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Troisième trimestre 2009

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Marchés financiers au Cambodge : lorsque « le portail » s’ouvre

Peuplé de quelque 14 millions d’habitants à majorité rurale, le Cambodge a depuis dix ans engagé un développement de ses marchés bancaires et financiers avec l’aide de ses partenaires internationaux notamment la Banque asiatique de Développement mais aussi le FMI et l’Agence française de Développement.
A l’orée des années 1990, le Cambodge sort d’un conflit de plus d’une décennie qui l’a profondément appauvri. A cette époque, le pays est très isolé du point de vue économique.
Seule une institution bancaire, « the People’s Bank of Kampuchéa » qui contrôle l’émission de la monnaie nationale (le riel) et assure les fonctions de Trésor public s’agissant du financement des opérations gouvernementales, est en charge du système financier. Ses prérogatives en tant que banque centrale restent toutefois modestes tant il est quasiment impossible aux entreprises locales d’avoir recours au crédit pour financer leurs investissements. En 1990, le rôle de trésorier national est transféré au ministère de l’Economie et des Finances.
A la même époque, une inflation galopante doublée d’une constante dévaluation du riel, conduit le pays à adopter le dollar américain comme monnaie de substitution. Sa stabilité à l’échelle internationale constitue l’unique moyen pour le peuple cambodgien d’atténuer la perte de son pouvoir d’achat. Le début des années 90 atteste de la volonté du gouvernement de s’insérer dans le jeu de l’économie mondiale en vue de rendre possible le développement économique du pays et de réduire la pauvreté.
C’est sur cette toile de fond qu’en 1996 est créée la banque centrale du pays : « the National Bank of Cambodia » (NBC). Avec l’aide financière et le soutien technique de la Banque asiatique de développement (BAD), cette banque centrale balise les premiers pas du pays vers la création d’un marché financier sur le long terme.
Pour autant, au-delà des intentions louables tant sur Phnom Penh que sur Manille ou siège la Banque asiatique de Développement, différents obstacles contrarient à l’époque la création de ce marché. En effet, les normes de la comptabilité et des procédures d’audit du pays ne sont pas alignées sur les normes internationales, ce qui se traduit par des coûts d’intermédiation bancaire plus élevés.
En outre, l’adoption de lois de finance nouvelles provoque une relative incertitude s’agissant de leur promulgation, largement renforcée par le manque de régulations et de surveillance des institutions par les autorités de tutelle, autant d’éléments qui jouent comme de vrais freins aux investissements directs dans le pays. Ainsi a-t-il été décidé d’engager des réformes dans le secteur bancaire et financier par l’Etat cambodgien avec la Banque asiatique de Développement par le biais de prêts et d’assistance technique.
Plusieurs feuilles de route ont été dès lors concoctées. Tout d’abord, « The Financial Sector Blueprint » qui a été adopté par le pays afin de répondre aux problèmes précités. Ensuite, « The Socioeconomic Development Plan » qui vise à réduire durablement la pauvreté.
En vue de mettre en place ces différentes réformes, et permettre ainsi au Cambodge de bénéficier d’un marché financier efficient, la Banque Asiatique de Développement (ADB) a approuvé un programme « The Financial Sector Program Cluster Loan » (FSPL) en date du 5 novembre 2001.
Composé d’une aide financière de 30 millions de dollars, répartis en 3 tranches de 10 millions chacune, celle-ci se sera vu versée entre 2001 et 2005. Ce plan devait répondre à cinq objectifs clés :
-     le développement du système bancaire : il s’agissait ici de donner plus de pouvoir à la banque centrale afin qu’elle puisse superviser, contrôler et réguler les autres banques et établissements financiers établis au Cambodge.
-     le développement d’un système d’assurance. Avant la mise en place du plan, une seule compagnie d’assurance existait : Caminco, détenue à 100% par le gouvernement cambodgien. Le plan FSPL prévoit la supervision de cet établissement par le ministère de l’Economie et des Finances qui instaure un nouveau cadre de régulation. L’un des objectifs du plan est d’étendre au plus grand nombre les couvertures d’assurance. En 2008, Caminco est privatisée, ce qui permet à cinq nouveaux concurrents de pénétrer le marché afin de répondre à la demande croissante.
-     La promulgation de textes de lois dédiés au soutien des activités commerciales et financières. Différents projets de lois seront soumis et adoptés entre 2002 et 2007 s’agissant notamment de la gouvernance, les transactions commerciales et financières, la négociation et l’arbitrage commercial. Ces lois portent sur le commerce et sur le marché financier. Au global, elles rendent l’accès au crédit possible aux entreprises (« Secured Transactions Law ») et permettent de s’assurer de leur solvabilité (« Insolvency Law »).
-     L’amélioration des règles comptables et leur harmonisation aux normes mondiales. Le gouvernement a décidé la création du « National Accounting Council » (NAC) en 2003, qui a adopté depuis plusieurs normes comptables internationales.
- La création d’organismes de soutien et de développement des ressources humaines. « The Center for Banking Studies » qui existe déjà au début des années 1990 sort du giron de la banque centrale et voit son rôle de centre de formation étendu à certaines activités de supervision à défaut d’être privatisé.
En revanche, l’unique banque à caractère commercial détenue par l’Etat, la « Foreign Trade Bank », est privatisée en 2005. Depuis le début des années 2000, plusieurs banques ont été créés sous la supervision de la NBC, qui joue désormais à fond son rôle de régulateur des marchés. On compte dix neuf banques aujourd’hui et notamment deux succursales de banques étrangères ainsi que sept institutions financières spécialisées auxquelles viennent s’ajouter dix sept institutions de micro-finance possédant une licence et vingt-six autres enregistrées.
Toutefois, avec toujours plus de dépôts que d’encours de crédit et des actifs deux fois et demi supérieurs à leurs encours, les 19 banques installées au Cambodge jouent mal leur rôle d’intermédiation et de financement de l’investissement productif. De plus, les taux d’intérêt réels sont supérieurs à 15% et les instruments de garantie réelle, essentiellement fonciers, orientent mal la prise de risque et paralysent l’essor des petites entreprises locales.
Une seconde vague de réformes visant à renforcer encore le secteur bancaire et les institutions financières, et dans le même temps à favoriser les investissements et accélérer la croissance économique, a débuté en 2006, intitulée « stratégie de développement du secteur financier 2006- 2015 ».     Philippe-Henri Latimier
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