unis. En témoigne l’obtention d’un autre contrat majeur par la coentreprise franco-italienne Thales Alenia Space devant Lockheed Martin pour la fourniture de 81 satellites de communication au groupe américain Iridium. D'un montant de 2,1 milliards de dollars, il est considéré comme le plus important de la décennie dans ce secteur. CH
 

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