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  Mardi 21 Novembre 2017  
 

Deuxième trimestre 2010

La lettre diplometque
  Éditorial
Afrique du Sud
Arabie Saoudite
  Un partenariat stratégique à approfondir
 
  « Mieux faire connaître l’Arabie Saoudite »
 
  Des relations interparlementaires dynamiques
 
  Une économie dynamique, un marché attractif pour les entreprises françaises
 
  Le marché bancaire au Royaume d’Arabie deux ans après la crise de liquidité sur Dubaï
 
  L’Arabie Saoudite : un rôle essentiel sur le marché pétrolier et une crédibilité renforcée par la montée en puissance du G20
 
  Les relations entre l’Arabie Saoudite et la France sont promises à un bel avenir
 
  Une coopération universitaire fructueuse
 
  L\\\'IMA : acteur majeur des relations franco-saoudiennes
 
  L’armement et la défense au centre de la coopération stratégique entre l’Arabie Saoudite, la France et les firmes européennes
 
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     Arabie Saoudite
 

Le marché bancaire au Royaume d’Arabie deux ans après la crise de liquidité sur Dubaï

Grâce à ses ressources pétrolières et le produit de ses investissements en Occident notamment, l’économie de l’Arabie Saoudite a vécu en un quart de siècle une fascinante transformation qui pour nombre d’experts constitue un modèle indiscutable de croissance et aussi de résilience à la crise.
Ala fois le plus grand producteur et exportateur de pétrole au monde qui compte, rappelons-le ici, pour plus de 90% des exportations du pays et près de 75% des recettes du gouvernement, le Royaume d’Arabie Saoudite s’est vu propulsé en pole position des investisseurs privés et souverains dans le 21ème siècle.
En dépit de la récente chute du prix du pétrole qui a durement affecté le Moyen-Orient et des difficultés rencontrées par Dubaï, qui auront valu au Royaume d’injecter fin 2008 une dizaine de milliards de dollars dans son propre système bancaire, l’Arabie Saoudite, pour avoir su garder ses distances à l’égard des produits toxiques, et grâce ensuite à son niveau  de réserves en devises colossales, s’est rétablie à bonne allure.
Deux facteurs ont contribué à renouer avec la croissance économique. Premièrement, la demande extérieure en pétrole qui dope la production et les exportations. Et deuxièmement, les programmes de dépenses publiques qui jouent un rôle majeur d’accompagnement de la reprise.
En outre, le réemploi avisé de la rente pétrolière associé à une politique volontariste sur le plan des réformes économiques, a permis à l’Arabie Saoudite de sortir peu à peu de son rôle articulé de réservoir pétrolier mondial.
L’Arabie Saoudite est donc restée relativement épargnée par la crise économique mondiale en raison de l’ouverture mineure de son économie et de celle, naturellement, de son secteur financier. Et grâce à sa réactivité s’agissant de la mise en œuvre d’une politique de relance massive.
On attend à cet égard une progression du PIB d’environ 3,75% selon le Fonds monétaire international (FMI), largement soutenue en 2010 par des investissements publics considérables en matière d’infrastructures.
S’agissant du système bancaire saoudien, la SAMA (Saudi Arabian Monetary Agency) a depuis sa création toujours su jouer un rôle cardinal pour ce qui concerne sa consolidation et son développement.
Contrairement à Dubaï, qui a subi le plein fouet l’éclatement d’une bulle immobilière à crédit et a qui a vu son système financier mis en difficulté, l’Arabie Saoudite au plus fort de la crise financière a fait montre d’une certaine stabilité.
Il n’est pas faux de rappeler ici que dans la région du Golfe, le secteur bancaire saoudien a été le moins affecté par la crise.
La raison en est simple : d’une manière générale, les banques saoudiennes ont toujours développé une politique d’octroi de crédit plutôt conservatrice, limitant du même coup l’exposition aux actifs à risque.
Cette stratégie toute empreinte de prudence a permis d’aboutir à une situation de liquidités confortable pour le système bancaire dans son ensemble. Par ailleurs, l’essentiel du passif du secteur bancaire saoudien est composé de dépôts domestiques.
Pour le dire autrement, la croissance assez modérée du crédit n’a pas poussé les banques à se financer à l’extérieur, elles n’ont donc été que modérément atteintes par l’assèchement du crédit au niveau mondial.
En outre, des mesures d’urgence ont été prises par les autorités monétaires dès l’automne 2008, afin de maintenir un niveau satisfaisant en matière de liquidités au niveau de son système bancaire.
On aura compris aussi que l’un des principaux facteurs structurels limitant l’effet de la crise sur les banques saoudiennes a été le niveau d’endettement assez faible des agents économiques.
Le système bancaire saoudien compte quelques noms d’établissements prestigieux tels The National Commercial Bank, Al Jazira Bank, Riyadh Bank, Al Rajhi Banking and Investment Corporation ou bien encore The Saudi American Bank, The Saudi British Bank et la Saudi Fransi Bank.
En outre, dans le cadre de la série de remaniements et réformes engagés en 2009 afin de permettre au Royaume de mieux gérer sa future croissance et de maintenir l’Arabie Saoudite sur la voie du progrès, M. Mohamed al-Jasser a été nommé au poste de gouverneur de la Banque Centrale.
Les Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ont confirmé que Riyad abriterait le siège de la future Banque centrale du Golfe - première concrétisation attendue du projet d’union monétaire.
Rappelons enfin que les échanges commerciaux et les affaires sont régis par la charia ou loi islamique. On observera  qu’il existe de nombreuses analogies entre la charia et le droit occidental. On en retiendra ici trois :
- d’abord, le principe selon lequel tous les individus sont égaux devant la loi,
- ensuite, le principe d’innocence qui veut que l’on est innocent tant que la culpabilité n’est pas établie et qu’à cet égard, il appartient au plaignant de présenter les preuves,
- enfin, que tout contrat écrit est réputé sacré et inviolable.
Naturellement, comme dans le système occidental, les procédures d’appel existent en Arabie Saoudite. Toute plainte doit être prouvée et certifiée par deux témoins masculins de préférence musulmans, ou par un homme et deux femmes, ou bien encore par un homme adossé au serment du requérant. Quatre témoins masculins sont nécessaires pour les crimes les plus graves. Des témoins de moralité peuvent être requis pour valider la réputation des autres témoins. La rumeur n’est, en général, pas acceptée comme élément de preuve, tandis qu’une déclaration sous serment l’est.
On notera par ailleurs que la notion de jurisprudence n’existe pas et que la décision d’un juge ne fait pas autorité auprès d’autres juges, ni pour le même juge, si ce dernier est amené à juger des affaires similaires.
Bien entendu, l’Islam interdit la prise d’intérêts, mais autorise la rémunération des services rendus. La notion de dommages et intérêts existe mais reste très éloignée des pratiques de place dans les pays occidentaux et notamment aux Etats-Unis.
Au risque de nous répéter, la charia est la toute puissance qui gouverne ici les transactions commerciales et globalement tous les secteurs de la vie saoudienne.

Philippe-Henri Latimier,
Ph. D, Expert en régulation des
marchés des capitaux et Professeur
d’Ingénierie financière.
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