Par Me Isabelle Thomas-Werner, Avocat au Barreau de Paris
Ce qui nous a frappés lors de notre première visite à Bata le 20 octobre 2008, c’est d’abord l’extrême dynamisme qui règne dans toute la ville. Partout des bâtiments modernes et esthétiques sortent de terre : écoles, hôpitaux, appartements, logements sociaux, services publics, sièges de grandes sociétés…
La population, la jeunesse en particulier, paraît empreinte de la même volonté d’aller de l’avant : il suffit d’assister à la sortie des écoles pour mesurer tout le potentiel dont dispose la Guinée Equatoriale. Plusieurs fois au cours de notre voyage cette réflexion reviendra : la Guinée Equatoriale connaît aujourd’hui un développement exceptionnel.
Notre deuxième déplacement, cette fois-ci dans la capitale Malabo, en février 2009, n’a fait que confirmer cette réalité. C’est pour nous désormais une évidence : les richesses pétrolifères du pays sont exploitées dans un seul but : faire de la Guinée Equatoriale le standard du développement « à l’africaine », lequel a pour objectif de ne pas se laisser enfermer par une source exclusive de revenus mais, au contraire, de profiter du pétrole pour développer les activités traditionnelles (agriculture, pêche, services) tout en préservant l’environnement.
Lors de notre mission, nous avons eu l’honneur et l’avantage, avec nos clients, de rencontrer le Président de la République, S.E.M. Teodoro Obiang Nguma Mbasogo, et plusieurs de ses ministres. Bien sûr, nous avons parlé du système bancaire et du souhait de nos clients de contribuer à sa modernisation, puisque tel était l’objet de notre visite. Mais nous avons pu aussi mesurer et comprendre les attentes de la Guinée Equatoriale vis-à-vis de l’Europe et de la France en particulier.
Et là encore, un constat d’évidence : les élites du pays n’ont rien à envier à celles des pays européens et attendent de l’Europe et de la France qu’elles deviennent des partenaires économiques et politiques de tout premier plan. La Guinée Equatoriale nous a donné le sentiment qu’elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Elle sait que la France et ses entreprises lui sont nécessaires pour acquérir le savoir-faire qui lui manque encore dans divers domaines : tels par exemple la formation, l’informatique, l’aéronautique, la santé… Mais elle sait également qu’elle est en droit d’exiger des relations d’égal à égal et le meilleur de ses partenaires actuels et futurs, car la Guinée Equatoriale a tous les atouts du cocontractant fiable et loyal.
A l’inverse, la Guinée Equatoriale ne se laissera pas imposer les choix de réseaux et systèmes d’alliances dépassés, au nom d’impératifs politiques étrangers. Le pays n’acceptera pas non plus - à raison - de se laisser donner des leçons par de soi-disant « bien-pensants » sur son modèle de développement politique. Sur place, on comprend d’ailleurs que ce développement sert la population et que la stabilité du pays, dans un continent souvent agité, est une chance de plus pour l’Afrique.
Alors, ce qu’attend de nous, Européens et Français, la Guinée Equatoriale c’est de la clairvoyance ! Ne pas voir, ne pas comprendre tout le potentiel que renferme ce pays partagé entre le continent et l’île de Bioko serait une erreur historique. Que nos dirigeants politiques l’ignorent et les Américains et Chinois remplaceront l’Europe dans le cœur des Africains. Que nos entreprises le négligent, et seuls leurs concurrentes auront droit à l’avenir prometteur que le pays entend pourtant nous réserver.
Qu’on se le dise, la Guinée Equatoriale est prête à vivre pleinement le XXIème siècle. Soyons prêts à l’accompagner !
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