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Troisième trimestre 2009

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Cambodge-UE, un partenariat tourné vers le développement

Par S.E.M. Hem Saem
Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire,
Chef de la Mission du Cambodge auprès des Communautés européennes

L’Union européenne est devenue, à travers son organe exécutif, un partenaire clé du Cambodge depuis la conclusion des accords de paix de Paris en 1991. Dès l’organisation des premières élections générales au Cambodge, en 1993, l’Union européenne lui a immédiatement apporté de nombreuses facilités en vue, dans un premier temps, de soutenir son intégration dans son environnement économique régional et international.
Un accord de coopération entre le Cambodge et l’Union européenne a ainsi été signé en avril 1997, tandis que notre pays est également Etat partie de l’accord de coopération ASEAN-Commission européenne conclu en juillet 2000, dont le Comité conjoint ASEAN-EC s’est tenu à cinq reprises.
Ces relations ont par la suite été renforcées avec l’ouverture de la Délégation de la Commission européenne à Phnom Penh en janvier 2002 et l’ouverture de l’Ambassade royale du Cambodge ou Mission du Cambodge auprès des Communautés européennes, à Bruxelles, fin 2004.
En vue de promouvoir et consolider les relations de coopération bilatérale, un Comité conjoint Cambodge-Commission européenne a été mis en place et a tenu sa première réunion les 3 et 4 mai 2000, marquant ainsi une étape majeure de l’entrée des relations entre le Cambodge et l’Union européenne dans une nouvelle phase. Ce comité se réunit tous les deux ans respectivement à Phnom Penh et à Bruxelles.
La première réunion du Comité conjoint a contribué à assurer la mise en œuvre concrète de l’accord de coopération Cambodge-UE, tout en instituant un forum de dialogue entre la Commission européenne et le gouvernement royal du Cambodge en vue d’élaborer des recommandations et établir des priorités au développement futur de la coopération conjointe.
C’est dans le cadre de ce mécanisme de coopération que le Cambodge et l’UE ont étroitement travaillé au fur et à mesure des années, dans divers domaines, notamment dans la perspective d’éradiquer la pauvreté et d’aider le Cambodge à s’intégrer dans l’économie mondiale et, en particulier, dans son cadre régional.
Les priorités du soutien apporté par l’UE et la Commission européenne au Cambodge se sont notamment concentrées dans les domaines de la bonne gouvernance, de la démocratie et les droits de l’homme, le développement économique, commercial et social, l’éducation et les capacités de construction, la santé, le tribunal des Khmers Rouges et le déminage etc… Autant de domaines couvrant les principales initiatives des engagements de l’UE et de la Commission européenne à l’égard du développement du Cambodge. Le gouvernement royal du Cambodge tient compte d’ailleurs avec satisfaction de l’accroissement du volume d’aide qu’elles lui ont consacré.
A chaque élection nationale, la Commission européenne a cherché à contribuer au processus démocratique de la manière la plus positive possible. Elle a ainsi alloué une enveloppe de 10,75 millions d’euros au soutien du processus démocratique dans le cadre du scrutin de 1998 et des élections qui l’ont suivi. Rétrospectivement, le scrutin de 1998 a d’ailleurs été considéré comme le premier du genre dans l’histoire moderne du Cambodge et a ouvert la voie au processus de décentralisation et à la consolidation de la démocratie qui en a découlé à l’échelon local.
La Commission européenne a en outre assuré le financement du Centre de presse du Comité électoral national, un groupe de veille médiatique et un groupe d’observation européen pour les périodes électorales. Elle a mis en place une Mission européenne d’observation électorale (EU-EOM) auprès de chaque conseil communal électoral. Lors des élections nationales qui se sont tenues en juillet 2008 au Cambodge, l’UE a également envoyé une forte équipe d’observation (EU EOM) composée de 120 membres.
Avec le retour de la stabilité politique fin 1998, la Commission européenne a prolongé la plupart de ses principaux programmes en cours d’exécution. Pendant ce temps, en signe d’engagement à long terme en faveur de la coopération, un accord-cadre de coopération entre le Cambodge et la Commission européenne est entré en vigueur le 1er novembre 1999. Celui-ci met l’accent sur la coopération économique et le développement au sens large.
En dehors de ce que j’ai déjà mentionné, nous avons fortement apprécié la décision européenne de faire bénéficier le Cambodge de la politique sur le changement climatique global de l’Union européenne. Notre pays est l’un des quatre pays du groupe des PMA (pays les moins avancés) et des Petits Etats insulaires en développement (SIDS) sélectionnés en tant que pays-pilote pour mettre en œuvre l’Alliance globale sur le changement climatique (GCCA) définie par la Commission européenne. Le projet doit devenir opérationnel en 2010.
Dans le domaine commercial, le Cambodge a également reçu une concession commerciale spéciale de l’UE, dans le cadre de l’initiative « Tout sauf des armes » (EBA). En accord avec l’engagement de l’UE sur la stratégie de coopération en deux volets mise en œuvre pour les pays les moins développés, le Cambodge bénéficie également de la décision de donner aux produits textile cambodgiens un accès libre de quotas et de droits au marché de l’UE. Cet engagement ouvre au Cambodge un accès illimité au marché européen pour ses exportations de textile.
Le textile représente presque la totalité des exportations cambodgiennes vers l’UE et demeure la principale source de revenus pour le pays. En ouvrant de cette façon son marché, l’UE contribue au soutien d’une industrie qui emploie plus de 250 000 personnes, pour la plupart des femmes, et qui joue un rôle clé dans le développement économique du pays. De plus, en dehors du textile, le Cambodge devrait exporter en 2009 et dans les années à venir, près de 12 000 tonnes par an de sucre vers l’UE, via Londres, dans le cadre du Groupe EBA Sugar.
Cette initiative régionale permet également au Cambodge de bénéficier de plusieurs programmes dans le cadre de la coopération régionale mise en œuvre entre la Commission européenne et ASEAN. Ceux-ci sont de nature différente de ceux qui s’inscrivent dans le cadre bilatéral. Ils sont, en effet, davantage comparables à un partenariat qu’à une relation de type bilatéral donneur-receveur.
En ma qualité de Chef de la Mission du Royaume du Cambodge auprès de l’UE, je voudrais exprimer mes profonds remerciements à l’annonce faite par le représentant de la Commission européenne, le 3 mars 2009 à Phnom Penh, d’une aide de 70 millions d’euros destinée à l’ASEAN et dont au moins une large part bénéficiera à notre pays et, plus particulièrement aux secteurs de la santé et de la sécurité alimentaire.
Le Cambodge a, par ailleurs, consacré tous ses efforts à promouvoir la compréhension et la coopération entre les deux régions, en tant que pays coordinateur des relations de dialogue ASEAN-UE. L’adoption de l’Agenda de Phnom Penh pour la mise en œuvre du plan d’action ASEAN-UE 2009-2010 a représenté de ce point de vue, un message clair de portée stratégique pour la coopération et les relations entre les deux ensembles régionaux.
Il en découle que le Cambodge voudrait exprimer ses sincères remerciements à l’UE et à la Commission européenne pour avoir soutenu et pour continuer à soutenir différents programmes sous-régionaux dans le cadre de l’initiative pour l’intégration de l’ASEAN (IAI) qui contribue à renforcer l’intégration régionale, ainsi que la coopération trilatérale. Celle-ci ajoute une approche régionale et une assistance au développement à des Etats membres de l’ASEAN pris individuellement, dont notre pays.

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