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Troisième trimestre 2009

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Comprendre et faire revivre l’espace khmer

Par M. Olivier de Bernon
Directeur d’Etudes à l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO)

L’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) a joué un rôle déterminant dans la fondation des plus prestigieuses institutions culturelles du Cambodge : en 1907 celle de la Conservation d’Angkor, en 1919 celle du Musée national dont elle a assumé la gestion directe jusqu’en 1966, puis en 1930 celle de l’Institut bouddhique.
Si l’ampleur des travaux réalisés dans les grands temples khmers qui ont été dégagés, restaurés mais surtout étudiés et publiés par les chercheurs de l’EFEO, est assez connue, elle n’est cependant que l’un des aspects des activités de l’Ecole au Cambodge. C’est en déchiffrant le corpus des inscriptions lapidaires, en retrouvant les noms des rois, les dates et la succession des événements que les savants de l’Ecole ont reconstitué l’histoire ancienne de ce pays. En outre, au-delà de l’archéologie, de l’architecture et de l’épigraphie, l’Ecole a ouvert au Cambodge la voie aux disciplines de la paléontologie, de la philologie, de l’histoire, de l’ethnologie, de l’ethnobotanique et des études religieuses, et les chercheurs de l’EFEO ont souvent été associés à l’enseignement des sciences humaines, notamment à la Faculté d’archéologie de l’Université royale des Beaux-Arts.
En 1975, l’Ecole a été contrainte de quitter le Cambodge, ses installations ravagées et sa bibliothèque de Phnom Penh entièrement détruite.
Si le Cambodge s’est fermé pendant quinze ans aux chercheurs de l’EFEO, les études khmères y ont cependant été poursuivies constamment dans les domaines de la philologie et des sciences religieuses ; en outre, un effort considérable a été entrepris pendant cette période pour moderniser et rendre accessibles des archives constituées depuis un siècle ; cet effort se prolonge, aujourd’hui grâce au programme d’inventaire et d’analyse épigraphique du Corpus des Inscriptions du Cambodge.
Avec les encouragements de S.M. le Roi Norodom Sihanouk, membre d’honneur de l’Ecole française d’Extrême-Orient depuis 1947, pour qui la sauvegarde de la culture est un enjeu qui transcende toutes les divisions partisanes, l’EFEO a repris ses travaux dans ce pays dès 1990, avant même la signature des « Accords de Paris ».
Sa première tâche fut de procéder, dans l’urgence consécutive à deux décennies de ravages, au sauvetage des manuscrits des pagodes, à leur numérisation et à l’établissement d’inventaires informatisés. L’EFEO qui a restauré et qui gère, au Vatt Saravann, la plus importante collection de sastra khmers et pæli du Cambodge, a fondé dans le même temps un département des manuscrits à la bibliothèque nationale.
Rapidement les architectes de l’EFEO ont suivi pour s’acquitter du devoir de continuité en reprenant les chantiers de restauration que la guerre avait interrompus : celui de la terrasse du Roi lépreux et surtout celui, considérable, du Bapùon.
Les recherches archéologiques conduites aujourd’hui à l’EFEO dépassent sensiblement le cadre d’Angkor. Elles visent à la compréhension de l’espace khmer dans son ensemble. L’EFEO participe ainsi à la constitution de la carte archéologique géo-référencée de tout le Cambodge, intégrant de manière systématique les données concernant les temples et les inscriptions mais aussi les réseaux de communication et tous les ouvrages d’art.
En coopération avec l’Université de Sydney, l’EFEO procède à une recherche approfondie qui doit permettre une analyse minutieuse de la région d’Angkor depuis la préhistoire. La capitale royale d’Angkor Thom, elle-même, fait l’objet d’un programme d’études spécifiques, dont les résultats ont d’ores et déjà permis de renouveler profondément la connaissance que l’on pouvait avoir de la structure urbaine et de l’histoire de cette ville. En outre, de nouvelles recherches sont initiées dans la capitale éphémère de Koh Ker. Enfin, l’architecte Pascal Royère, en même temps qu’il dirige les travaux de restauration monumentaux du Prasat Bapùon, étudie l’extraordinaire complexité des abords de ce temple.
L’Ecole est associée aux différentes formes que prend l’assistance française aux institutions chargées de l’aménagement du territoire par l’utilisation pratique des connaissances archéologiques qu’elle recueille, notamment dans le parc d’Angkor.
L’EFEO intervient de nouveau depuis 1996 au Musée national où elle a contribué à remettre sur pied l’Atelier de conservation-restauration dont elle assure depuis lors la gestion et la direction technique.
Enfin, en 2004, S.M. le Roi Norodom Sihanouk a fait don à l’EFEO de la totalité de ses archives privées. Ce fonds considérable, d’une valeur historique inestimable, a fait l’objet d’un classement et d’un inventaire méthodique effectué avec l’aide des conservateurs des Archives nationales.

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