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Troisième trimestre 2009

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L’Autorité nationale APSARA, modèle de gestion du patrimoine culturel

Par Mme Chau Sun Kérya
Directrice du Département culturel des Musées et des Normes patrimoniales

L’Autorité pour la protection du site et l’aménagement de la Région d’Angkor a été créée en 1995, par décret royal, sous le nom d’Autorité nationale APSARA, pour répondre à l’une des conditions d’inscription du site d’Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en 1992.
L’annonce de cette décision par les autorités cambodgiennes lors de la 19ème Session du Comité du Patrimoine mondial à Berlin en décembre 1995, a été accueillie avec satisfaction par la communauté internationale. En effet, elle représente une première dans le monde en ce sens qu’elle accomplit les missions de sauvegarde et de gestion, mais également celle de développement.
Placée sous la tutelle de la présidence du Conseil des ministres et dotée d’un conseil d’administration, l’Autorité nationale APSARA représente le Gouvernement royal du Cambodge dans toutes les manifestations concernant le site d’Angkor. A ce titre, elle mène les actions de terrain et assure la conservation et le développement du site d’Angkor et de la ville de Siem Reap.
Les missions principales de l’Autorité nationale APSARA sont :
- d’assurer, pour le cas particulier de la région de Siem Reap / Angkor, la protection, la conservation et la mise en valeur des biens culturels nationaux ;
- de concevoir et conduire l’aménagement et le développement touristique de la région de Siem Reap/Angkor ;
- de contribuer, par des actions de développement durable, à la politique mise en œuvre par le gouvernement royal du Cambodge en vue de réduire la pauvreté.
- d’établir des partenariats avec les autorités provinciales et territoriales, coopérer avec les institutions, organisations, khmères et étrangères qui poursuivent des objectifs répondant à sa vocation et opérant dans la région.
Depuis 1999, l’Autorité nationale APSARA est dotée du statut d’établissement national public administratif, d’une personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière. Parallèle-ment, le gouvernement royal a décidé de lui octroyer les recettes des droits d’entrée au site pour lui permettre de disposer d’un budget propre de fonctionnement.
L’Autorité nationale APSARA accomplit ses missions et obligations en se basant sur les réglementations suivantes :
- le décret royal sur le zonage de la région de Siem Reap / Angkor de 1994 ;
- les décrets royaux portant sur la création et la modification du statut de l’Autorité nationale APSARA de 1995 et de 1999 ;
- la loi sur la protection du patrimoine culturel national promulguée en 1996, et son sous-décret d’application entré en vigueur en 2002 (d’autres textes sont déjà cités plus haut) ;
- de nombreuses circulaires et arrêtés ministériels et interministériels.
Moins d’un an après l’inscription d’Angkor sur la Liste du patrimoine mondial, la première Conférence intergouvernementale, organisée à Tokyo, les 12 et 13 octobre 1993, a véritablement lancé le programme international en faveur du site éco-historique d’Angkor.
Le gouvernement royal du Cambodge et la communauté internationale s’étaient alors fixé trois objectifs majeurs :
- Tout d’abord de mobiliser la communauté internationale autour de la sauvegarde et du développement du site éco-historique d’Angkor : cette mobilisation a remporté un immense succès car elle a été réalisée dans la droite ligne des grandes campagnes internationales de sauvegarde de l’UNESCO pour les monuments de Nubie (1960), de Venise (1966), de Borobodur (1972) et de Carthage (1973).
- Dans un second temps, il s’agissait de remplir les conditions posées par le Comité du Patrimoine mondial lors de l’inscription du site sur la Liste du Patrimoine mondial, c’est-à-dire par la création du Comité International de Coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d’Angkor (CIC), l’Autorité nationale APSARA et la promulgation de la loi sur la protection du patrimoine culturel national.
- Mettre en œuvre le plan quinquennal d’urgence : élaboré et présenté par les autorités cambodgiennes avec une approche transdisciplinaire, ce plan a pour objectif le développement durable de la région de Siem Reap/Angkor, dans le respect du site et des valeurs qui lui ont fait mériter l’inscription sur la Liste du Patrimoine mondial. Depuis sa création en décembre 1993, le Comité international de Coordination (CIC) pour la Sauvegarde et le Développement du site historique d’Angkor se réunit régulièrement deux fois par an, avec une session plénière et un comité technique. Il assure un suivi régulier de l’ensemble des opérations de mise en œuvre sur le site. Il constitue le mécanisme international pour coordonner les aides offertes par les différents pays et organisations. Il veille à la cohérence des différents projets. Lorsque cela s’avère nécessaire, il définit des normes techniques et financières et attire l’attention de toutes les parties sur la nécessité de respecter ces normes. Le CIC est composé de quatre membres permanents : les deux co-présidences exercées par la France et le Japon, le Secrétariat scientifique permanent assuré par l’UNESCO, et l’Autorité nationale APSARA qui représente le Cambodge.
Instance tant politique que technique dans laquelle les pays et organisations internationales sont représentées au niveau diplomatique, et au plan scientifique et technique, le CIC s’est doté d’un organe spécifique pour bénéficier d’une expertise objective de haut niveau. Créé en janvier 1997, le groupe ad hoc d’experts en conservation, a pour mission d’étudier les aspects scientifiques et techniques des propositions de projet, d’examiner en général les questions techniques relatives au site d’Angkor et à ses monuments et de donner un avis sur toute question de sa compétence.
La légitimité du groupe ad hoc d’experts est aujourd’hui incontestée : loin de constituer un organe de contrôle, il est devenu un organe de discussion, d’échanges et de conseils.
A l’exemple de ce groupe pour la conservation, il a été établi en juin 2007, un groupe ad hoc d’experts pour le développement durable qui a pour mission, en particulier, d’examiner les projets de développement dans le Parc d’Angkor. Le modèle du CIC pour Angkor a été adopté pour la sauvegarde du patrimoine culturel des pays post-conflits comme l’Afghanistan et l’Irak.

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