Samedi 25 Mai 2019  
 

N°91 - Troisième trimestre 2010

La lettre diplometque
  Éditorial
République Dominicaine
  Les perspectives d’avenir des relations entre la France et la République Dominicaine : un nouveau départ
 
  Des liens anciens au renforcement actuel de la coopération interparlementaire franco-dominicaine
 
  Tourisme : une coopération dominico-française prometteuse
 
  Tourisme, infrastructures, services : les atouts du marché dominicain
 
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     République Dominicaine
 

Tourisme, infrastructures, services : les atouts du marché dominicain

Après avoir fait preuve de résistance face à la crise financière, la République Dominicaine semble retrouver un rythme de croissance soutenu. Pour le Fonds monétaire international, le rebond pourrait atteindre 7% en 2010. Cette performance en fait l’une des économies les plus dynamiques d’Amérique latine. Encore peu présentes, les entreprises françaises s'intéressent de plus en plus à ce marché en plein développement.

 

Située au cœur des Caraïbes, la réputation touristique de la République Dominicaine n’est plus à faire. Entre 250 000 et  300 000 visiteurs français s'y rendent chaque année, plaçant la France au troisième rang de ses marchés émetteurs de touristes, après les États-Unis et le Canada, mais devant l’Espagne. Des entreprises françaises comme le Club Med qui s’est implanté à Punta Cana, ont dès le début des années 1980 compris le potentiel du marché dominicain. Depuis 1999, le groupe Accor a également ouvert trois établissements dans la zone coloniale de Saint-Domingue, avec une capacité de près de 220 chambres.
En 2008, le secteur touristique contribuait à 10% du PIB dominicain et constituait le premier récepteur d’investissements directs étrangers, le premier créateur d’emplois et le premier fournisseur de devises. En marge de sa participation au salon international des professionnels du tourisme Top Resa qui s’est tenu en septembre 2010 à Paris, le Ministre du Tourisme Francisco Javier Garcia rappelait que ce secteur était « devenu l’épine dorsale de l’économie dominicaine, générant 4,1 milliards de dollars de recettes fiscales au cours de ces trois dernières années. » La conjoncture internationale ne semble avoir affecté que marginalement le secteur touristique dominicain. En 2009, celui-ci a continué de croître de 3%, à l’image de la dynamique économique du pays.
Bien que la République Dominicaine maintienne son leadership en tant que destination touristique dans les Caraïbes, l’objectif demeure pour M. Francisco Javier Garcia d’accroître de 50% l’afflux de touristes étrangers dans l’île. Aussi, plaide-t-il pour l’augmentation du budget alloué à la promotion du pays qui s’élève à plus de 60 millions de dollars, en vue d’améliorer la gestion des marchés traditionnels et émergents. Car si l’économie dominicaine a bâti son succès sur une offre « tout inclus », elle cherche de plus en plus à encourager un tourisme haut de gamme.
Lors de son déplacement en France, le Ministre dominicain du Tourisme a conclu avec son homologue français un accord visant à renforcer la promotion touristique et la coopération technique notamment en matière de partage d’expertise. Le gouvernement dominicain a également développé une collaboration avec la compagnie aérienne Air France pour la promotion du pays en tant que destination touristique. Après une campagne réussie en 2009, qui avait permis, selon Mme Francine Heymonet, Vice-Présidente Marketing d’Air France, d’accroître de 5% le volume de ventes depuis l’Europe, cet accord a été renouvelé en avril 2010, jusqu’en mai 2011, dans 18 pays européens.
Avec un stock cumulé de 804 millions de dollars depuis dix ans selon la Banque centrale dominicaine, la France occupe encore une position modeste sur le marché dominicain, au 6ème rang des investisseurs étrangers. Plus de 140 entreprises de l’Hexagone y sont représentées, dont 75 sur place ainsi que de nombreuses PME-PMI dans les services. Avec des réussites notables toutefois comme Orange Dominicana dans les télécommunications, qui est devenu le deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays. La filiale de France Télécom a lancé en février 2010 son réseau 3G avec pour objectif de couvrir 50% de la population avant la fin de l’année.
A l’instar de Carrefour qui a ouvert un hypermarché dans la capitale, la plupart des entreprises françaises se sont implantées en République Dominicaine au tournant des années 2000. Certaines ont remporté la réalisation de projets d’infrastructures majeurs pour le développement du pays, comme la construction de la première ligne du métro de Saint-Domingue pour laquelle le groupe Alstom a fourni dix-neuf voitures de Métropolis et le groupe Thales a apporté les équipements électromécaniques avec l’Allemand Siemens.
Cette ligne, qui peut transporter près de 200 000 passagers, a été inauguré en décembre 2008. Elle s’inscrit dans le cadre du Plan Maestro para el Ordenamiento del Transporte en Santo Domingo (Plan Principal pour l'Aménagement du Transport à Saint-Domingue) qui prévoit la un total de six lignes de voies ferrées. Conçu pour une période vingt ans, ce plan envisage également la couverture complète du territoire national par un réseau de transports en commun, dont la ligne de chemin de fer Santiago-Haina. La coopération dans ce domaine fait d’ailleurs partie des accords conclus lors de la visite du Président Leonel Fernandez en France, en décembre 2009.
Celle-ci s’est d’ores et déjà concrétisée, début octobre 2010. L’administration du Métro de Saint-Domingue (Opret) a en effet reconduit le consortium franco-allemand auquel participent les sociétés Alstom, Thales, CIM/TSO et Siemens pour la construction de la ligne 2A (qui inclut la fourniture des équipements électro-mécaniques comme la signalisation, contrôle, billetterie…).
Ce contrat pourrait être annonciateur d’une deuxième vague d’investissements français après celle qui avait marqué les années 2000. Devant les chefs d’entreprise français, au siège du MEDEF, le Président Leonel Fernandez avait exprimé sa « confiance à l’égard de la contribution que pourrait apporter cette réunion au renforcement des liens entre les deux pays et à faciliter de nouveaux projets. »
Preuve du regain d’intérêt des investisseurs français pour la République Dominicaine, M. Laurent Grenet, Directeur régional de Medef international, s’est rendu à Saint-Domingue le 1er octobre 2010, où il a rencontré les responsables du Centre des exportations et des investissements (CEI-RD). Les secteurs jugés les plus porteurs pour les relations économiques bilatérales sont les secteurs des énergies renouvelables, du tourisme, de l’agroindustrie, de l’eau et des infrastructures.
Avec la reprise de la croissance estimée à 7% en 2010 par le Fonds monétaire international (FMI), le marché dominicain jouit d’une forte attractivité. L’Association dominicaine des investisseurs étrangers (ASIEX) évalue les projets d’investissements à l’horizon 2015, à hauteur de 10 milliards de dollars. Il peut compter à cet égard sur une solide stabilité politique, des accords de libre-échange avec les États-Unis (CAFTA-DR) et l’Union européenne et un environnement favorable à l’activité des entreprises qui devrait être encore amélioré avec la récente proposition de loi du chef de l’Etat visant à créer un guichet unique. La République Dominicaine continuait à se positionner en 2009 en tête des pays ayant reçu le plus important flux d’investissements étrangers directs des Caraïbes, à hauteur de 2 milliards de dollars, après une année 2008 record, notamment grâce au groupe canadien Barrick Gold qui prévoit d’inaugurer la mine aurifère de Pueblo Viejo en 2011. CH

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