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Troisième trimestre 2009

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Une croissance en quête de nouveaux relais

Affichant depuis 2004 une croissance annuelle à deux chiffres, le Cambodge voit son décollage économique freiné par la crise financière. Pourtant, ce marché d’Asie du Sud-Est en transition rapide n’a pas encore abattu toute ses cartes : le secteur pétrolier reste entièrement à développer, tandis que les marges de progression dans le tourisme et l’agro-business restent considérables.

Mettant fin à une décennie de croissance soutenue au-dessus de 9% par an en moyenne, le ralentissement économique mondial contraint le Royaume khmer à trouver de nouvelles sources de développement. La baisse des commandes dans ses principaux marchés d’exportation et en particulier aux Etats-Unis, ont en effet mis en difficulté le secteur phare de son économie, la confection textile. Représentant près de 70% de ses exportations en volume, ce secteur devrait, en effet, accuser une baisse « d’au moins » 30% en 2009, selon les estimations du gouvernement.
A l’exception de l’agriculture, les autres secteurs porteurs de croissance comme le tourisme et le bâtiment sont eux-aussi affectés. Un certain nombre de projets de construction sont aujourd’hui gelés témoignant d’un brutal assèchement des capitaux depuis la mi-2008. Selon le FMI, les investissements directs étrangers ont notamment chuté de presque 50% en 2009, passant de 815 millions de dollars en 2008 à 490 millions de dollars. Les prévisions tablent dès lors sur une forte contraction de la croissance cambodgienne qui devrait passer de 6,7% en 2008 à 5,2% en 2009.
Pourtant, les autorités veulent croire en une reprise de la demande mondiale. Malgré le ralentissement économique, le Cambodge continue de se transformer. En dépit d’un calendrier bousculé, la bourse des valeurs cambodgienne devrait bien voir le jour fin 2010. Le chantier a pu reprendre en novembre, avec la fin de la saison des pluies. Vitrine de Camko City, le futur centre financier de Phnom Penh, ce projet symbolise l’essor vigoureux de l’économie khmer depuis une décennie.
L’engouement qu’elle a suscité s’est en effet traduit par une ruée sur l’immobilier, faisant grimper les prix de 100% par an depuis 2000 dans la capitale, dont les premiers gratte-ciels sont aujourd’hui en train de sortir de terre. Autour des grands temples et sur la côte, notamment à Siem Reap, les lotissements se sont multipliés, aux côtés d’innombrables hôtels.
Le secteur touristique s’est également affirmé comme un moteur pour l’économie cambodgienne, sa contribution au PIB passant de 8,3% en 2000 à 16% en 2007. Près de deux millions de touristes avaient alors visité le pays. Si les arrivées internationales s’inscrivent aujourd’hui toujours en baisse, le secteur a rebondi en septembre 2009 avec une hausse des arrivées de 4,68% par rapport à 2008, grâce notamment au tourisme régional.
Dès le début de la crise, la Société concessionnaire des aéroports (SCA), chargée de la gestion des trois aéroports internationaux jusqu’en 2040, s’est voulu optimiste quant au potentiel du marché touristique cambodgien. Détenue à 70% par le groupe Vinci, SCA maintient ses projets d’investissements à moyen et long termes, à l’instar du nouveau terminal de Phnom Penh qui vise à atteindre l’objectif d’un million de passagers par an. En obtenant la concession de l’aéroport de Sihanoukville, dont le complexe a été rouvert à la mi-janvier après plus de vingt-cinq ans de fermeture, elle a également prévu d’injecter 155 millions d’euros pour développer la station balnéaire. Autre groupe français misant sur l’essor durable du Cambodge comme nouvelle destination touristique, Accor prévoit l’ouverture d’un Sofitel dans la capitale vers la mi-2010 qui complétera sa présence déjà établie à Siem Reap.
La vigueur du secteur des télécommunications mobiles, en hausse de 50% depuis le début de l’année 2009, illustre par ailleurs le maintien du dynamisme du marché intérieur khmer. Par le biais de sa filiale thaïlandaise, Alcatel-Lucent s’est positionné comme principal fournisseur du leader national de téléphone mobile, CamGSM, en signant en 2007 un contrat de 150 millions de dollars pour la période 2007-2010 et en s’associant avec le premier fournisseur local de téléphonie mobile, Mobitel. Récemment, le groupe franco-américain a encore renforcé son implantation en obtenant un contrat auprès de la compagnie Chuan Wei Co Ltd pour le déploiement du premier réseau national haut débit sans fil WiMAX Rev-e au Cambodge, technologie qui participera à l’amélioration des communications du pays.
En attendant une véritable reprise, le Cambodge s’efforce désormais de trouver de nouveaux relais de croissance. Aussi, le gouvernement met-il désormais davantage l’accent sur les investissements dans les secteurs de l’hydroélectricité, de l’exploitation de minerais, des télécommunications et l’agro-alimentaire.
Le développement d’une industrie agro-alimentaire, mais surtout le pétrole semblent aujourd’hui ouvrir les perspectives les plus prometteuses. Selon M. Te Duong Tara, Directeur général de l’Autorité du pétrole national du Cambodge (APNC), le Cambodge pourrait commencer à exploiter ses ressources pétrolières d’ici 2011. « Une première dans son histoire » a-t-il déclaré le 26 mars 2009 lors d’une conférence internationale sur l’utilisation des revenus des ressources naturelles pour la réduction de la pauvreté. Le FMI estime que le bloc A, situé dans la zone d’exploration offshore, pourrait contenir des réserves exploitables de 500 millions de barils. Sur la base d’un baril à 55 dollars, il calcule que le gouvernement cambodgien pourrait recevoir des recettes annuelles d’environ 660 millions dollars par an. Une manne salutaire pour un pays qui cherche à accélérer le développement de ses infrastructures et à réduire un taux de pauvreté encore trop élevé.   
Sur ce secteur hautement stratégique, le groupe Total a finalement eu gain de cause auprès du gouvernement après plusieurs années de longues négociations. Troisième distributeur d’hydrocarbures dans le pays, le groupe pétrolier français s’est vu attribuer l’exploration d’un bloc offshore, certes dans une zone faisant l’objet d’un litige frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande. Cette décision, annoncée lors de la visite du Premier Ministre Hun Sen à Paris en juillet 2009, témoigne néanmoins des nouvelles opportunités qui s’ouvrent au resserrement des liens économiques.    C.H.
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